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poésie 83LECTURES

On dit

Marie, épandez vos cheveux :
voici rire les anges bleus

et dans vos bras Jésus qui bouge,
avec ses pieds et ses mains rouges,

et puis encor les anges blonds
jouant de tous leurs violons.

Or c’est matin vert aux prairies
et, Marie, regardez la Vie :

comme elle est douce infiniment
depuis les arbres, les étangs

jusqu’aux toits loin qui font des îles ;
et, Marie, regardez vos villes

heureuses comme des enfants
avec leurs cloches proclamant

les Paix naïves d’évangile
du haut de tous les campaniles

dans l’aube en or aux horizons
que saluent, Marie-des-Maisons,

les miens des tâches coutumières
et dévoués tout à la terre.

Mais lors chantez, gais laboureurs
de mon pays où le meilleur

est Flandre douce aux alouettes
et dont les voix de joie concertent,

et passez au loin, les vaisseaux
sur la mer qui rit aux drapeaux,

car Jésus tend ses mains ouvertes,
Marie, pour embrasser la fête

que fait le ciel au prime jour
ici de soie et de velours.