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Maurice Rollinat

1846 - 1903

Poète volontiers macabre, Maurice Rollinat s'inscrit dans la veine baudelairienne de la poésie, qu'il exploitera sous bien des formes, notamment en jouant au piano quelques-uns de ses textes et certains poèmes des Fleurs du Mal. Ces soirées données au cabaret du Chat Noir sont restées mythiques : certains convivent s'évanouissaient face à la puissance de son interprétation. Alors même qu'il était célébré par ses contemporains, il sera oublié du jour au lendemain. Son œuvre est surtout intéressante pour l'aspect descriptif qu'elle recèle en même temps que sa fascination pour le trépas et les névroses destructrices.


Classique

Les seins

J’ai fait ces vers subtils, polis comme des bagues,
Pour immortaliser la gloire de tes seins
Que mon houleux désir bat toujours de ses vagues.
Qu’ils y fleurissent donc éternellement... [+]


Classique

Le fantôme du crime

À Edmond Haraucourt.
La mauvaise pensée arrive dans mon âme
En tous lieux, à toute heure, au fort de mes travaux,
Et j’ai beau m’épurer dans un rigoureux blâme
Pour tout ce que le... [+]


Classique

Le crapaud

O vivante et visqueuse extase
Accroupie au bord des marais,
Pèlerin morne de la vase,
Des vignes et des bruns guérets,
Paria, dont la vue inspire
De l’horreur aux pestiférés,
Crapaud... [+]


Classique

Le faciès humain

Notre âme, ce cloaque ignoré de la sonde,
Transparaît louchement dans le visage humain ;
– Tel un étang sinistre au long d’un vieux chemin
Dissimule sa boue au miroir de son... [+]


Classique

Les trois toc toc

Toc toc ! — L’homme prêtant l’oreille,
Hache en main, guettant scélérat,
Dit : « Qu’est là ? &mdash... [+]


Classique

Le magasin de suicides

– « Nous avons l’arme à feu, le rasoir très coupant,
La foudre à bon marché, l’asphyxiant chimique
(Et l’on a, je vous jure, une... [+]


Recommandé Par Short Édition
Classique

L'étoile d'un fou

À force de songer, je suis au bout du songe ;
Mon pas n’avance plus pour le voyage humain,
Aujourd’hui comme hier, hier comme demain,
Rengaine de tourment, d’horreur et de... [+]


Classique

Les larmes du monde

À la mémoire de mon frère Émile Rollinat.
Dans les yeux de l’Humanité
La Douleur va mirer ses charmes.
Tous nos rires, tous nos vacarmes
Sanglotent leu... [+]


Classique

Les morts-vivants

Heureux qui vit sans se connaître
Indéfiniment établi
Dans la paix de son propre oubli,
À la surface de son être !
Car les clairvoyants du destin
Vivent la mort lente et... [+]


Classique

Le grand cercueil

Il pleuvasse avec du tonnerre...
Il est déjà tard... quand on voit
Dans le bourg entrer le convoi
De la défunte octogénaire.
La clarté du jour s’est enfuie.
Tristement, la voiture à... [+]


Classique

Le roi des buveurs

Tenez ! fit le soulard à bonnet de coton,
Allumant ses yeux ronds dans sa figure en poire,
J’ai connu plus buveur que moi. Voilà l’histoire
De celui qu’on... [+]


Classique

Le fossoyeur

Le fossoyeur-bedeau
Se fait toujours attendre...
Les porteurs vont reprendre
Leur funèbre fardeau.
En soufflant ses grands cierges
L’officiant se dit :
« Mon sacristain... [+]