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lettre 35LECTURES

Lettre du 3 septembre 1868

Paris, 1808, 3 septembre.

Merci, mon cher petit chéri, de ta lettre si gentille. Ta pauvre tante Sabine te remercie de penser à elle et de prier pour elle ; elle a bien besoin que le bon Dieu lui donne du courage, car elle souffre beaucoup de tous les membres ; ses jambes sont enflées et douloureuses jusqu’au-dessus du genou ; elles sont grosses comme le corps de Françon et crevassées aux chevilles, aux talons et sur le cou-de-pied. On ne l’entend presque pas parler, tant sa voix est faible ; et pourtant elle va un peu mieux depuis deux jours ; elle dort assez bien la nuit entre ses quintes de toux, et elle ne vomit plus ce qu’elle mange ; mais la maladie va toujours son train, et la fièvre ne la quitte presque pas. Je n’irai pas à Méry ; je resterai près de ta tante, de crainte d’un accident comme suffocation ou crachement de sang. père pourtant que je pourrai aller passer avec vous les derniers jours des vacances et te ramener à Paris le 7 octobre. Je te remercie, cher petit, de travailler à tes versions ; j’en suis inquiète, et ce sera pour moi une grande joie quand elles seront finies. Je t’embrase bien tendrement, mon cher petit Jacquot chéri.......sans oublier le bon Léon......
Grand’mère de Ségur.

Dis à maman que je vais voir demain un domestique qui est excellent et juste ce qu’il vous faut.