J'ai cette nuit goûté les plus douces douceurs Du breuvage des dieux, de la manne prisée, Du miel, du sucre doux, de la douce rosée, Que l'aube en larmoyant répand dessus les fleurs.
J'avais longtemps erré par les sombres déserts, Triste, morne et pensif, privé de la lumière, Mon seul séjour était une noire fondrière, Pleine de songes vains, de fantômes divers.
Je suis si transporté d'aise et d'étonnement Quand j'entre dans ces bois, les loges éternelles De Pan et des Sylvains et des Dryades belles, Qu'oubliant qui je suis, je perds le
...
[+]
Je te dois bien aimer, ô déesse Inconstance, Car tu m'as déchargé du faix de mes douleurs, Tu as éteint ma flamme et chassé mes malheurs, De mes maux plus cuisants me donnant
...
[+]
L'on ne voit rien que feux, l'air est tout enflammé, Le ciel est tout rougi, à peine la lumière Des astres apparaît, l'ombre s'enfuit derrière. Cette nuit-ci
...
[+]
Peintre, avant que d'oser pourtraire Ma dame et de la contrefaire, Élève ton esprit aux cieux, Va là-haut apprendre des dieux Et des déesses immortelles Comme on peint les beautés plus
...
[+]
Mon dieu ! que de plaisir il y a de songer ! J'ai songé cette nuit, ô ma chère maîtresse, Que je baisais ton sein, que je peignais ta tresse, Et qu'aux jeux amoureux je me sentais
...
[+]
Nuit fille de la terre, amène tes flambeaux, Et ton silence coi, et des hauts monts descendre Fais tes brouillards nuiteux pour ici les étendre Et couvrir l'horizon de tes sombres
...
[+]
Quand le clair Apollon tire son char des eaux, Bridant ses grands coursiers sur le rivage more, Le simulacre alors du noir fils de l'Aurore Dans le temple thébain rend des sons tout
...
[+]
Que des sombres Enfers les tremblantes horreurs Viennent m'environner, les cavernes affreuses, Les fleuves ensoufrés, les âmes malheureuses, La mort, l'effroi, la peur, la rage et les
...
[+]
Quelle horreur, quel effroi, quel brouillard, quelle nuit, S'amasse sur ce lieu privé de la lumière ! L'air s'est noirci partout, ô ma douce guerrière, Depuis que ton bel oeil ici plus ne
...
[+]
Sisyphe malheureux, Ixion et Tantale, Pour leurs fraudes, larcins, et leurs iniquités, Par le juste vouloir des saintes déités, Souffrent mille tourments dans la fosse infernale.