Réponse au texte précédent

il y a
1 min
76
lectures
4
Madame Nuzzo,

Votre texte "O mores !" publié il y a peu sur Shortédition est affligeant.
Ne croyez surtout pas qu'il me choque, j'en ai lu, vu et vécu bien d'autres. Non, il me navre par sa mièvrerie et ses facilités.

Sous vos ambitions subversives, vous ne faites qu'enfoncer la porte ouverte d'un modèle éculé, où il faut avoir les gens qu'on aime sous son toit pour se sentir bien. AVOIR, tout est là. Ou plutôt rien n'y est. A part votre naïveté.

Le désir n'est pas une valeur constante, la réalité quotidienne (la fatigue, les contrariétés, les baisses de moral, les aléas de la vraie vie) le met parfois à mal. À part peut-être Catherine Millet, en son temps, bourgeoise bohème comme vous l'êtes sans doute, mais au souffle littéraire plus développé que le vôtre, on n'est pas disponible au sexe vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et c'est tant mieux. Désirer est bien peu.

Vous parlez du temps comme d'une matière étirable, à moins d'être rentière -comme vous l'êtes peut-être, il y a dans la vie d'autres contraintes que faire du "raku". Travailler, s'occuper de ses proches, se dévouer à d'autres qu'à soi-même, transmettre, ça vous dit quelque chose ? Le temps est la limite.

Dans votre nouvelle, tout est beau, tout va bien, il y a toujours au moins un homme disponible pour vous. Vous êtes-vous seulement demandée ce qui se passait quand ça n'était pas le cas, ce qui arrive assez souvent dans la vraie vie eu égard aux incontournables évoqués plus haut. Et bien Madame Nuzzo, l'on descend aux racines de la solitude et de l'abandon. Et plutôt deux fois qu'une. Je peux vous le dire : moi, je l'ai vécu. Être seul, il vaut mieux s'y faire. Il faut s'y faire mieux.

Vous avez une fluidité dans l'écriture, peut-être certaines facilités mais probablement plus de propension au ménage et à la cuisine qu'aux choses de l'amour. Quand on veut écrire une fiction sur un sujet qu'on ne maîtrise pas, la moindre des choses est de se renseigner, si ce n'est se documenter sérieusement. Je vous encourage vivement à ajouter cette contrainte à vos prochaines moutures : l'exigence. Et vous souhaite de réaliser vos fantasmes mieux que dans l'écriture.

Bon courage pour la suite,
Josépha Diremieux
4

Un petit mot pour l'auteur ? 8 commentaires

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Pierre-Hervé Thivoyon
Pierre-Hervé Thivoyon · il y a
Josepha 1 Ève 0.
La suite ?
Ça donne envie d un 10-0.

Image de Coutumier du Fait
Coutumier du Fait · il y a
:-)
(Comme dans la vraie vie : quand un truc me plaît et que je ne sais pas quoi dire, je souris.)

Image de Eve Nuzzo
Eve Nuzzo · il y a
Josépha Diremieux . il y a 1 jour
Merci Monsieur Dufait. Au moins vos écrits à vous sont francs du collier. Ils ne tournent pas autour du pot (de Raku).

Image de Nicolas Auvergnat
Nicolas Auvergnat · il y a
Pour le moment je ne sais que dire, ni que penser. Mais cette critique sévère est bien trop amère pour coller avec mon désir de partager le tian, la tarte aux pommes et le thé.
Non, ce serait plus de partager la belle bourgeoise sans se heurter aux émotions, à l'instinct de compétition, aux pulsions du ''Ça'' qui donnerait un goût de Thanatos à cette belle utopie. Encore que vu d'ici, je ne suis certain de rien...

Image de Eve Nuzzo
Eve Nuzzo · il y a
Josépha Diremieux . Il y a 1 jour
Monsieur Auvergnat, pitié, vous êtes un auteur estimable, ne vous y mettez pas vous aussi avec les clichés : belle bourgeoise ? Belle utopie ?

Image de Nicolas Auvergnat
Nicolas Auvergnat · il y a
Pour l'utopie, c'est vrai : elle n'est peut être pas si belle.
Quant à la bourgeoise j'ai des preuves.

Image de Brune Hilde
Brune Hilde · il y a
Madame Diremieux,
Je ne peux que vous féliciter d'avoir écrit ce que je pensais. Je pense avoir compris que cette petite neo campagnarde, delurée de partout est une intermittente du pestacle, qu elle ne vit que grâce à des subventions qu elle dépense en pommes, en siestes et en orgasmes. Je comprends votre aigreur madame Diremieux, moi non plus , j'en n'ai plus.
Mais reconnaissons que la petite sait écrire et agiter nos derniers hormones. Bref réjouissons nous pour elle. Et même si, comme moi, vous trouvez la péripétie délicate en fauteuil roulant, je suis sûre qu'elle s'en sortira. C'est une artiste.

Image de Eve Nuzzo
Eve Nuzzo · il y a
Je n'en attendais pas d'avantage de vous, Brune, me casser comme ça, au su de tous, c'est vraiment dégueulasse.
Pour le thé : Earl Grey ou Darjeeling ?