Temps de lecture
1
min
poésie 1299LECTURES

Le balai

C’est un humble balai de chiendent, trop dur
Pour une chambre ou pour la peinture d’un mur.
L’usage en est navrant et ne vaut pas qu’on rie.
Racine prise à quelque ancienne prairie
Son crin inerte sèche: et son manche a blanchi,
Tel qu’un bois d’île à la canicule rougi.
La cordelette semble une tresse gelée.
J’aime de cet objet la saveur désolée
Et j’en voudrais laver tes larges bords de lait,
Lune où l’esprit de nos Sœurs mortes se plaît.
F. C.