Rê-veilleurs

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Artiste plasticienne, créatrice de contenus et aussi dévoreuse de livres et cracheuse de mots, je vous invite à découvrir mes univers qui trouveront peut-être des échos dans vos imaginaires. ... [+]

Fouler et avancer sur les traces de ces autres marcheurs, de ces autres promeneurs, ou de tous les coureurs.
Flâner comme tous les penseurs, comme tous ces rêveurs à la recherche d'évasion, d'un ailleurs.

Que mes pieds s'envolent ou que mes pieds peinent, l'un devant l'autre, ils alternent, se chassent, se succèdent, se précèdent.. avalant les mètres et les kilomètres, comme des ogres dévorants. Poser ses empreintes, peser ses pas, parcourir de tous ses membres le lointain, en devenir...

Je suis ici, je suis là, je suis là-bas : ici et nulle part à la fois. Dans un rêve, dans un moment de trêve et de paix entre mon monde intérieur et moi extérieur.

Cheminer et prendre ses distances face aux vers vicieux qui s'immiscent et sèment sur leurs passages les larves du pire, du néant, du désespoir. Ôter les masques, tomber le voile des faux-semblants, exploser les barrières de défense pour s'éloigner de ces boucles qui s'alimentent de leurs propres parasites.

Sentir s'allonger les secondes, diluer l'instant profondément, infuser les minutes, distiller le tic-tac. Divaguer comme dans un rêve, laisser les idées se bousculer, sans contrôle. Chasser les intrus, flirter avec la folie, embrasser l'euphorie, caresser la lucidité, laisser s'échapper les pensées contre et les pensées envers.
Chavirer à l'envie à l'envers de la vie, chercher le détail, le reflet de ses réflexions, pointer l'émotion, le précis, puis laisser l'œil ne s'accrocher à rien... pour mieux se perdre.

S'éloigner du bruit, fuir le tumulte, s'écarter du brouhaha et des cris. Faire taire le désordre pour écouter les silences de ce qui est, de ce qui fut. Oublier le poids de son corps, la pesanteur du cœur, trop demandeur. Se suffire, plonger tête la première dans le paysage, sans bagage, puis déployer ses ailes de liberté.

Au seuil du pardon, à l'entrée de la porte de la réconciliation, chaque pas est un possible, chaque mot est un pas cible, l'espace du silence est la respiration des mots.

S'oublier, ne plus être pour n'être qu'être parmi les êtres. Ca et là, capter des regards, happer des paroles, des bribes en bourrasques. Plonger ses yeux furtivement, ne pas s'imposer, ne pas perturber le silence, ni l'espace de l'autre. Croiser, dépasser, puis se dérober, accepter l'indifférence, rencontrer la présence fantomatique de l'insaisissable inconnu. Parfois, échanger un regard, un salut, un sourire. Parler du temps, du temps au présent, ici et maintenant. Puis, reprendre sa route, se hâter un peu de recentrer son esprit et revenir à ses pensées vagabondes.

Le marcheur-rêveur est entre la vie et la mort, conscient et inconscient, là et au-delà, présent et absent, concentré et dispersé. Partout, des milliers de solitaires différents, sans destination définie, font et défont les deuils de ce qui passe et de tous leurs passés.

Le penseur-rêveur est un rêveur éveillé qui recrée le paysage de ses pensées.
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Marcel Faure · il y a
Nous marchons toujours dans les pas de quelqu'un.
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Sonia hivert · il y a
Tout à fait Marcel... C'est vertigineux et nous rend humble je pense...

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