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poésie 62LECTURES

Celuy quiconque apprend à mourir constamment

Celuy quiconque apprend à mourir constamment
Des-aprent à servir, & ny à violence,
Torture, ny prison dont l’extreme souffrance
Rompe de ses desseins le stable fondement.

Mediter à la mort, cest le commencement
De vivre en liberté ; douteusement balance
Sans resolution, jouet de l’inconstance
Celuy qui du trespas redoute le torment.

L’amour de ceste vie est la vapeur funeste
Qui troublant de l’esprit la nature celeste
Le fait impudemment à tout vice courir.

Jettons la en arriere, & nous verrons à l’heure
Sortir des beaus effets d’une cause meilleure ;
On ne vit jamais bien quand on craint de mourir.