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lettre 36LECTURES

Lettre du 11 juillet 1867

Les Nouettes, 1867, 11 juillet.

Mon bon et cher petit Jacques, j’ai toujours voulu t’écrire pour te complimenter sur les trois rubans que tu as envoyés à maman, dont un de diligence, le plus honorable de tous ; ton écriture a aussi beaucoup gagné, ainsi que ton orthographe. J’attends avec impatience le temps des vacances qui approche. Dis-moi quel jour on peut t’aller chercher... Gaston vient d’avoir la petite vérole volante ; il est guéri et s’est levé aujourd’hui pour la première fois depuis huit jours. Louis est parti hier avec ta tante Henriette pour Kermadio ; il était très content ; il y restera un mois et il prendra des bains de mer. En parlant, il a pleuré et sangloté de quitter sa maman ; mais Elisabeth m’a écrit que son chagrin n’a duré qu’un quart d’heure. Henriette qu’il aime beaucoup et qui était avec lui sur le siège de l’omnibus, l’a consolé et distrait...

Pierre vient d’être premier en version latine ; il aura probablement des prix au collège, en vers latins et en version latine ; il est presque toujours premier dans ces deux facultés.

Jeanne espère avoir des prix à son couvent ; elle est généralement première en écriture, en travail à l’aiguille, en orthographe et en conduite. Ton petit cheval est un peu méchant ; l’autre jour, il a jeté par terre Louis qui monte pourtant très bien à cheval ; papa le fait monter par Paul en le tenant par la bride, mais ce n’est pas Paul qui le dressera... Ton oncle Gaston pourra te ramener... si son retour correspond avec tes vacances... J’aurais le plaisir de t’embrasser en passant ; tu dînerais aux Nouettes... Adieu, mon cher petit Jacques chéri, je t’embrasse bien tendrement. Je t’écrirai plus souvent, maintenant que j’ai moins de monde et plus de temps par conséquent... Ton oncle Gaston t’embrasse bien tendrement. Adieu, petit chéri ; que le bon Dieu te bénisse.

Ta grand’mère de Ségur.