Fantasmes sexuels pour souvenirs

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Retraité de l'enseignement, tout en côtoyant le journalisme et la recherche, on m'a mis au défi d'écrire mon quotidien de façon humoristique. J'en suis à plus de trois ans d'écriture  [+]

Fantasmes sexuels pour souvenirs
Ce matin, un article de La Presse, parvient à mes yeux avec insistance. On traite des fantasmes sexuels des hommes, ce qui suscite chez moi de nombreux questionnements. Suis-je un homme? Quels sont mes fantasmes? Est-ce que je les ai réalisés?
Ne riez pas. De nos jours où la mode est aux transgenres, je suis en droit de me poser la question. Est-ce que mes fantasmes sont ceux des hommes ou des femmes? L'article en question guide mes pas. Les fantasmes sexuels les plus répandus chez les hommes sont la sodomie et la fellation. La gent masculine fantasme également sur la sexualité à trois ou en groupe, sur l’exhibitionnisme et le voyeurisme, sur l’échangisme et le sadomasochisme.
Non, je ne voyagerai pas dans le temps. Je fais seulement appel à mes souvenirs qui remontent à mon adolescence. J'ai évidemment souvenir d'événements sexuels en groupe. Je vous raconte. Nous devions être une dizaine de gars de mon quartier partis en croisade dans un monticule de sable afin de jouer aux cowboys. Nous avions nos fusils à plombs et nos arcs, fabrication maison. Quelques heures à courir et à se faire tuer à répétition ont amené nos corps à subir les effets de la chaleur. Particulièrement pour moi qui jouait un indien, donc qui devait se faire attacher, torse nu. Mes amis, voulant venger le Père Jean de Brébeuf, martyrisé par les Indiens, ont voulu faire de moi un martyr. C'est ainsi que j'ai fait connaissance avec des sadiques et que j'ai compris que je n'étais pas masochiste. Mais, quand ils ont baissé mon caleçon pour vérifier si j'étais mort, j'ai su que j'avais un sexe érectile. Ce dernier a alors donné le signal d'une compétition de masturbation collective. J'étais déçu d'être le dernier à jouir. J'apprendrai plus tard que la précocité en ce domaine n'était pas une qualité. Ce fut un été où mes parents n'ont jamais compris pourquoi on aimait jouer aux cowboys et combattre les indiens. Puis l'hiver est arrivé et les belligérants ont connu une armistice. Je me suis vu dans l'obligation de jouer seul jusqu'à ce qu'un beau jeudi après-midi où mon ami Denis, enrhumé, est venu me tenir compagnie pendant que ma mère parcourrait les magasins. Nous étions tous les deux absents de l'école et avons décidé de nous remémorer nos exploits sexuels de la période estivale. Évidemment, quelques mois s'étaient écoulés et nous étions curieux de voir si notre croissance sexuelle était proportionnelle à celle de notre taille. Un simple regard nous en a apporté la confirmation. Mais, pour la première fois, on a décidé que la masturbation se ferait par personne interposée. J'ai posé son sexe dans ma main et le mien dans la sienne. Encore une fois, j'ai perdu la course. C'est également ce jour là que ma bouche a goûté le sexe d'un autre gars. Mais ce fut la seule fois. J'en ai conclu que je n'étais pas gai, malgré que j'étais gai. Denis a fait le même constat, ce qui ne fut pas le cas de son frère. Cela a mis fin à mes aventures masculines. J'ai alors commencé à fantasmer sur les seins, ce qui m'a confirmé dans mon attirance vers les filles. Mais, à cette époque, les gars devaient jouer avec les gars et les filles avec les filles. On n'allait même pas dans les mêmes écoles. Il me faudra attendre l'âge de seize ans pour toucher cet attirant attribut féminin. Et je dis bien toucher et non pas voir. Pendant mes vacances chez mon oncle curé, en campagne, j'ai compris que les filles, du moins celle qui venait faire un tour de char avec moi, ne disaient pas non à mettre leurs seins dans mes mains en échange de les laisser conduire, assises sur mes deux jambes et mon sexe. C'est ainsi que je fis connaissance avec deux seins et que mon pénis a peiné à prendre sa place entre mes jambes. Et puis, je vis les objets de ma convoitise, grâce à un ami qui avait réussi à dérober un Playboy à son père. Mais pour l'instant, mes seuls contacts avec des seins provenaient des slows qui nous amenaient sur les pistes de danse. Tout pour alimenter mon fantasme. Heureusement que j'aimais la danse, ce qui m'a amené à côtoyer plusieurs seins inconnus. Jusqu'au moment où une fille a fantasmé sur mon pénis au même moment que je fantasmais sur ses seins. L'auto de mon père pourrait en témoigner, ce fut une catastrophe. Première fois que je faisais du parking. Nicole glisse sa main dans mon pantalon qui devient de plus en plus serré. Elle serra mon pénis. Je place ma main sous sa jupe, dans son slip, de plus en plus mouillé. L'inexpérience place mon doigt dans son vagin, l'inexpérience laisse mon pénis dans sa main. Elle ne me dit pas qu'elle veut faire l'amour. Heureusement, je n'aurais pas su quoi faire. Pour la première fois, j'éjacule grâce à une fille et je ne sais pas quoi faire avec ma main droite. Je la retire. On retourne à la piste de danse. Je ne la reverrai pas. Je suis mûr pour me marier. Il ne me reste qu'à trouver une femme. Ce sera long. Quatre ans. C'est alors, en couple, qu'un autre fantasme voit le jour. Un samedi soir, nous recevons un couple d'amis et profitons de la nouvelle mode de la marijuana pour relaxer. Après avoir partagé un bon repas avec beaucoup de vin, vint le moment de mettre de la musique sentimentale. Aucune raison particulière pour se mettre à nu mais le miroir du salon m'a renvoyé l'image de deux couple nus. Mes yeux ont zieuté les seins amicaux. Quel fantasme: un échange de couple. Mais on s'est contenté de faire l'amour avec nos conjointes respectives. Occasion ratée de satisfaire un fantasme. Mais, mon ami, qui avait zieuté les seins de ma femme a manifesté le désir d'un trip à trois. J'ai toujours eu ce fantasme. Par deux fois, je me suis retrouvé à trois dans le même lit. Malheureusement, c'est le fantasme de ma femme qui a été comblé. Deux hommes et une femme, ce n'était pas dans mes désirs. Je me suis senti de trop. Je me suis alors dit qu'il valait mieux vivre un fantasme avec une autre femme que la mienne. J'ai profité d'une occasion offerte par une fille, (majeure et vaccinée) au cegep, qui s'acharnait à me montrer ses seins régulièrement et qui voulaient profiter de mes larges connaissances du monde, pour tenter l'expérience de coucher avec une maîtresse. C'était comme coucher à trois, mais sans ma femme. Je ne voulais pas qu'elle se sente de trop. Et puis, baiser une femme couchée sur ton bureau de travail laisse un profond souvenir quand tu corriges des travaux inintéressants. L'année suivante, j'ai profité d'une autre occasion, que j'avais initiée, pour amener une confrère de travail, sûrement malheureuse en ménage, à satisfaire un de ses fantasmes, soit baiser dans une volks. Ma voiture s'en rappelle. Moi, je peux confirmer qu'une coccinelle n'a pas été conçue pour la conception mais pour les contorsions. Je ne me souviens pas d'avoir satisfait ma partenaire. Moi je ne l'étais pas. Pour me faire pardonner, je l'ai accompagnée dans un motel où l'expérience ne fut pas plus concluante. J'en ai conclu que ce n'était pas la faute à mon auto mais que tout simplement, la dame en question voulait satisfaire son fantasme, mais qu'elle n'était pas le mien. Et puis, lors d'une excursion nocturne chez une comparse de la Chambre de Commerce, je me suis retrouvé dans sa chambre et pour m'émoustiller, elle m'amena voir sa jeune fille juvénile dans sa pleine nudité. Aucun fantasme sur la jeunesse. Je mis fin à ces aventures aventureuses pour mon couple, me contentant de passer quelques soirées au club de danseuses afin de me rincer l'œil et de me préparer à revenir à la maison avec ma femme, à la fin de son quart de travail. Les années ont passé, pas assez satisfaisantes côté sexe. Et puis, par hasard, une femme, qui suit mes cours, me fait la cour. Je ne courre pas après, mais après quelques bières dans une brasserie, je dois la ramener au cegep. Je ne sais pas ce qui l'a pris, mais elle a pris mon sexe de sa main gauche, s'est baissée et j'ai connu les plaisirs de la fellation. Je ne pouvais l'en empêcher, puisque je devais conduire l'auto. Afin de vérifier si cette façon de conduire était dangereuse, on a répété l'expérience pendant quelques semaines. Cette façon de conduire m'a conduit au divorce et la fellateuse m'a marié. Dès lors, je constate que la majorité de mes fantasmes n'en sont plus, puisqu'ils ont été réalisés. Je mène donc une vie sexuelle normale, i.e. relativement monotone jusqu'au moment où les bains de minuit deviennent à la mode. Ma piscine pourrait vous en parler. Plusieurs seins y baignent et même si elles n'aiment pas l'eau froide, j'y ai vu plusieurs chattes. Je peux également témoigner qu'un pénis dans une piscine peut connaître une bonne érection. Par contre, le soir et dans l'eau, on ne peut jamais s'assurer que les corps qui se rencontrent appartiennent au bon couple. En tout cas, ce fut le début de la fin pour le mien. Divorce et remariage m'ont permis de rencontrer de nouveaux seins. Premièrement, ceux de ma nouvelle épouse, puis, nos nombreux voyages sur les plages de Punta Cana et de Cuba m'ont montré la grande diversité de cet objet de convoitise. Suffisamment, en tous cas, pour que mon fantasme de voyeurisme du corps féminin soit chose du passé. L'article parle d'un dernier fantasme: la sodomie. Aucune idée s'il s'agit d'être sodomisé ou de sodomiser. Ce n'est pas un fantasme pour moi, j'ai expérimenté les deux. On comprendra que c'est un médecin qui a effectué la sodomie pour vérifier ma prostate (qui va très bien en passant). Je dois également avouer n'avoir jamais fantasmé sur une infirmière. Le fait d'en avoir épousé une y est sûrement pour quelque chose. La seule fois où j'ai eu des idées perverses avec une massothérapeute fut pour me faire dire qu'elle demandait 200$. Mon pénis n'a pas insisté. Une telle proposition m'assagit.
Rendu à mon âge, le seul fantasme qui me reste, consiste à croire que je vais mourir à l'âge de 92 ans, assassiné par un mari jaloux. Et dire que je pensais que ma vie sexuelle avait été plate. Tous ces souvenirs me démontrent que j'aurais mieux fait de ne pas tenter de les réaliser tous. Il me resterait de beaux moments à espérer. Une chose est certaine, le récit de mes fantasmes, assouvis ou non, ne constitue pas un bon sujet pour une nouvelle nouvelle. Si le sexe attire les lecteurs, ma vie sexuelle n'en fera pas les frais. Mais peut-être que mon dernier fantasme a été celui de raconter mes fantasmes. Alors, mission accomplie.
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