BALI

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Je suis réveillée par le bruit des vagues, S dort. Je sens encore sa morsure sur mon épaule... Hier après le dîner, nous ne pouvions plus nous retenir : nous sommes retournés dans notre chambre et les vacances ont vraiment commencé. Il a desserré avec les dents les rubans de ma robe, je n’avais rien en dessous. Satisfait il s’est emparé d’un sein qu’il a longuement bichonné tandis que ses doigts provoquaient mes chairs. Il m’a entraînée sur notre patio privé, il s’est assis sur une petite banquette et il a dit « Viens. » Je me suis mise sur lui à califourchon tout en défaisant son pantalon. Je l’ai glissé en moi et j’ai entrepris un rodéo lent au départ qui s’est transformé en une chevauchée sauvage. Ses mains guidaient mes fesses qui montaient et descendaient au gré de son envie, sans relâche. Quand je pensais atteindre le nirvana je redescendais pour aussitôt tenter de m’approcher du sommet. C’est mon sein dans sa bouche qui m’a propulsé tout là haut, j’ai accéléré, turbo à fond, transpirante, en gémissant fort dans la moiteur de la nuit étoilée. En voulant amortir la puissance de sa jouissance il m’a mordu à l’épaule. Plus tard nous avons recommencé mais dans notre lit. C’était plus doux, plus modéré...
Le matin il aime me prendre, pour des raisons purement physiologiques me taquine t-il souvent et il ajoute : « Aussi parce que je t’aime... » Je finis toujours par lui céder mais je le préviens :
— J’ai la chatte en feu...
— Je serai doux, promis...
Je le vois croiser l’index et le majeur derrière son dos de façon flagrante. Au petit déjeuner, nous sommes comme deux tourtereaux transits d’amour et probablement exaspérants, vus de loin. Un couple nous aborde, du même âge ou possiblement plus jeune :
— Vous venez d’arriver ?
— Oui, avant-hier...
— Vous verrez c’est magnifique, nous on repart à la fin de la semaine.
Nous prenons leurs suggestions touristiques, avec la femme je parle yoga, temples et artisanat local tandis que nos hommes font connaissance. Le courant passe bien. Dans l’après midi, nous avons réservé un massage de couple sur la plage. Je m’endors pratiquement. Nous avons du mal à nous relever. La nuit quasi blanche y est aussi pour quelque chose. Nous faisons deux, trois visites, des rizières notamment qui s’étendent à perte de vue. Les couleurs verdoyantes des paysages m’apaisent. Il décide de louer un scooter :
— Allez poupée grimpe sur ma bécane !
Il fait un sourire large me rappelant ses vingt ans...
— Je déteste ces engins...
Il actionne le vrombissement du véhicule, je capitule faussement agacée. Nous roulons, je me laisse porter par le vent et la vitesse, enserrant sa taille, au plus près de lui, parfois je ris quand il me fait des petites frayeurs... C’est donc à ça que ressemble le bonheur ? Nous rentrons pour une sieste coquine... Post coït, la voix traînante et pensive il demande :
— Tu crois qu’un jour on se lassera l’un de l’autre ?
— ... Je sais pas... Possible, quand je serai vieille et ridée et que tout commencera à tomber... Que tu banderas plus...
— Hmm... Donc tu veux vieillir avec moi ?
— ... Probable... Si tu ne m’as pas tuée avant.
Il rit doucement et ajoute :
— Qu’est-ce que tu racontes ?
— ... Rien. Laisse moi dormir, j’ai sommeil...
— ... Mon désir est sans limite pour toi...
Deux heures après, je prends une douche puis file à ma séance de yoga en petit groupe. S refuse de venir mais je lui ai fait promettre d’essayer d’ici notre départ. Je croise la femme du petit déjeuner qui elle aussi est dans le cours.
— Cette prof est super, vous ne pourrez plus vous en passer !
— On peut se tutoyer...
Elle sourit... Nous convenons de nous retrouver pour le dîner tous les quatre. S demande boudeur pourquoi j’ai accepté, je me justifie en répondant : « Ils sont sympas non ? T’as bien parlé avec le mari en plus... »
Dans un cadre très romantique et feutré nous les retrouvons sur la terrasse, nous prenons un menu dégustation pour avoir le choix, c’est plus convivial. Le vin coule à flots.
— Vous êtes en lune de miel ? Demandent-ils,
— Euh non !
Je me marre, S sourit en mangeant... Je reprends :
— En fait, nous sommes divorcés...
— Ça alors !
Ils sont épatés, nous leur épargnons notre épopée en plusieurs tomes, mais ils nous regardent admiratifs quand nous leur disons que nous nous connaissons depuis nos dix-huit ans.
— Et vous ?!
— Mariés ! Nous fêtons nos dix ans.
— Waouh, félicitations !
Nous commandons du champagne pour célébrer. La femme et moi nous absentons aux toilettes :
— Je n’aurais jamais soupçonné que vous étiez divorcés, vous paraissez si amoureux et fusionnels...
— Nous le sommes. C’est bien ça le problème.
Elle me dévisage intriguée, puis elle se remet du rouge et se recoiffe, elle dit :
— Je parie que vous faites l’amour comme des bêtes...
— Euh... Oui... Ça arrive.
Avec un air espiègle elle m’invite à rejoindre nos compagnons. Des danseuses traditionnelles parées de coiffes dorées et drapés colorés somptueux font leur entrée sous l'oeuil émerveillé de l'assistance. Je me noie un instant dans le tourbillon de couleurs et leurs visages maquillés, un brin pompette. Peu après la représentation, nous regagnons notre chambres et nous endormons aussitôt.
Le matin nous mangeons dans notre chambre : fruits, toasts, céréales, oeufs... Nous faisons un véritable festin :
— Hier dans les toilettes, tu sais ce qu’elle m’a dit ?
— Non... Réponds S,
— Qu’on devait faire l’amour comme des bêtes !
— Quoi ?!
— J’te jure...
Il rit en dévorant sa mangue, et demande :
— Et qu’est-ce que t’as répondu ?
— J’ai juste dit : oui ça arrive.
— ... C’est drôle parce que son mari lui m’a dit : elle est très belle, je comprends que tu aies du mal à la lâcher...
Nous avons échangé nos numéros, je reçois un message de ma nouvelle copine : « Ça vous dit une virée en bateau ? Il y a un super spot pour faire du snorkeling pas très loin... » Nous passons un après-midi agréable en leur compagnie ; beaucoup de rires, de plaisanteries dans un cadre paradisiaque. En parlant avec le monsieur, notamment de ses connaissances en navigation, il lorgne sur ma poitrine à plusieurs reprises, pourtant je porte un maillot blanc plutôt sobre comparé à sa dulcinée... Vers la fin de la journée les deux époux se cajolent d’une façon assez impudique et nous regardent de temps en temps. En rentrant nous sommes vannés et un peu émoustillés, S part en premier sous la douche, je m’assoie sur le rebord de la baignoire pour lui tenir compagnie :
— C’est moi où ils nous allument ces deux là ? Je lui lance pour voir sa réaction,
— J’osais pas te le dire mais on dirait bien...
— Tu la trouves comment ?
— ... Les blondes c’est pas mon genre, mais elle est mignonne... Et toi comment tu le trouves ? Dit-il en sortant de la douche mouillé et drôlement sexy...
Je lui tends une serviette mais il m’entraîne contre lui. La bête se réveille...
— Pas mal...
Il m’embrasse tout en me malaxant, il me transporte vers un coin de mur, descend ma culotte et me baise sans préliminaires.

Nous sommes trop fatigués pour souper au restaurant, nous préférons écouter de la musique, entrelacés, au clair de lune. Le lendemain nous partons en balade à la recherche de batiks et autres souvenirs. En revenant à l’hôtel, le couple marié a laissé une note à notre intention :

« M et S, nous feriez-vous l’honneur d’accepter notre invitation à dîner dans ce restaurant typiquement balinais, à dix minutes d’ici qui changera votre vie ! Nous partons avec la navette de vingt heures... Nous espérons vous voir et après nous pourrions finir la soirée ensemble... »

En nous habillant, nous mettons au point le plan pour ce soir :
— Qu’est-ce qu’on fait s’ils nous proposent d’aller plus loin ?
— Tu crois qu’ils sont échangistes ?
— Non mais :... Après nous pourrions finir la soirée ensemble... Ça veut tout dire !
— T’as raison. J’ai remarqué qu’hier elle me matait grave, je pensais que c’était moi qui délirais mais à plusieurs reprises elle m’a touché le bras...
— Ah ouais ?! Tiens donc !
Notant mon ton piquant et ironique, il rie et vient m’entourer de ses bras en m’embrassant dans le cou, je lui dis en me retenant de rire aussi d’arrêter tout de suite.
— Tu sais si on saute le pas, tu as conscience que je vais devoir la...
— Oui, j’imagine que ça sera un gros effort pour toi, surhumain, colossal, quel sens du sacrifice !
— Et toi c’est pareil... Je sais pas si j’ai envie de te voir avec un autre. Blague mis à part : tu veux le faire, sérieusement ?
— Et toi ? Tu l’as déjà fait non ?
— Pas avec une de mes femmes ou petite amie. Tu as l’air intéressée...
— Curieuse.
Je dis en mettant mes sandales. Nous décidons que nous nous laisserons porter par le feeling et la nuit...
Ils n’ont pas menti, le restaurant est incroyable, nous nous régalons. Ils se sont mis sur leur trente et un, le mari est pas mal du tout dans son ensemble chemise pantalon beige : grand, bien bâti, il a beaucoup d’humour et de beaux yeux verts. Elle est jolie aussi, un peu quelconque d’habitude, mais ce soir elle porte une robe qui met en valeur son corps mince et bronzé que j’ai étudié l’autre jour dans son bikini deux pièces. Ses cheveux dorés scintillent à la lumière des bougies. Je me mets à imaginer ses petits seins qui pointent de temps en temps sous le tissus élastique couleur pêche. Après le dessert ils proposent : « Ça vous dit de rentrer à l’hôtel et prendre un verre dans notre suite ? » Je regarde S nerveusement qui répond pour nous : « Pourquoi pas, allons-y ! » A destination, nous leur disons que nous devons juste récupérer quelque chose dans notre chambre avant de les rejoindre, je commence à me dégonfler :
— Je flippe un peu...
— Tu sais qu’on est pas obligés. Si tu veux je leur explique que nous sommes fatigués et...
— Non, non. Allons-y.
Je vérifie une fois de plus mon reflet : les cheveux relevés, je suis habillée d’une robe tunique noire brodée, courte à manches longues, col V...
— Je suis comment ?
— Renversante. Il aura de la chance si je ne craque pas au beau milieu pour lui péter le nez...
La femme nous ouvre : « Hello, hello ! Entrez, faites comme chez vous... » Leur espace est deux fois plus grand que le nôtre car ils ont un salon qui mène à leur chambre, on dirait un appartement. Sur leur patio il y a une piscine et un mini jacuzzi, l’hôtesse dit : « C’est con on a oublié de vous dire de prendre vos maillots, ou sinon on fait ça à l’ancienne ! » Et nous rions tous les quatre tendus comme des cordes. Le mari propose : « Champagne ?! » et accompagne le geste à la parole en nous servant quatre coupes « A notre séjour idyllique à Bali... » Nous trinquons en prenant garde de ne pas croiser et se regarder dans les yeux. Au fur et à mesure je me détends et parle au mari, et la femme à S. Au début j’essaye d’écouter ce qu’ils se disent puis je rentre petit à petit dans la conversation de mon interlocuteur. Je me vois déjà en train de déboutonner sa chemise, chatouiller ses tétons roses de la langue, palper son érection, plonger la main dans son pantalon puis son caleçon, le branler tout en regardant S qui mordille et joue avec les seins de sa femme. Elle gémit, désorientée, en se cramponnant au rebord de leur banquette quand mon amoureux lui écarte les jambes brusquement pour la prendre en bouche. N’y tenant plus je m’attaque à son mari que je suce furieusement, tout en me déshabillant au fur et à mesure. Il fait des grands « Ohhhh !!! » en matant son épouse nue, la robe saucissonnée autour de la taille qui pousse des cris primitifs à présent...
— Bon, nous avons quelque chose à vous demander. Surtout ne nous prenez pas pour des fous...
Nous y sommes...
— Nous vous apprécions énormément, nous avons eu un coup de foudre amical...
Ils rient embarrassés, S me touche subtilement le genou en les écoutant avec son air ironique...
— Voilà...
— Puce, pourquoi t’es nerveuse comme ça ? Vas y...
— Nous aimerions que... Vous participiez à une course caritative de couples avec nous le mois prochain à Paris !
Hein ?!
— Oui, continue son époux, nous sommes très engagés dans la cause animale depuis que notre chien est mort d’un cancer... Il nous manque un couple, et nous avons pensé que vous pourriez y participer...
— Vous paraissez avoir des vies très chargées, alors nous n’étions pas sûrs... Mais on s’est dit, allez, on tente le tout pour le tout !
Je n’ose même pas me tourner vers S...
— ... Ça devrait pouvoir s’arranger... Tu penses que tu seras encore en ville à ce moment là ? Je lui demande en pinçant les lèvres...
— Je vais voir ce que je peux faire. On peut vous donner une réponse à notre retour ?
Ils répondent d’une voix : « Bien-sûr ! Oui pas de problème... Merci ! »

De retour dans notre chambre, aucun de nous ne brise le silence. Ce n’est qu’en nous déchaussant que nos yeux se croisent et nous explosons de rire sans pouvoir nous arrêter, j’en pleure...
— Mais c’était quoi ce truc ?! Une course ?!
— Toi tu t’y voyais déjà !
— Et toi alors ?! Je n’ose même pas imaginer à quoi tu pensais quand tu lui parlais...
Nous rions encore en nous brossant les dents. Couchés, collés l’un à l’autre dans le noir, le bruit des vagues en fond, il dit : « Tant pis pour eux. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent...
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