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Le sablier de l'amour

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Samir Fchouch

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Prisonnier d'une heure au sablier espace
Tu es ma prière de chaque instant qui passe

Je suis né amoureux parce que je te cherchais!
Enfant rêveur, mes souvenirs te profilaient...
En celles qui m'ont nourri d'émois platoniques,
Je retrouvais toujours ta présence onirique!

De Nathalie, la voluptueuse blonde,
A Christelle délicieuse enfant de la fronde,
Que de beaux regards et sourires tendres,
Ont bercés ma vie de fantasmes à t'attendre!

Prisonnier d'une heure au sablier espace,
Je regarde les gens et le temps qui passe...
C'est alors que sonnait le quart d'heure de ma vie,
Que dans la foule grouillante enfin je te vis!

Et ton regard vint à moi comme une brise
Qui plissa d'un frisson la surface grise
Du lac immobile, comptable de nos âges
Et disparût dans les ombres du rivage.

Ta bouche dessina de ses reflets acajou,
Cet innocent sourire d'une enfant qui joue,
Empourprant le nadir sous son terrible joug,
M'embrasant de plaisir comme un rouge aux joues!

Instant fugace figé dans l'éternité!
Magie de l'espace séduit par ta beauté!

O poète, par delà la courbe de ses yeux
Souriait l'éternelle souveraine,
En cet instant béni où s'inventa le deux,
Par ta grâce trois fois faite reine!

Sur des flûtes de lumière, les archanges
D'Aphrodite jouaient Mozart à tes louanges!
Union suprême des rythmes et mélodies,
Que sans cesse pour toi Cupidon psalmodie!

Mon corps, d'allégresse, fendit tous les Ethers,
Pour te prendre la main, un genou à terre!
Alors je t'ai connue, femme insolente et nue,
Dans la nuptiale nuit, jusqu'au matin venu!

Puis s'égrenèrent les jours de l'âge adulte
Où, croyant tout savoir nous nous vîmes incultes!
Giflés des frasques de l'outrageante fortune,
Le superbe vacillait au taciturne.

Soudain frêle esquif sur l'océan d'illusion,
Balayés par les vagues de la déraison!
Que de sombres gouffres aux ressacs des passions,
Inspirant le soufre de funestes oraisons.

Souffrir de trop t'aimer et de te mal étreindre,
Fourbu de batailler, commençais à m'éteindre...
Mais chaque bataille scellait une victoire
Sur la vie qui déraille en futiles espoirs.

A tes pieds souverains le guerrier rendit l'arme,
S'asseyant enfin essuyer une larme.
Sur mon poitrail défait, épongé de sueur
Tu rêvais de méfaits, là, tout contre mon coeur.

Le Vigile étoilé efface le monde,
Tu es ma planète au ciel qui gronde!
Je jouis de tes contrées, de tes pieds à ta nuque.
Sur ta peau je suis contre, et, j'aime être cet eunuque,

Qui de ton plaisir fait le sien et son unique
Rêve de volupté en ton corps sans tunique!
Quand le coeur de fusion de ma ronde planète
Appelle mes racines tendues et prêtes,

Quand la sève lourde et puissante transporte
Vers mes feuillages frissonnants une cohorte
S'élançant follement à la cime rougie
Par l'intense enchère des chairs à la bougie!

Quand ce fleuve impétueux aux magiques transes
Soulève tes hanches qui rient et dansent,
Je m'épanche en d'infinies vagues extatiques
Sublimées par tes puissants échos telluriques!

Voir crier ta joie en silence au fond des yeux,
Me tenir...partir...t'évanouir sous d'autres cieux,
Glisser, légère de cette eau de jouvence,
Qui t’entraîne vers la source de la danse!

Te regarder, amoureux encore...un éclair!
Le soleil étire ses rayons diurnes;
L'oiseau prend son essor et chante l'aube claire.
De partir je ne serais plus taciturne

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Image de Liliane Fchouch
Liliane Fchouch · il y a
Sublime! Tu es un vrai poète.
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Image de Samir Fchouch
Samir Fchouch · il y a
Un grand merci, très touché
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