Là-bas, ailleurs, ou juste ici

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Lauréat
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Récit de voyage, quête spirituelle, aventure humaine… « Là-bas, ailleurs ou juste ici » est une nouvelle à la fois touchante et étonnante

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Je suis auteur et bloggeur sur le site de critique littéraire l'Ogre Littéraire www.logrelitteraire.fr Ma passion : tordre la réalité et introduire un peu de fantaisie et de science-fiction dans ... [+]

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12 Juillet 1995 - 15 h 30
Le soleil cogne, la roche brune chauffe, l'air assèche. Le bus est en retard et la foule s'accumule, s'impatiente. Ça fait des heures que je suis là, à pester sous le cagnard, au milieu de plateaux arides. Qu'est-ce qu'il m'avait dit, déjà, l'ancien, au village précédent ? Dans son anglais lourd et haché... Que les gens qui vivent à Turfan sont gentils, accueillants, que de vivre comme ça, à la dure, dans une oasis au cœur des hauts déserts chinois, ça forge les liens...
Que dalle. Ici, comme partout ailleurs, la frustration mange tout. Le bus n'est pas là, les échanges de récoltes, les négociations, les liens familiaux... Soudain, tout part à vau-l'eau. Et du coup, les gens, ils ont tous les crocs. Ça se pousse, ça s'excite, ça gueule. Je regarde ma montre. Trois heures... Ça fait trois heures que je suis là. Officiellement, j'en ai ma claque. Je décide, au mec invisible qui gère la compagnie de transport, de lui dire : « Tiens regarde, l'éponge, je la jette là ! Au sol de ton arrêt de bus moisi ! » Et je plie les gaules. Direction le marché du coin. J'ai faim. Un peu trop, sans doute. Je sors mon portefeuille pour voir combien il me reste de braise. Et là, elle tombe. Sur le sol. Elle rebondit sur la roche. L'alliance... Elle est là, elle brille au soleil. Elle semble se foutre de moi... Comme si refléter la lumière c'était son rire, à elle. Et là, elle rit comme jamais.
Deux enfants passent en courant, ils chahutent, s'amusent avec un ballon. En passant, l'un des deux mioches donne un coup de pied dans ma bague qui valdingue en direction du marché, au milieu d'une petite foule de locaux. Je lâche un râle, je hurle, je gueule et je cours en direction de l'alliance qui roule. Manquerait plus que je la paume celle-là, putain ! Et alors que je fonce, tentant de garder un contact visuel avec l'alliance qui tire tout droit dans la forêt de guiboles, je me demande : en fait, ce serait grave de la paumer ?
Elle me rappelle quoi, cette alliance ? Mon échec ? Là-bas, en Chine ? La peau de Mei qu'elle baignait tous les matins dans une eau de toilette citronnée ? Ses bras fins qu'elle dépliait à ne plus en finir ? Son rire doux ? Ou ses yeux serrés, acérés, lourds, ses yeux fous ? Ses hurlements... Son mépris... Et mon incapacité à lui répondre, à m'affirmer. Une bien piètre version de moi-même que j'ai construite à coups de lâchetés. Voilà tout ce qu'elle me rappelait. Su-per. Génial. Des bien beaux souvenirs. Des qui me manquent, des que je hais, des qui me hantent...
Là ! L'alliance a fini sa course entre des jambes. Elle est là, entre deux sandales en cuir déglingué, alors que la femme qui les surmonte négocie un kilo de tomates. Ses longs cheveux remontés en chignon laissent respirer son cou. Des gouttes de sueur y perlent. En même temps, t'as vu le temps qu'il fait ? Plus de trente-cinq degrés, et il est même pas midi... L'ancien, dans le village d'avant, hein, il me disait que Turpan, c'était à plus de cent cinquante mètres sous le niveau de la mer. Genre, la cuvette. La vraie. Et comme dans toutes les cuvettes, quand il fait chaud... Il fait chaud.
Je me baisse, j'attrape la bague, tentant de me filer tranquillement un chemin entre ses pieds, sans me faire remarquer. Bien entendu, c'est à ce moment qu'elle décide de bouger. Donc, elle sent mes mains. Donc, je me relève, pris en flagrant délit de carressage de chevilles. Donc, elle se retourne vers moi. Donc, elle s'énerve. Donc, je m'excuse. Donc, elle n'en a rien à cirer. Donc, elle continue de m'engueuler. Donc, je continue de m'excuser. Voyant que mes excuses, elle s'en tape comme de ses sandales niquées, je me penche, j'attrape mon alliance, et je me tire dans les ruelles du marché.
Et là, curieusement, après quelques minutes de marche, ça commence à aller mieux. Je me calme, je sens les épices, les légumes, les odeurs de viande cuite à la broche... J'ai toujours fonctionné comme ça. J'ai besoin d'avoir les sens saturés pour vider ce que j'ai dans le crâne. Mei, ça, elle ne l'a jamais compris. Quand on se prenait la tête et que je sortais dans les rues de Xi'an, elle pensait...
Je sais pas, en fait, ce qu'elle pensait. Que je fuyais, peut-être même que j'allais voir ma maîtresse... Celle qui n'existait que dans la tête de Mei. Mais non, Mei ! Tu n'as jamais capté, ça !
Tout comme le mec qui fait frire son poisson, là, à gauche, n'a pas compris que c'est meilleur quand c'est pas cramé. Son wok qui chauffe sur un feu de bois emboucane toute l'allée d'une odeur lourde de carbone. Et là, je le vois, fier de lui, balancer trois kilos d'épices sur son merlan ultra frit. Au moins, comme ça...
Et au bout de l'allée, je vois une vielle, assise en tailleur, sur un tapis, avec un poncho sur les épaules, alors qu'il fait soixante-douze degrés à l'ombre. Elle a de grands colliers qui pendent autour du coup, trente mille bracelets autour des poignets, et dans la main, paume ouverte, une fleur d'un bleu vif.
Elle me fixe de ses yeux gris, vides. Elle essaie de me chopper rien qu'avec son regard, et ça marche. Elle est magnétique. J'avance vers elle, sans me poser de questions. Comme une marionnette. Je plante devant elle, sans moufter. Et après une bonne minute de silences pétrifiés, elle me dit en baissant les yeux vers sa main :
— Regarde bien cette fleur. Tu en as besoin...
Ce n'est pas une question ni une remarque. C'est un ordre.
— Qui ? Moi ?
— Oui, toi.
— J'ai besoin...
— De ça.
— Ah...
Elle me fixe de nouveau avec ses deux billes métalliques, froides. S'ils sont le miroir de l'âme, la vieille, son âme, c'est un bloc d'acier trempé.
— Elle pousse sur les rives du lac Balkhach. Rare. Très rare...
— Et vous êtes allée là-bas ?
— Non. Toi tu vas y aller !
— Moi ? Je ne crois pas que...
— Tu y vas, tu trouves la fleur. Tu mélanges à l'eau du lac. Tu bois.
— Euh... Ouais... Alors, je n'ai pas forcément prévu d'aller...
— Fais-le. Ne réfléchis pas. Regarde-toi.
Ça vous est déjà arrivé, ce truc dingue, à un moment donné, de savoir exactement ce que vous devez faire ? Des fois, on est perdu, on ne sait pas quoi faire, où aller, vers où faire balancer sa vie... On cherche, on cherche, mais non, rien n'arrive. Paumé... Et parfois, quelque chose se présente à vous. Et même si ça semble être la chose la plus conne au monde, même si vous voyez qu'une réflexion logique ne vous conduira jamais à vous dire : ouais, ça, c'est une bonne idée... Et bien, vous le faites quand même. Parce que c'est limpide. Parce qu'au fond de vous, vous savez...
Eh bien voilà...

13 Juillet 1995 - 13 h 50
Le chauffeur du bus annonce la couleur. Avant d'aller au lac, faut faire une étape en plus. Pas prévue. Parce qu'un autre chauffeur s'est planté avec son bastos, que du coup, des gens, à Kucha, sont dans la mouise. Et faut pas les laisser dans la mouise à Kucha. On laisse pas tomber Kucha. Jamais. Donc, on fait un détour de quatre heures pour passer par Kucha. Sauf que le chauffeur, il nous l'a dit : faudra se serrer. Parce qu'à Kucha, va y avoir un sacré paquet de monde à embarquer.
Le bus est déjà blindé, il fait super chaud, super trop chaud, et ça pue le diesel à plein nez. Comme si le pot d'échappement recrachait direct dans l'habitacle. Je colle ma tête sur la fenêtre crade, cherchant un peu de frais au contact du verre. À côté de moi, un mec porte un costume. Pas vraiment repassé, pas super propre... On sent que le gars veut faire bonne impression avec ce qu'il a sous la main. Il empeste l'eau de Cologne, mais ça sent bon. Ça couvre l'odeur de gasoil du bus. Donc, pourquoi pas, hein ?
Soudain, le chauffeur se gare sur le bas-côté, coupe le contact, descend pour faire on ne sait quoi sur le moteur du bus. Pas un passager ne semble prêter attention à l'affaire. Apparemment, c'est plus ou moins normal. Après quelques minutes, il remonte, se réinstalle au volant, et relance le moteur dans un ronflement huileux et poussif. Comme une toux grasse un jour de grippe.
Les cylindres tournent, j'arrive presque à compter leurs tours : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10... Ça frotte, ça coince, ça racle. Ce truc ne va jamais repartir. Au premier coup d'accélérateur, le moteur va lâcher... Mais tout le monde semble trouver ça normal.
Et à juste titre, parce que ça démarre. Ça se lance. Dans un boucan infernal.
Kucha : quatre heures. À l'annonce du chauffeur, je souffle. Encore combien ? Quatre heures pour viser le lac de l'ancienne et sa putain de fleur.

13 Juillet 1995 - 16 h
La route est cahoteuse ; à ce stade, on est plus du tout sur du nid de poule. Plutôt des couvoirs d'albatros. À chaque choc, les vitres du bus claquent, comme si elles n'étaient pas fixées, mais simplement posées. Je m'attends à ce qu'on en perde une dans les secondes qui arrivent. Remarque, c'est déjà ce que je me disais il y a une heure, et elles sont toujours là. Et bon, comme tout le monde semble trouver ça normal. À l'arrière, des enfants jouent et crient dans la fournaise. À l'avant, le chauffeur écoute une sorte de débat à la radio : un homme, une femme, le tout en chinois. Je comprends quelques mots, par-ci, par-là, à la volée. Ça parle de commerce, d'agriculture, trucs du genre. Sinon, pour le coup, le reste du bus est plutôt silencieux. À part le bruit gras du moteur, pas grand monde ne l'ouvre. Peut-être qu'ils sont comme moi, à suer, à végéter, subissant ces interminables heures de trajet sur de vieux sièges en cuir qui couinent au moindre petit mouvement ?

13 Juillet 1995 - 18 h
Le lac. Il est là. Il est grand. Immense. Une mer. On n'en voit pas le bout. Alors que je descends du bus, je repense aux paroles de l'ancienne. Trouver cette fleur... Autour de ça, là !!! C'est maboule, c'est trop grand !
J'attrape l'alliance dans ma poche. Je me dis que je ferais mieux de remonter dans le bus, de partir direct, de rentrer en Europe. J'en ai marre, et mon tee-shirt sent la transpiration, le sel – si, je vous assure, le sel – ça sent quand il y en a beaucoup, ou trop, en l'occurrence.
Le soleil est encore haut, mais de lourds nuages obscurcissent le ciel. Ça va péter, et fort. Un bon orage des familles. Au moins, il fait un peu moins chaud.
Le chauffeur, il a dit qu'il y avait une « luguan » plus loin. Une auberge, quoi. Sauf qu'ici, on ne dit pas « luguan ». Parce qu'on est passé au Kazakhstan, et que chez les Kasak', ça parle pas trop chinois. Ça parle quoi, d'ailleurs ? J'en sais rien moi. Je connais pas le kasak. On va dire que ça parle anglais, hein ! Donc, qu'on va aller spending the night au Bed & Breakfast du corner, histoire d'être in shape pour demain.
C'est le désert autour du lac. Y a rien. Rien du tout. Que chi. Nada. Dormir au milieu du désert, c'est pas trop mon dada. Je trouve toujours que le silence y est assourdissant. Du coup, acouphènes pendant la nuit. C'est sûr.

18 Juillet 1995 - 18 h
Ça fait cinq jours, cinq putains de jours que je tourne autour de ce putain de lac à chercher cette putain de fleur. Vas-y que j'observe, que je regarde, que je pose des questions, que j'enquête que j'interroge. Mais y a rien autour de ce putain de lac ! Je passe mes journées à faire du stop, à m'arrêter, à chercher, à refaire du stop, à m'arrêter plus loin...
Le silence... Le vrai silence, vous avez déjà expérimenté ? Le vrai de vrai, hein, sans bruit parasite. Il y a toujours un truc qui vient l'ouvrir, même dans les endroits les plus reculés du monde. Un animal qui zone, un rocher qui bouge. Un coup de vent. Un ruisseau.
L'autre jour, je me suis un peu éloigné du lac. Parce qu'après presque cinq jours, le bruit des vaguelettes, j'en ai eu ma claque. Du coup, je suis allé faire un tour dans le désert à côté. Parce que le lac, il est comme ça. Planté au milieu de rien.
Je suis arrivé dans une sorte de clairière de sable, une vallée au milieu des collines, entre les dunes de pierre. Et là, pas un animal, pas un coup de vent... Pas une once d'activité quelconque. Rien. J'ai l'impression que pour la première fois de ma vie, j'ai expérimenté le silence. Le vrai. Vous savez quoi ? Ça fout grave les jetons.

19 Juillet 1995 - 11 h
Tout ça pour quoi, hein ?
C'est ce qu'elle me demande la fille qui vient de m'embarquer en voiture. Pas de clim dans sa caisse, que de la fenêtre ouverte. Donc, du vent. Et des questions embarrassantes.
— Pourquoi vous cherchez cette fleur ? Qu'elle me fait.
— C'est-à-dire que... C'est un peu compliqué. En fait, j'ai... Comment dire...
— Je vois, je vois.
— Vraiment ? Vous allez pouvoir m'expliquer alors...
Et on se sourit. Pour la première fois depuis des semaines, j'en tire un vrai, un sincère. Le partager avec quelqu'un, ça fait du bien.
— Comment vous en avez entendu parler de cette fleur ?
— Vous allez... Vous foutre de moi.
— Il y a des chances, oui. Mais dites toujours.
Je l'aime bien, cette fille. Je viens de le décider. En une demi-seconde. Son ironie me plait. Comme si elle mettait du double discours dans tous ses mots. J'aime bien, les doubles discours. Ça laisse des choses en suspens. Ça résout pas tout, ça laisse planer le mystère. Cette fille, tu sens qu'elle plaisante, mais pas tout à fait quand même.
— C'est une... Une vieille sur un marché.
— Ça veut dire quoi, ça une vieille.
— Ben, une vieille. Pas jeune quoi.
— Genre, comme moi ?
Je la regarde, du haut de sa trentaine bien tassée, elle a des yeux noirs rieurs et pétillants. Comme si son regard lui aussi ironisait.
— Non, pas comme vous, non.
— Vous avez déjà vu, les plus âgés, dès qu'ils ouvrent la bouche, on les écoute. Toujours. C'est dingue, hein ?
— Ils ont vécu plus de trucs. Ils ont plus d'expérience.
— L'expérience, ouais. Pourquoi elle vous a envoyé là votre vieille ? Vers cette fleur ? Ici, autour de ce lac...
— Euh...
Ben merde alors. C'est vrai ça. Pourquoi ? Je suis parti bille en tête, mais... pourquoi je suis là ? Dans la voiture de cette fille ? Autour de ce lac ? À ce moment-là, il n'y a qu'une réponse qui me vient en tête :
— Pour m'aider.
— Vous aidez à quoi ?
— En général...
— Ah oui. Parce... Vous avez besoin d'aide... En général.
— Faut croire.
On reste silencieux. On médite sur ces belles paroles. Et en même temps, c'est si con que ça, d'avoir besoin d'aide « en général » ? Je suis pas certain. C'est vrai, des fois, on est tellement paumé, on sait pas pourquoi ni par où prendre le truc. Ben voilà. Là, je vais commencer comme ça. « En général ».
Le lac n'en finit pas. Balkhach, c'est un mastodonte de six cents bornes de flotte en longueur. Vous imaginez ? Un lac de six cents kilomètres... Moi, j'arrive pas à imaginer. Non, franchement, six cents bornes... Et trouver une fleur autour du bousin ? Bonne chance.
— Ça vous embête si je vous accompagne ?
— Où ça ?
— Ben, chercher la fleur.
— La fleur ?
— Oui.
— Vous voulez chercher la fleur avec moi ?
— Oui.
— Pourquoi ?
— Quelque chose qui aide « en général »... Pour tout vous dire, ça m'embêterait de passer à côté.

21 Juillet 1995 - 12 h
Elle s'appelle Elena. Et Elena, ben, c'est une femme. Ça, ça n'étonne pas trop. Jusqu'ici, j'arrive à suivre. Au niveau purement anatomique, il n'y a pas trop de questions à se poser. Sa pomme d'Adam, on peut la chercher longtemps. On la trouvera pas. Parce qu'elle en a pas. Parce que c'est une femme.
Sa voix aussi. Elle est un peu grave, c'est vrai. Mais elle a ce grain de légèreté, comme si elle déposait chaque mot sur un nuage avant de l'envoyer. Un nuage bien chargé, peut-être ceux qu'on trouve dans les ouragans, parce qu'Elena, c'est une tornade, aucun doute là-dessus. Quand elle est là, ça déménage. Mais bon, quand même, ouais, ses mots, elle les met un peu sur son nuage avant de les sortir. Et oui, pour moi, ça, ça m'évoque une femme.
Et puis, il y a aussi ses... Vous n'allez pas me forcer à le dire, si ? Bon, OK, voilà. Il y a ses seins. Définitivement, c'est pas des trucs qu'on trouve chez les mecs. Pas avec cette taille en tout cas. Après, moi, j'ai jamais été forcément ultra fan des gros... J'aime bien ceux qui sont juste un peu là, histoire de dire : « Eh oh ! On est là quand même ! » Mais bref, j'ai pas envie de partir sur des considérations... Voyez. Ça reste perso ces trucs-là.
Tout ça pour dire que oui, Elena, au sens purement physique, pas de doutes, c'est bien une femme.
Mais quand je dis que c'est une « femme », c'est pour autre chose. Comme quand on dit de quelqu'un, lui c'est un homme, un vrai. Ça, typiquement, ça veut rien dire. Un homme, un vrai, ça n'existe pas. Parce que ça voudrait dire qu'il faudrait définir un faux. Et puis, un homme faux, ça serait quoi, hein ? Enfin, un homme qui est faux, ça existe. Des gens faux, on en voit tout le temps. On dirait plutôt un faux homme, dans ce cas précis. Merde, mais en même temps, un faux homme, c'est bizarre...
Qu'est-ce que je raconte... C'est Elena, elle me fait dire n'importe quoi, même dans ma tête. Quelle femme...
Oui, voilà, parce que j'y reviens. Elena, c'est une femme. Une vraie. Voilà, c'est dit. Ça veut dire quoi, ça... Eh bien, j'en sais rien. Je crois que c'est un truc qu'on sent, non ? Elena, elle incarne sa féminité. Pas au sens où on pourrait le croire. Non, elle incarne, tout simplement. Dans ses mots nuages, ses gestes grandiloquents, ses yeux... Elle est là. Dans son corps. Elle incarne ce qu'elle est. Putain, ça veut rien dire ce que je bave dans ma tête.
Un nid de poule. La voiture d'Elena fait un boucan quand elle roule. Truc de fou. Y a tout qui vibre là-dedans. Ça fait deux jours qu'on roule autour du lac. La fleur de la vieille, on la cherche même plus. On fait que rouler. On regarde, on parle, on visite. On se pose, au bord du lac. On mange. On picole. On glande. On vit quoi...
L'autre jour, on s'est arrêté le long du lac, on a bouffé au bord de l'eau. De l'autre côté, on voyait des arbres. Un semblant de forêt. En fait, j'ai demandé à Elena de me lire ce qu'il y avait dans son guide touristique du Kazakhstan. Le lac, elle me dit, il a genre sept rivières qui se jettent dedans. Et toutes, elles arrivent par le sud. Le sud... Ouais. Et nous, on a choisi de faire le tour en commençant par... Le nord !
Et au nord, eh ben, il y a rien. Rien de rien. Sauf qu'on découvre ça que maintenant. On est nul. Donc, autour de nous, c'est le grand rien. Des fois, t'as quelques oiseaux qui passent au-dessus ; Elena, pour rire, elle me dit que ce sont des vautours, qui sont là au cas où on meurt en cherchant une fleur qui n'existe pas. Elle dit que c'est une blague, qu'il faut pas faire gaffe. Parce qu'elle voit bien que maintenant, je ne peux plus enlever mes yeux de ces vautours...

22 Juillet 1995 - 16 h
Tout à l'heure, avec Elena, on faisait une pause de sa Jeep pour faire une petite activité pratique « recherche de la fleur autour du lac ». Au bord de l'eau, on a croisé un type. Le mec était à pattes, avec un sac à dos. Il baragouinait une langue qu'on connaissait pas. Je ne savais pas d'où il venait, ni où il allait. Il avait la peau attaquée par un truc. On aurait dit du sel. Genre, le gars s'est exposé aux éléments pendant des jours et des jours sur la mer. Donc, ça peut pas être ici : l'eau du lac, elle est pas salée pour un clou.
Il nous a parlé, on a rien capté. Juste, il a commencé, là, au bord du lac, sur le sable, à ouvrir son sac et à déballer des machins. Et on a compris. Le type a sorti un bout de barbaque. Un truc qu'il venait de chasser ? C'était en lambeaux, impossible de savoir ce que c'était. Puis il a sorti une sorte de marmite et il a improvisé un ragoût. Claque, là, comme ça.
Nous, on est resté, parce que clairement, si on ne comprenait rien à ce qu'il disait, le gars nous a invités à manger avec lui, c'est clair.
Avant de prendre la première bouchée, avec Elena, on s'est regardé. Je crois qu'on s'est dit tous les deux qu'on allait y passer, mourir d'une intoxication alimentaire foudroyante. Mais finalement, ensuite, ça nous a fait rire. Et puis, on a croqué.

23 Juillet 1995 - 18 h
La fleur, je sais même plus à quoi elle ressemblait. J'essaie de me la dessiner dans la tête, mais nada. Ça vient pas. Elle était bleue, ça c'est sûr... Mais le reste. Du coup, je commence à me poser des questions. Je sais plus trop ce que je suis en train de faire. Avec Elena, on continue de tourner autour de cet interminable lac, à rouler dans le sable, dans les grandes étendues embrasées par le soleil couchant... À regarder, l'un à côté de l'autre, épaule contre épaule, sans un bruit, la levée du jour. Mais non de Dieu, qu'est-ce qu'on fout là ?
L'alliance, je l'ai perdue. Voilà. Je m'y accroche depuis des mois, sans jamais la garder loin de moi. Et là, bam. Perdue. Et j'en ai rien à foutre.
Elena vient de me dire qu'il y a une auberge, un peu plus loin, le long du lac. Elle l'a vue dans son guide touristique du coin. Elle est russe, Elena, mais c'est le seul truc que je sais sur elle. Et en plus, ce n'est même pas elle qui me l'a dit. C'est juste que son guide, ben, il est en russe.
Bon, si je résume : on tourne autour d'un lac, à la recherche d'une fleur dont je ne me rappelle plus la gueule, et tout ça, sans vraiment la chercher. Autant dire qu'on est plutôt mal barré.
Je regarde Elena. Elle a des yeux de fou. Croyez-moi. Les trucs sont noirs, mais genre, ultra noirs, et autour son iris est jaune vif. C'est très beau. Il faut le voir pour le croire. Quand je les regarde, je me dis que ses yeux, on dirait presque une...
Putain ! Voilà ! C'est ça ! C'était à ça qu'elle ressemblait la fleur de l'ancienne. Aux yeux d'Elena ! Je m'en rappelle maintenant. La fleur, je la revois dans la paume de la chamane : le cœur était noir, il y avait une couronne jaune autour, et après, les pétales bleu vif.
Dit comme ça, ça fait un peu cul-cul quand même. Genre, la fleur que je devais trouver, c'était Elena. Su-per. Dans le genre roman à l'eau de rose, ça se pose là.

24 Juillet 1995 - 13 h
OK. J'ai jamais été croyant, j'ai jamais vraiment cru à tous ces trucs divins. Pour moi la spiritualité, c'est... comment dire... ça me passe au-dessus. Sauf que bon, là, il se passe des trucs, pardonnez-moi, mais pas très catholiques.
Hier, quand j'ai vu les yeux d'Elena, ouais, c'est vrai, j'y ai vu la fleur. OK. Très bien. Alors oui, c'était joli, la coïncidence, tout ça, on va pas se mentir. Ça fait rire deux minutes, on se dit que quand même, la vie, elle est bien faite. Ouais, elle est bien faite. Et puis bon, ça fait une belle histoire. Le coup de la fleur, de la fille rencontrée sur la route, avec les yeux qui vont bien...
Mais là ! Ah non ! Je ne suis pas d'accord. Au bout d'un moment, ça va bien !
Parce que figurez-vous... Elena, ce matin, elle a quitté notre chambre. Je vous vois venir, mais non, il ne s'est rien passé. On avait une chambre pour deux, oui, mais deux lits séparés.
Donc, je disais, Elena elle est partie sans prendre de café. Elle a disparu pendant quoi... Une heure. Quand elle est revenue... La meuf, elle s'était teint les cheveux ! Ouais. Parce qu'apparemment, à l'accueil de l'auberge, il y avait un petit magasin qui vendait des trucs. Dont des couleurs pour les tifs. Et ben Elena, elle s'est pas démontée. Elle a acheté. Ouais. Vous me voyez venir ?

25 Juillet 1995 - 15 h
Je n'y tiens plus. Il faut que ça sorte :
— Dis, Elena.
— Oui ?
Elle me répond sans trop me répondre, elle est trop concentrée sur la route à éviter les trous sur le sentier, histoire de pas flinguer un pneu.
— Pourquoi est-ce que tu t'es teint les cheveux en bleu ?
— Je trouvais ça marrant.
— Marrant, ouais... C'est le mot.
— Tu... t'aimes pas ?
— C'est pas que j'aime pas...
— C'est quoi alors ?
— Ben...
— Oui ?
— C'est...
— Mais encore ?
— Tu vois, je trouve ça...
— Putain, t'es vif aujourd'hui toi !
— Non mais tu vois...
— Bon, t'accouches ! C'est quoi ton problème avec mes cheveux ?
— Ça fait fleur. Voilà.
— Fleur ? T'es con ou quoi ?
— Con, con...
— Ça va, c'est bleu. Bleu ! Et alors quoi ? Les filles qui sont blondes, elles ont toutes des gueules de jonquilles ?
— Euh... non.
— Et les rousses, alors ? Elles doivent toutes aller se faire vendre aux marchés à tulipes à Amsterdam ?
— Non. Non plus, non.
— Bon alors ! Et celles qu'on les cheveux noirs, hein ? Tu...
— Je quoi ?
— Rien, j'arrive pas à trouver là. Si ! Voilà ! Tu trouves qu'elles ressemblent à des roses noires ?
— Des roses noires ?
— Non, mais laisse tomber, j'ai pas trouvé de bon exemple. Change pas de sujet !
Je souffle, parce que... Je sais bien que si je continue, la discussion va partir dans une direction particulière. Et je suis pas certain d'avoir envie. Mais, elle insiste :
— Alors, quoi ?
— Bon, voilà. Écoute, Elena... La fleur de l'ancienne, elle était bleue, d'accord ? Et au centre, elle avait une couronne jaune et un cœur noir.
— Ouais, et...
— Eh ben... Comme tes yeux.
— Ah...
— Ouais. Ah.
— Ouais...
— Ouais, ouais, ouais.
— Bon.
Elena se range sur le côté. Elle se gare. Elle ne dit rien. Elle regarde le ciel, à travers la vitre. Elle tape des doigts sur le volant. Elle fait des petits bruits avec sa bouche. Elle regarde sa montre. Elle me regarde. Elle regarde à nouveau dehors. Elle regarde sa montre. Et là, elle me dit :
— Tu sais que... Ton histoire de fleur, là. Ben... ça m'a flingué toutes les vacances que j'avais prévues. On s'en fout, hein... Au contraire, c'était... bien. Mais bon, avant toute cette histoire de fleur, toi, t'allais où, hein ?
— En Europe, chez mes parents, je réponds.
— OK.
— En France. À Paris.
— OK.
Elle regarde sa montre. Elle regarde dehors. Elle me regarde. Elle regarde sa montre. Elle regarde son guide touristique écrit en russe. Elle regarde sa montre. Elle me regarde. Moi, je pourrais la mater des heures, juste à la voir sauter du regard, d'un truc à l'autre. Et là, elle me dit :
— OK. On y va.
— Où ça ?
— Ben, à Paris. Chez tes parents.
— On y va... Tu veux dire... Tous les deux.
— Ouais.
— Chez mes parents.
— Chez tes parents.
— Chez mes parents... La maison, là, en banlieue, qu'est à des milliers de kilomètres d'ici.
— Ouais.
Je la regarde. Elle me regarde. En fait, c'est simple. Pas grand-chose à faire. Pas grand-chose à dire. Deux lettres, ça suffit. Du coup, je les lui dis, ces deux lettres.
— OK.
Et elle redémarre. Elle avance, dans le gravier, vers... Vers Paris. Apparemment.
— Ça sert à rien de rester là, non ? Puisque tu as trouvé ta fleur.
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Romain MERCY · il y a
Très beau texte, je vous invite à cliquer pour voir aussi mon œuvre: Une vie naissante (Romain MERCY)
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Utilisateur désactivé · il y a
J'adooooooooooooooooooooooooore!
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Kruz BATEk Louya · il y a
Bravo 😀. Un récit assez captivant...
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JH C · il y a
Félicitations :)
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Utilisateur désactivé · il y a
Une histoire vraiment géniale !
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Yanisley E. · il y a
Ah les textes longs! Je n'arrête pas de dire que c'est bien... Il faut les 16 minutes pour s'accrocher au texte et le suivre jusqu'au bout. A noter tout de même l'exploit de parcourir 600km dans le même temps. On attend le récit de la route du retour chez les parents. Bravo Jonathan!
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Nathalie Anne Vignes · il y a
Bravo !! J'ai adoré !!
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Christian CUSSET · il y a
Ouah ! Quel texte ! La première personne, le cadre, les dialogues, la quête, la fleur, tout est réussi ! Un prix mérité.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Christian, dans le genre beau retour, le votre se pose là ! Un peu comme l'éponge :)
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Jonathan Carcone · il y a
De rien, merci à vous ;) !
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Fred Panassac · il y a
Je ne l’avais pas dit, mais les 16 minutes passent très vite à la recherche de la fleur bleue. J’avais énormément aimé cette quête, je vous félicite, Jonathan, pour votre prix du jury bien mérité !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Fred, je suis heureux de vous avoir embarqué dans ma quête de fleur. Peut-être avec plus d'envie que le héros :)
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Christellle P · il y a
merci pour ce bon moment de lecture
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Jonathan Carcone · il y a
Merci à vous de lui avoir accordé du temps :)
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Viviane Fournier · il y a
je découvre et j'aimmme ... Bravo à vous !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Viviane :)
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Annabel Seynave- · il y a
Félicitations pour ce très beau texte, et ce prix !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci beaucoup, je suis heureux qu'il vous ait plu :)
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Jonathan Carcone · il y a
Merci ! Merci !
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Alice Merveille · il y a
Bravo Jonathan !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Alice, je suis trop heureux :)
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Lyne Fontana · il y a
Félicitations !
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Phil Bottle · il y a
Bravo pour cette victoire Jonathan!
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Jonathan Carcone · il y a
Merci beaucoup, je suis super heureux !! Merci de votre confiance
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Keith Simmonds · il y a
Félicitations pour ce prix du Jury !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci beaucoup Keith !
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Michel Dréan · il y a
Good game Jonathan !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci ! It won !!
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_ azo · il y a
L'aventure c'est l'aventure, ce n’est pas louche et bien ficelé.
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Jonathan Carcone · il y a
Bien ficelé, j'ai essayé, ouais ! Merci :)
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Isabelle Levy · il y a
On suit votre héros dans son errance avec beaucoup de plaisir Mon soutien
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Jonathan Carcone · il y a
Merci pour votre soutien, grâce à vous, je fais partie des lauréats :)
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Isabelle Levy · il y a
J'en suis ravie C'est bien mérité Jonathan Bravo!
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Chantal Carcone · il y a
super bien ficelé , on aurait envie d'être à sa place . un bon petit moment de lecture, beaucoup de plaisir à lire .
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Jonathan Carcone · il y a
Merci beaucoup!!!!
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François B. · il y a
Une road-nouvelle très réussie.
Comme j'aime beaucoup, je critique quelques détails. Je ne vois pas ce qu'apportent les mentions des dates ; je pense qu'au contraire il aurait été préférable de laisser le lecteur perdre la notion du temps. Et j'aurais allégé quelques passages.
Mais mon soutien

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Jonathan Carcone · il y a
Merci pour votre soutien et vos retours! Je note :)
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Mireille Bosq · il y a
Aussi évident que l'Amour!
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Pat Vermelho · il y a
... doit être surpris. Peut-être un soupçon lors de la description des yeux, noire bordée de jaune, encore qu'on est déjà vers la fin. Très belle romance qui sort des entiers battus. Mes 4 voix.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Pat, plus que sur la surprise, j’ai voulu jouer avec un heros qui n’accepte qu’à contre coeur la romance qui se presente a lui, tellement evidente qu’elle en devient… :)
Merci pour votre soutien!!!

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Pat Vermelho · il y a
C'est vrais qu'en lisant, en dévorant plutôt, j'y ai pensé. Peut-être parce que j'écris moi aussi (le type se souffle sur les doigts en regardant le ciel), l'idée que la fille devait être cette fleur m'a traversé l'esprit, comme une fulgurance. Mais un lecteur lambda
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Manuel Sartrault · il y a
Belle histoire bien foutraque. J'aime.
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Jonathan Carcone · il y a
Voila exactement ce que j’aime comme retour!
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Fid-Ho LAKHA · il y a
Des hésitations, des interrogations , des errements et des râlements …Du comique aussi …Mais putain , quoi , il l’a trouvée sa fleur ! Mes voix et merci pour ces moments !
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Guy Bellinger · il y a
Une histoire d'amour originale dans un contexte inattendu contée dans un style alerte par un narrateur rétif à l'eau de rose (noire ?), ça ne se refuse pas, non ?
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Jonathan Carcone · il y a
Voila! Exactement ce que je voulais faire passer comme feeling :)
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Loufoc Langlois · il y a
Une sorte de route de la soie pour un chemin vers soi, en quelque sorte. Tu dois avoir une belle âme Jonathan. Bravo !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Loufoc Langlois! Je ne sais pas pourquoi, mais je crois savoir qui vous êtes :)
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Fred Panassac · il y a
La quête de la fleur bleue sur les routes de Chine et du Kazakhstan s’est avérée aussi romantique que celle de son ancêtre novalienne.
Un conte qui invente la vie !
Je découvre et j’ 💖

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Jonathan Carcone · il y a
Merci ! Le romantisme subi, c’est le beau thème de cette histoire :) merci de votre soutien
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Sandra Dullin · il y a
J'ai aimé le ton et l'ambiance de ce périple original à la recherche d'une fleur.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Sandra, moi aussi j’ai cherché ma fleur dans ce texte :) merci de votre soutien
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Jonathan Carcone · il y a
Merci bpc Chantal!!!
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Joëlle Brethes · il y a
Je ne peux que confirmer mon soutien à ce joli récit !
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M. Iraje · il y a
OUPS ... ! Un très grand moment. Vers la fin, je cherchais aussi. Un très graAnd coup de ♥ matinal pour cette écriture si particulière qui fait perdre toute notion de temps.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci! Un très grand moment ? Je n’en espérais pas tant, je suis content de vous avoir donné ce moment hors du temps :) merci de votre soutien
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rafik chabbi · il y a
Bon... un texte... putain 16 mn ! j'y vais ? j'y vais pas ? J'y suis allé. Merci !
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Jonathan Carcone · il y a
Et voilà! Vous y êtes allé! Et j’en suis heureux :) content que vous ayez aimé mon histoire !!
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Mome de Meuse · il y a
Je découvre votre texte et je soutiens chaleureusement.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci bcp pour votre soutien!
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Jean-Louis Blanguerin · il y a
Toutes les histoires d'amour ne sont pas gnangnan, la preuve !
Bonne finale !

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Jonathan Carcone · il y a
Ah!! Merci!! Exactement !!
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Mitch31 M · il y a
Merci pour ce voyage. J'adore.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci! Ca me fait plaisir d’avoir reussi a vous embarquer
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Ginette Flora Amouma · il y a
Bonne finale , Jonathan.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci bcp Ginette
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NhiBarte BARTE · il y a
Pour une fleur....
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Murielle Gonzalez Foulquier · il y a
Merci Jonathan ! tu m'as fait voyager l'espace d'un instant et je me suis laissée porter par cette jolie nouvelle et de plus tintée d'humour, tout juste ce qu'il faut! Un grand bravo !!
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Jonathan Carcone · il y a
Merci murielle, je suis content d’avoir réussi à t’embarquer dans mon voyage :) merci pour ton soutien !
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Lyne Fontana · il y a
Voyage, dépaysement, amour, un brin de fantastique. Merci de nous avoir embarqués. Encore une fois, cette histoire me fait regretter l'abandon des formats longs qui laissent le temps de poser atmosphère et décor.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Lyne, les formats courts poussent à trouver des moyens originaux pour poser une ambiance :) merci de votre soutien!
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Patricia Destrade · il y a
J'aime bien votre désert avec le silence qui s'ouvre et les bêtes qui zonent. Et j'aime bien votre écriture qui n'a pas l'air de se prendre au sérieux.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Patricia :) qui n’a pas l’air, c’est vrai! Laissons un peu d’instinct venir dans tout ça :)
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Alice Merveille · il y a
Je découvre avec grand plaisir ce texte qui nous emmène avec originalité vers 🌻... bonne finale Jonathan !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci bcp alice!!
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Phil Bottle · il y a
Un étrange road moovie... Aussi long que le lac, mais on ne s'y ennuie pas... Mon vote pour cette finale. Au fait, pour l'alliance, c'est pas grave... Bon, reste que si c'est une russe, vous partez désormais avec un sacré handicap... Mais comme toutes les russes ne son pas des.... vous avez toutes vos chances.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci phil, toutes les chances pour la finale… je ne demande que ça ! Merci d’avoir soutenu mon texte
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Pauline Biscay · il y a
Bravo ! Récit très original et très bien écrit dans un style unique.
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Said Meziane · il y a
Un voyage au bout du monde...pour une fleur! Bonne chance
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Jonathan Carcone · il y a
Merci said! La fleur sera peut-être au bout de la finale
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Said Meziane · il y a
L'espoir est toujours permis.
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Zou zou · il y a
Mon soutien. '
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Joëlle Brethes · il y a
J'aime beaucoup votre joli récit !
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Joëlle :)
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Doria Lescure · il y a
récit très bien écrit et construit sur un sujet original et très bien mené dans une progression fluide et dans une tonalité légère et drôle. Les personnages sont denses, bien campés et on suit leurs étonnantes péripéties à la recherche d'une sorte de Graal qui va sceller leur rencontre. Un très bon moment de lecture.
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Jonathan Carcone · il y a
Merci Doria pour ce commentaire et pour avoir pris le temps de lire ma nouvelle ! Je suis heureux que vous ayez aimé !
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Mireille Bosq · il y a
Car, bien entendu l’amour se révèle ! Ce long voyage a rapproché les coeurs!
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Ginette Flora Amouma · il y a
Une autre façon d'écrire une love story .

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