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José-Maria de Heredia

1842 - 1905

Né à Cuba, José-Maria de Heredia est envoyé en France à l'âge de neuf ans, par sa famille qui tient une exploitation de café à Santiago de Cuba, afin d'y effectuer ses études et passer son baccalauréat. Il restera à Paris jusqu'à la fin de sa vie. Il publie très peu et rassemble ses écrits en un recueil unique, Les Trophées, qui lui ouvrira les portes de l'Académie Française en 1894. Dix années plus tard, il fonde la Société des Poètes Français, toujours active aujourd'hui. Ses trois filles épouseront respectivement Maurice Maindron, Henri de Régnier, et Pierre Louÿs. De son vivant, beaucoup de rumeurs circulaient sur la famille Heredia : dettes de jeu, inceste des trois filles et de leur mère...


Classique

L'oubli

Le temple est en ruine au haut du promontoire.
Et la Mort a mêlé, dans ce fauve terrain,
Les Déesses de marbre et les Héros d’airain
Dont l’herbe solitaire ensevelit la gloire.... [+]


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Classique

Le lit

Qu’il soit encourtiné de brocart ou de serge,
Triste comme une tombe ou joyeux comme un nid,
C’est là que l’homme naît, se repose et s’unit,
Enfant, époux, vieillard, aïeule, femme ou... [+]


Recommandé Par Short Édition
Classique

Le naufragé

Avec la brise en poupe et par un ciel serein,
Voyant le Phare fuir à travers la mâture,
Il est parti d’Égypte au lever de l’Arcture,
Fier de sa nef rapide aux flancs doublés... [+]


Classique

Les Conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.
Ils... [+]


Classique

La sieste

Pas un seul bruit d’insecte ou d’abeille en maraude,
Tout dort sous les grands bois accablés de soleil
Où le feuillage épais tamise un jour pareil
Au velours sombre et doux des mousses... [+]


Classique

Soir de bataille

Le choc avait été très rude. Les tribuns
Et les centurions, ralliant les cohortes,
Humaient encor dans l’air où vibraient leurs voix fortes
La chaleur du carnage et ses âcres... [+]


Classique

Antoine et Cléopâtre

Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
L’Égypte s’endormir sous un ciel étouffant
Et le Fleuve, à travers le Delta noir qu’il fend,
Vers Bubaste ou Saïs rouler son onde... [+]


Classique

La magicienne

En tous lieux, même au pied des autels que j’embrasse,
Je la vois qui m’appelle et m’ouvre ses bras blancs.
Ô père vénérable, ô mère dont les flancs
M’ont porté, suis-je né d’une... [+]


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Classique

Sphinx

Au flanc du Cithéron, sous la ronce enfoui,
Le roc s’ouvre, repaire où resplendit au centre
Par l’éclat des yeux d’or, de la gorge et du ventre,
La Vierge aux ailes d’aigle et dont nul... [+]


Classique

Bacchanale

Une brusque clameur épouvante le Gange.
Les tigres ont rompu leurs jougs et, miaulants,
Ils bondissent, et sous leurs bonds et leurs élans
Les Bacchantes en fuite écrasent la vendange.
Et le... [+]


Classique

Aux montagnes divines

Glaciers bleus, pics de marbre et d'ardoise, granits,
Moraines dont le vent, du Néthou jusqu'à Bègle,
Arrache, brûle et tord le froment et le seigle,
Cols abrupts, lacs, forêts pleines d'ombre... [+]


Classique

Le bain des Nymphes

C’est un vallon sauvage abrité de l’Euxin ;
Au-dessus de la source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d’un pied craintif l’eau froide du... [+]