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poésie 70LECTURES

Épode III

Si jamais quelqu’un a serré d’une main impie la vieille gorge de son père, qu’il mange de l’ail plus empoisonneur que la ciguë. Ô durs intestins des moissonneurs ! Quel venin brûle dans mes entrailles ? Le sang de la vipère a-t-il été cuit avec ces herbes ? Canidia a-t-elle préparé cet horrible mets ? Quand Médéa eut admiré le chef et le plus beau des Argonautes, afin qu’il soumît les taureaux au joug encore inconnu, elle frotta lason d’ail ; et elle se vengea d’une concubine par des présents imprégnés d’ail, en fuyant sur le Serpent ailé. Jamais une telle ardeur n’est descendue des astres sur l’Apulia altérée ; jamais le don fait à Herculès ne brûla plus ardemment sur ses épaules. Si jamais, riant Mæcenas, tu en goûtais, puisse ta jeune maîtresse opposer sa main à ton baiser et reculer à l’extrémité du lit !

(traduction: Leconte de Lisle)