Le dernier voyage d'Alice

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Le facteur s'arrête dans les ruelles encaissées, devant la gueule humide des maisons en pierres séculaires où vivent encore les hommes. Souvent il met ses écouteurs et s'imprègne du langage kobaïen. La musique organique et sauvage s'harmonise au poids sombre des montagnes et il fait bouger en rythme ses grosses boucles brunes. C'est un adorateur de Magma depuis toujours. Plus tard est apparue la grâce aérienne de Coltrane, l'éclat saisissant d'un diamant après la taille, une cognée plantée à la racine du cœur.

À Théus, les âmes grégaires restent assises derrière le lait des fenêtres, avec entre les mains un verre brun comme une escarre, un clope éteint à la commissure des lèvres. À Théus, le facteur ne vendra jamais de calendriers bouffis de chatons mignons ni de châteaux Chantilly en Bavière. Plutôt crever que de franchir le seuil de ces gourbis aux haleines chargées de fiel et de vin mauvais.

Dans un grincement d'essieux, l'employé des postes freine devant une belle maison en pierre de taille surplombant de sa masse brute le lac artificiel. Par la vitre, il contemple un moment le gros cœur ardoise qui palpite au fond de la vallée puis se décide à descendre de la camionnette jaune bosselée comme un plat d'étain. Alice O'Connell l'attend sur le perron de bois récemment verni. C'est un corps hissé comme un drapeau qui claque, éclatant et joliment cuivré. L'espace d'une seconde, il a le sentiment qu'elle ne porte rien. Étrange surimpression que la vision de cette femme fantasque qu'il avait déjà vu danser en culotte dans son jardin sous une pluie d'orage, tandis que les nuages s'en allaient crever avec fracas sur les crêtes des montagnes. Il voit encore sa poitrine ruisselante, lourde, et la peau presque souple d'une jeunesse. Alice aurait pu facilement retrouver un mari, des hommes qui marchent ou s'accrocher un instant à la nuque brûlée du soleil.

— Bonjour José, rien pour moi aujourd'hui ? 
— Non, pas de factures, pas de lettres d'amour, rien qui puisse vous déranger. Le bonheur parfait quoi ! 
— Tu as soif ? Je t'offre quelque chose ? 
— Allez va, j'ai bien deux minutes pour un café.
— Ça tombe bien, je viens d'en faire couler. Il est encore chaud. 

La première fois que José avait pris la tournée du mont Colombis, Alice avait été la seule à l'inviter chez elle. Il avait tout de suite apprécié l'hospitalité chaleureuse de cette femme étrange. Le dépouillement de la pièce principale ainsi que la présence de quelques meubles anciens surmontés de fleurs séchées, d'ammonites de toutes tailles et d'animaux fossilisés lui avait plu, lui qui se passionnait pour les monstres de légendes. La faible odeur d'encaustique lui rappelait les marches en bois bien cirées du petit immeuble parisien où logeaient ses grands-parents paternels quand il était enfant. Une cantine d'officier dont le couvercle était resté ouvert regorgeait de vieux manuels scolaires, de cahiers en javelles, de photos de classe en noir et blanc puis en couleur à la fin des années soixante. Une quantité impressionnante de dessins signés par de petites mains maladroites étaient éparpillés sur le sol. Alice avait montré fièrement son trésor à José, précisant que vers la fin de sa carrière d'institutrice et fatiguée par les années, elle eut préféré croire en l'existence des ogres.

— Tout ça, ce ne sont que de vieux souvenirs, avait-elle soufflé. Autrefois il y avait une petite école à Théus. Nous étions deux maîtresses. Et puis les familles sont parties travailler dans les villes. À Aix, à Toulon, à Marseille. Moi je n'aurais jamais pu. Je suis née ici, dans cette maison. Tous ces murs, toutes ces cloisons qui vous broient le moral, sans même un bout de jardin pour rêver. Et quelle chaleur l'été ! On est mieux là hein, en haut ?
— Oui, avait timidement répondu José.
Et puis la cosse s'était fendue, livrant un peu de sa graine.
— Moi je vis ici depuis dix-sept ans. Avant j'étais facteur à Paris. J'aime la musique classique. Les opéras. Et les films d'horreur aussi. Je classe tous mes DVD par genre : animalier, zombies, alimentaire. J'ai même The Wig, La Perruquequi tue en français. Je ne sais pas où le ranger celui-là. Dans mon salon je n'ai rien d'autre que des murs de CD, de DVD, une chaîne HiFi, un home cinéma et deux sièges Voltaire en velours rouge. Un pour moi, un pour ma femme quand elle veut bien venir chez moi. Alors j'ai besoin de place. J'ai besoin d'être tout seul, avec personne autour parce que je mets le volume à fond. Vous voyez, moi aussi j'habite une prison. Il faudra venir me voir un de ces jours. 
— Vous êtes gentil, mais je ne me déplace presque plus. Je ne sais pas jusqu'à quand je vais pouvoir rester chez moi. Ma fille me tanne pour que j'aille en maison de retraite. Elle habite à Toulon. Depuis la disparition de mon mari, elle s'inquiète vous comprenez ? 

Il n'avait su quoi répondre et s'était contenté de hocher timidement la tête. Alice avait remarqué qu'il avait commencé à tortiller ses doigts et s'était mis à danser sur place à la manière d'un enfant.

***

Ce matin José boit son café en silence. Par superstition plus que par habitude, il s'assied toujours à la même place. La maison est propre, elle sent le bois brûlé dans l'âtre, les épices, un peu l'humidité d'un mois d'avril aux journées molles et longues. Face à lui il distingue l'intérieur de la chambre d'Alice dans l'entrebâillement de la porte. La glycine semble vouloir enjamber la fenêtre. Le soleil vient se jeter sur un grand lit blanc éclairant comme un phare la petite pièce, écrasant de son vibrato les fissures d'un mur bleu pâle. D'où il se trouve, José ne voit rien d'accroché aux murs. Des trous ont été rebouchés grossièrement et racontent une autre histoire en sépia. Il ressent alors comme une gêne d'avoir été si indiscret et se détourne.

— Comment ça va depuis la dernière fois ? 
— Je me sens comme un vieux chien malade. Je regarde la télé et puis au bout d'un moment je m'endors. Même que je bave, t'imagines le tableau ! Heureusement Isa me ramène des livres de la médiathèque et quelques nouveautés. Elle est gentille ta femme. 
Alice se mordille les lèvres.
— Pour les courses, c'est Françoise qui s'en charge. Tu sais ? Celle qui est née bossue. Je ne veux pas y aller aux Jardins d'automne. Non mais je te jure, quel nom déprimant pour une maison de retraite ! 
— Ce n'est pas si mal il parait. Il y a un petit parc pour se promener, la nourriture est bonne et puis on passera vous voir avec Isa. Je vous amènerai des films d'horreur. Pour vous je choisirai du cultissime, du gore, du qui saigne.
Il émet un grognement sourd censé effrayer Alice. 

José n'avait jamais pu se résigner à la tutoyer.
Il se lève, presse doucement la main d'Alice et prend congé en souriant de toutes ses dents gâtées. Courrier ou pas, il repasserait dans la semaine et tant pis pour le retard.
Il se dirige vers la porte et prend soin de bien marcher au centre des larges dalles de granit. Compter les pas. Pas plus de sept. Le chiffre sacré. Sortir dans la rue, d'abord regarder à gauche, puis regarder à droite, conjurer les malices du sort. Les parents de José n'avaient jamais su quoi faire de ce fils au QI impressionnant qui lisait Shakespeare à voix haute dans le petit grenier au-dessus de la soue. Le père maugréait Dieu et ses saints et la mère subissait en se protégeant la tête. Tout est la faute de la mère.

Cette année-là le printemps avait joué les prolongations, bercé par l'appel espacé des crapauds en rut. L'été était resté en suspens jusqu'à la fin septembre, laissant immédiatement place à une saison d'hiver qui fut d'abord très pluvieuse, glaciale, puis extraordinairement neigeuse selon les spécialistes.
Un matin de janvier, les gendarmes avaient retrouvé le vieux Momo écarquillé comme un jésus dans la neige dure. Il était descendu à pied jusqu'au village de Remollon pour acheter deux bouteilles de Pastis. Il eut la mauvaise idée d'en boire une au retour, certainement pour se donner du courage avant la remontée qui s'annonçait difficile. Sous le givre, ses lèvres bleuies, ses yeux grands ouverts le faisaient ressembler à un vieux hibou crucifié sur la porte d'une grange. Isa, la maire de Théus, était venue constater le décès et Momo, partiellement confit, était parti dans une boîte en sapin cultiver des lombrics. Les deux employés communaux avaient pesté en balançant à grande peine le cercueil dans le trou humide ce qui laisse à penser que l'âme de Momo ne devait pas peser bien lourd.

Debout au-dessus de la fosse, José avait soufflé :
— Quand je mourrai, je ne veux pas de sépulture. Tu jetteras ma dépouille aux bêtes sauvages dans le champ des Girard. 
Isa avait soupiré et lancé une motte de terre gelée qui rebondit plusieurs fois sur le cercueil. Oui, elle exaucerait ses vœux. Puis elle s'était retournée pour réconforter quelques épaules, mais le petit cimetière était vide, orphelin de ses corbeaux.

***

Alice regarde par la fenêtre du réfectoire. Quatre mois qu'elle est ici depuis cet hiver si rude. Sa jambe la fait encore souffrir quand elle force trop. Double fracture tibia-péroné. Les os se sont cassés nets comme du bois sec en rencontrant la roche. Elle s'étonne du parc si mal entretenu malgré le tarif d'hébergement prohibitif fixé par des actionnaires véreux et sans cœur. Les bancs en métal rouillé disparaissent sous une végétation non identifiable tandis qu'un petit chemin de cailloux blancs s'éparpille comme un rêve jusqu'au rideau mouvant d'un gros saule. Le lac est à deux pas qui apparaît et disparaît entre les branches mal taillées d'un imposant massif de cotonéasters. Alice a toujours aimé le lac comme une personne, même si trop de gens viennent à se perdre dans le sillage effervescent des bateaux à moteur ou saisi par les eaux glaciales y compris en été.

Elle se remémore le jour de son admission. C'était le vingt-cinq avril dernier, juste après la venue du facteur. Sa fille était venue en catastrophe de Toulon et depuis ne lui avait rendu visite que deux fois. Le reste du temps, elle envoie des produits de toilette, quelques vêtements et des journaux de mode, dont Alice, se fiche éperdument. La réalité individuelle de sa mère ne l'intéresse pas ou très peu ou bien la vieillesse lui fait peur.

Il est dix-huit heures trente, le soleil a le ventre gros et rose, signifiant que c'est déjà l'heure de dîner aux Jardins d'automne. La vaisselle, les couverts sont disposés sur des nappes couleur saumon, souillées par d'antiques taches sombres. Un panneau à l'entrée de la salle à manger annonce le menu : potage, pâtes au jambon, fromage et compote de pomme. Un vrai repas de fêtes !
Pour se réconforter, Alice tâte dans la poche de son gilet le livre que lui a apporté Isa dans l'après-midi. Les Chaussures italiennes de Henning Mankell. Un livre sur l'amour, la solitude glacée, l'expiation. Pas franchement drôle avait dit Isa mais ça parle d'une renaissance, c'est sauvage et poétique. José avait levé les yeux au ciel, préférant vanter avec force détails l'ambiance gothique du Le Sadique Baron Von Klaus, film espagnol de 1962.
Alice commencerait le livre après dîner. Après le slow des chaussons à carreaux, après le road movie lent et protestataire qui s'étire du réfectoire jusqu'aux chambres. Rien sinon la mort ne pourrait dévier ce triste mouvement pendulaire. Ici le soir dégringole vite, dans un éboulis de plaintes et de crachats venant du fond des gosiers. Les vieux corps trahis finissent par s'endormir et les espérances mâchées par des gencives roses s'enfoncent dans la mollesse des oreillers. Ici, on abolit le monde au son des piluliers.


***

Le fringant monsieur Herman.

Monsieur Herman est arrivé un matin accompagné de son fils et sa belle-fille. C'est un homme élégant et plutôt alerte pour son âge. Il porte un blazer bleu marine croisé sur un polo jaune à peine tendu sur l'estomac. Ses cheveux blancs et hirsutes lui font comme un nid d'oiseau au-dessus de la tête. On s'attendrait presque à voir voleter des mésanges vives et gracieuses. Il promène son regard clair et direct sur les visages nouveaux et semble contrarié d'être là. Traînant une grosse valise à roulettes, le fils touché par une pelade rougeâtre trahissant un stress récent se dirige vers l'accueil avec sur les talons sa petite femme emperlée et tubulaire.

La radio réglée sur une station locale diffuse une scie RnB en musique de fond. Les prunelles du blazer bleu marine s'arrêtent sur celles d'Alice qui s'apprête à regagner sa chambre. Monsieur Herman lance un sourire de prothèse amovible avant de se diriger vers le bureau d'admission où l'attend le couple qui pianote d'impatience sur le comptoir. Il a visé juste, un soleil levant venait de dévorer le visage d'Alice.

On s'occupe des formalités puis on installe monsieur Herman dans sa chambre. Derrière la cloison, Alice entend que l'on s'affaire, que l'on traîne des chaises, qu'on remplit les placards à grand bruit, qu'on essaie de faire marcher la télé. La porte-fenêtre coulisse sur ses rails pour laisser entrer un peu d'air frais et chasser l'odeur du mort d'avant. On dit : « Tu seras bien là. Il y a une super vue. On viendra te voir souvent. La déco n'est pas terrible mais tu peux arranger comme tu veux. »
Et puis tout le monde s'en va parce qu'il va être l'heure de déjeuner. Désolé, on ne peut pas rester. À la semaine prochaine, j'apporterai des fruits, de l'eau, des gâteaux. Quoi d'autre ?

Soulagé de ne plus entendre les babillements du couple, monsieur Herman sort par la porte-fenêtre. Les mains dans les poches de son blazer marine, il regarde la montagne comme tranchée par la herse d'un géant. Ça lui est totalement interdit mais il sort une cigarette roulée de sa poche revolver et l'allume. Les yeux fermés, il se repait de fumée blanche, visiblement envahi par une délicieuse plénitude. L'odeur haschischine sidère Alice qui ne peut s'empêcher de passer une tête et se trouve de nouveau happée par la douceur du regard clair.

La suite ne dit pas ce qui a bien pu se passer ce jour-là. Un aide-soignant avait vu le couple marcher tranquillement sur le petit chemin de cailloux blancs et disparaître comme un songe sous le gros saule. Il n'avait pas jugé utile d'intervenir, pensant à une promenade juste avant le déjeuner. Fraîchement embauché, il ne savait pas qu'à cet endroit précis les broussailles retroussées par le vent descendaient dangereusement vers le lac. Des travaux d'aménagement signalés par un panneau devaient d'ailleurs démarrer la semaine suivante.
Jeanne, une pensionnaire de quatre-vingt-cinq ans, avait soutenu aux gendarmes qu'elle les avait vu nager vers la petite chapelle Saint-Michel au milieu du lac, mais ils n'accordèrent aucun crédit à son histoire parce que sa chambre ne donnait pas sur le lac et qu'elle ne se souvenait même plus de ses propres enfants.
Quant à Isa, elle avait pensé qu'Alice et monsieur Herman n'avaient pas pu résister à la pulsation du gros cœur ardoise. José, moins romantique et beaucoup plus pragmatique, avait plutôt penché pour un enlèvement du couple par une étrange créature couverte d'écailles venue du fond du lac.
On ne put écarter cette dernière hypothèse, car il est vrai qu'on ne retrouva jamais les deux corps.
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Virginie Denise · il y a
J'aime la description des personnages, du décor: il y a de la poésie, des images, de l'humour et du mystère. Merci beaucoup pour ce texte Lino!
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Marie Quinio · il y a
Je ne sais pas trop comment dire ce que je ressens ici, c'est beau, on est dans l'authentique, la mécanique toute simple du cœur (les pulsations de vie dans ce cœur ardoise). Pas de frou-frou ni de folies, une relation simple de gens qui se comprennent et se trouvent enfin, après avoir chacun vécu leur vie ("Des trous ont été rebouchés grossièrement et racontent une autre histoire en sépia"). C'est très poétique aussi, pensées délicates... Et la fin me réjouit, on casse enfin le sablier qui égrène le temps (les pilules du soir ?) et on s'évade vers un autre rivage.
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Simultané Mordescu · il y a
Touchée, coulée Marie.
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Marie Van Marle · il y a
Le réalisme, la poésie et le surnaturel se mêlent de façon envoûtante. Les personnes sont attachants et conservent une part de mystère. Et vous savez faire ressentir que la fin n'est pas si triste.
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François Duvernois · il y a
Une histoire forte servie par une très belle écriture.
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Camille Berry · il y a
Très belle écriture et un univers particulier qui a du charme...
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Dolotarasse · il y a
Une histoire touchante portée par une belle écriture.
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Viviane Fournier · il y a
J'ai adoré ... voilà ! c'est simple mais vraiiii ... c'est lumineux et je traîne sur vos lignes pour goûter encore de ce voyage ...
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Christiane Tuffery · il y a
Il y a Alice qu'on aime dès le début et vos mots, brillants comme des pépites.
"Après le slow des chaussons à carreaux, après le road movie lent et protestataire qui s'étire du réfectoire jusqu'aux chambres." Et je ne vais pas tout citer. Tout est juste, fort et captivant.

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Simultané Mordescu · il y a
Contente que ça vous ait plu Christiane.
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Eva Dayer · il y a
Un récit brillant. J'ai été happée dès le début par les descriptions des paysages et la présentation d'Alice, "un corps hissé comme un drapeau qui claque ..." somptueuse écriture.
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Simultané Mordescu · il y a
Je suis très touchée Eva, d'autant que Alouette.... quand-même, c'est vraiment balèze :)
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Eva Dayer · il y a
balèze ! là vous me décevez ... :)
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Simultané Mordescu · il y a
j'ai pô de vocabulaire :)
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Alice Merveille · il y a
Un texte qui ferait un excellent scénario : un décor, une série d'événements, des personnages... et du mystère !
28/01 : J'avais oublié de voter... voilà qui est fait !

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