Temps de lecture
1
min
poésie 68LECTURES

— Puisque la passion, en son sauvage trot

– Puisque la passion, en son sauvage trot,
Gaspille sa richesse amère,
Révérons ces instants de la vie éphémère
Dont chacun nous semblait de trop ! –

Attendre : épuisement sanglant de l’espérance,
Tentative vers le hasard,
Hâte qui se prolonge, indécise souffrance
De savoir s’il est tôt ou tard !

Impatience juste, exigeante et soumise,
À qui manque, pour bien lutter,
Le pouvoir défendu de refaire à sa guise
L’univers puissant et buté !

– Certes, mon cœur ne veut te faire aucun reproche
Des minutes que tu perdais ;
Tu me savais vivante, active, sûre et proche,
Moi, cependant, je t’attendais !

Sans doute la démente et subite tristesse
Qui se mêle aux jeux éperdus
Est le profond sanglot refoulé que nous laisse
La douleur d’avoir attendu !...