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Clément Marot

1496 - 1544

Marot est poète à la cour de François Ier où il est protégé par la très influente Marguerite de Navarre, sœur du roi. Sa poésie est teintée d'un érotisme voilé mais sait aussi se faire élégiaque lorsqu'elle s'adresse à de hautes personnalités. Il édite aussi avec succès les textes de François Villon, son maître en poésie, à la demande du roi en personne. Ses opinions religieuses lui attirent quelques ennuis dont la prison et l'exil pendant un temps. Clément Marot est l'homme de ce que l'on appelle l'« élégant badinage » et exerce une influence certaine sur les jeunes Ronsard et Du Bellay.


Classique

Blason du beau tétin

Tetin refaict, plus blanc qu'un oeuf,
Tetin de satin blanc tout neuf,
Tetin qui fait honte à la rose,
Tetin plus beau que nulle chose ;
Tetin dur, non pas Tetin, voyre,
Mais petite boule... [+]

Classique

De l'amour du siècle antique

Au bon vieux temps un train d'amour régnait
Qui sans grand art et dons se démenait.
Si qu'un bouquet donné d'amour profonde
C'était donner toute la terre ronde ;
Car seulement au... [+]

Classique

De sa grande amie

Dedans Paris, Ville jolie,
Un jour passant mélancolie
Je pris alliance nouvelle
A la plus gaie damoiselle
Qui soit d'ici en Italie.
D'honnêteté elle est saisie,
Et crois selon ma... [+]

Classique

De soi-même

Plus ne suis ce que j'ai été,
Et ne le saurais jamais être.
Mon beau printemps et mon été
Ont fait le saut par la fenêtre.
Amour, tu as été mon maître,
Je t'ai servi sur tous les Dieux... [+]

Classique

À la Mer

O cruaulté de impetueuses vagues,
Mer variable, où toute crainte abonde,
Cause mouvant, dont trop cruelles dagues
L'ont faict perir de mort tant furibunde.
Si hault desir de congnoistre le... [+]

Recommandé Par Short Édition
Classique

A un poète ignorant

Qu'on mène aux champs ce coquardeau,
Lequel gâte (quand il compose)
Raison, mesure, texte et glose,
Soit en ballade ou en rondeau.
Il n'a cervelle ne cerveau.
C'est pourquoi si haut crie... [+]

Classique

À Nature

Helas nature, où est la bonne grâce,
Dont tu le feis luyre par ses effectz?
Formé l'avois beau de corps, et de face,
Doulx en parler, et confiant en ses faictz:
D'honnesteté estoit l'ung des... [+]

Classique

Amour et Mort m'ont fait outrage

Amour et Mort m'ont fait outrage.
Amour me retient en servage,
Et Mort (pour accroître ce deuil)
A pris celui loin de mon oeil,
Qui de près navre mon courage.
Hélas, Amour, tel... [+]

Classique

Je suis aimé de la plus belle

Je suis aimé de la plus belle
Qui soit vivant dessous les cieux :
Encontre tous faux envieux
Je la soutiendrai être telle.
Si Cupido doux et rebelle
Avait débandé ses deux yeux,
Pou... [+]

Classique

De l'amoureux ardant

Au feu, qui mon cueur a choisy,
Jectez y, ma seule Deesse
De l'eau de grâce, et de lyesse,
Car il est consommé quasi.
Amours l'a de si pres saisy,
Que force est, qu'il crie sans cesse
Au... [+]

Classique

A madame de Ferrare

Me souvenant de tes bontez divines
Suis en douleur, princesse, à ton absence ;
Et si languy quant suis en ta presence,
Voyant ce lys au milieu des espines.
Ô la doulceur des doulceurs... [+]

Classique

À la Mort

Las or est il à sa derniere dance,
Où toy la Mort luy as faict sans soulas
Faire faulx pas, et mortelle cadance
Soubz dur Rebec sonnant le grant helas.
Quant est du corps, vray est que meurdry... [+]