Contre l'avare Catenus

1 min
130
lectures
0

Les épigrammes de Martial, tantôt louangeuses tantôt obscènes, sont des paradoxes. S'il écrit pour s'attirer les bonnes grâces des puissants c'est pour ensuite mieux les discréditer dans de  [+]

Lorsqu'à peine tes revenus
S'élevaient à deux mille écus,
Je te voyais généreux, noble, affable,
Menant une vie honorable ;
Et les amis qui, toujours bien reçus,
Venaient souvent prendre place à ta table,
T'en souhaitaient vingt mille et plus.
Cette somme, en moins d'une année,
Les Dieux, touchés de nos voeux assidus,
Par quatre ou cinq décès soudain te l'ont donnée ;
Toi ; comme si le ciel, au lieu de t'envoyer
Pareille aubaine à tes biens l'eût ravie,
Réformant ton genre de vie,
Tu pris celui d'un sordide usurier.
Telle est depuis lors ta lésine,
Que quand ta vanité mesquine
Une fois l'an, non sans regret,
Pour quelques vieux amis veut bien se mettre en frais,
La dépense de ta cuisine,
J'en suis certain, n'excède pas
Cinq ou six misérables as.
Pour te récompenser de ta munificence.
Puissent les Dieux encore décupler ta finance !
Bientôt, suivant le même train,
nous te verrons mourir de faim.
0
0