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conte 119LECTURES

Les pigeons

Qu’ils fassent sur la maison un bruit de tambour voilé ;
Qu’ils sortent de l’ombre, culbutent, éclatent au soleil et rentrent dans l’ombre ;
Que leur col fugitif vive et meure comme l’opale au doigt ;
Qu’ils s’endorment, le soir, dans la forêt, si pressés que la plus haute branche du chêne menace de rompre sous cette charge de fruits peints ;
Que ces deux-là échangent des saluts frénétiques et brusquement, l’un à l’autre, se convulsent ;
Que celui-ci revienne d’exil, avec une lettre, et vole comme la pensée de notre amie lointaine (Ah ! un gage !) ;
Tous ces pigeons ; qui d’abord amusent, finissent par ennuyer.
Ils ne sauraient tenir en place et les voyages ne les forment point.
Ils restent toute la vie un peu niais. Ils s’obstinent à croire qu’on fait les enfants par le bec.
Et c’est insupportable à la longue, cette manie héréditaire d’avoir toujours dans la gorge quelque chose qui ne passe pas.
LES DEUX PIGEONS — Viens, mon grrros... viens, mon grrros... viens, mon grrros...