Casanova

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A ce miroir où je me regarde sans fin, Je réfléchis au reflet de ma peau moirée Un doigt posé sur les lèvres de ma bouche, Et je tais les promesses de soirées, Non tenues dans les draps de ... [+]

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A marcher sur des tables à l'envers, 
En renverser les vins et les verres,
Aurais-je trop de sang sous le plexus ?
Et dans la cage où mon cœur pulse,
Abreuvant la rage exprimée à ma bouche 
Et des postillons à la louche,
Ne pas dire 33 comme l'entend Esculape,
Au son de mes valvules faisant flip-flap,
Ce pasteur croyant tuer en moi le loup,
Peut se retourner dans ma bière, 
Et finir tranquillou,
Avec Dionysos et le minotaure
Son pack « 33 export »,
En comptant les moutons sous la bergère, 
 A l'ombre fraîche d'un arbuste,
Quand dans mes débordements je tombe juste,
Car à dieu-va,
Lui qui sait qui je suis, moi qui suis Casanova.
 
Lorsqu'une figure de pouvoir,
M'invite sur des plateaux médiatiques, 
A écouter sa ritournelle, paroles et musique,
Taillées pour des oreilles énucléées,
Oh l'enculé,
Je n'ai nul besoin d'yeux pour voir,
Et entendre la cantilène d'un faune de Picasso, 
Ou lui, soufflant une antienne dans son pipeau.
Des turpitudes est des indignations combinées
Je laisse le solde à son cabinet,
Tout paré qu'il est dans les oripeaux,
Du joueur de flûte, grimé de mes sarcasmes.
Je ne pourrai pas dans mon iconoclasme,
L'accompagner à la guitare de quelques arpèges,
Confondant ces fadaises et les dièses de mon solfège,
Mêlant aux discordances entendues,
Tout mon tohubohu,
Ce tumulte qu'on appelle la voix du d'dans
Qui fait parfois un d'ces boucans,
Toujours plus Forte que Mezzo
Dans ma tête, entre mes côtes et contre mes os. 
Ah défunte République !
Icône réduite en œuvres philatéliques,
Je me plais dans mon deuil vestimentaire,
La couleur des anarchistes,
Rétif aux mélopées d'un flûtiste,
À faire à mon atelier fondre mes verres 
Aux reflets d'obsidiane,
Car je vis pour de vrai avec Marianne, 
Et à dieu-va,
Lui qui sait qui je suis, moi qui suis, Casanova.
 
Eh ! La cambrure de mes reins fait saillir mon estomac.
On me croit gros d'une progéniture que je cache
Quand balancent et chaloupent mes hanches,
Alors que seule une idée derrière la tête 
Fait que je me penche.
Et ça ne sera pas, que chacun le sache
En incorrigible esthète,
Au passage d'une jolie demoiselle.
Que par ce penché véniel,
Un fruit de mes entrailles pour le berceau,
Naitra entre le poisson et le verseau
De cette grossesse que l'on me prête.
Sur le palimpseste de mes pensées,
Je garde des souvenirs qui ne s'effacent;
Des doux, des bons et des pansés
Je conserve la trace.
De tant d'affections incarnées à mon endroit, 
Recto, verso, ou même z'en vers,
Je me retourne dans tous les sens, à l'endroit
A l'envers,
Pour que comme une pendeloque hirsute à leur col,
Et sans plus de protocole,
Je les adore et plus que de raison les embrasse,
Car à dieu-va,
Lui qui sait qui je suis, moi qui suis, Casanova.
 
Interprétation du travail du plasticien verrier Lyonnais LOREN
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