Ne paniquez pas

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Bonjour à tous et toutes. Moi, c'est AL, 55 ans, pas toutes mes dents à l'instar de mon clavier auquel il manque des touches (mais je me débrouille), venue par chez vous raconter des histoires  [+]

Vous venez, bien involontairement je vous l'accorde, d'entrer sur le territoire des Ombres. Que ce soit involontaire n'implique pas que c'était inattendu. Je comprends que pour le moment vous en soyez surprise. Je dis bien : pour le moment. Comme pour beaucoup d'autres arrivants je crains que vous n'ayez tout simplement pas compris que votre transfert ici se préparait depuis longtemps.

A votre droite vous trouverez la Maison de l'Affliction. Évidemment elle n'est pas très engageante : elle est construite de toutes les douleurs que vous avez ressenties. Les volets sont faits de migraines, le pas de porte est en entorse et les escaliers en arthrose. Ils sont difficiles à monter car chaque marche est un cri que vous avez poussé en soulevant un objet, en vous penchant pour en ramasser un autre, en sortant de la baignoire ou en portant vos courses.

En face de vous, le Parc des Amertumes. Les regrets y poussent comme du chiendent, les bancs sont inconfortables car taillés dans la mauvaise conscience, et dans le lac salé de vos larmes vous pouvez apercevoir les ailerons des requins-colère, qui se nourrissent de frustrations.

Sur votre gauche le Gouffre des Deuils. Ne vous approchez pas trop près, la vue donne le vertige. Vous ne pouvez pas en voir le fond, puisqu'il est par définition infini. A chaque perte,renoncement, désillusion il se creuse un peu plus.

Au dessus du gouffre ? C'est le Pont de l'Épuisement. Faites très attention en le franchissant, la rambarde très instable peut quelquefois céder d'un coup, et le tablier a tendance à se balancer dangereusement au dessus du précipice. Je vous déconseille d'aller dans cette direction.

Ne paniquez pas ! Si vous vous mettez à hurler vous allez attirer les Vautours Morticoles . Ce sont des bêtes bien laides, toujours à rôder alentour, leurs cris désorientent les effrayés et les poussent à fuir vers la Colline des Faux Espoirs. Oui, elle a l'air facile à escalader. Mais le piège, voyez-vous, c'est qu'une fois franchie vous serez de l'autre côté : c'est exactement comme ici, mais en plus grand. En pire.

Où est la sortie ? Ça, si on m'avait donné un centime à chaque fois qu'on m'a posé cette question...

La seule issue est vers le haut. Oui, dans ce ciel lourd de sombres humeurs, dont les nuages de solitude sont aussi solides qu'un fond de bouteille. Il vous faudra les traverser pour retrouver votre chemin. Mais je n'ai encore vu personne parvenir à en briser seul le plafond.

Oui, vous avez bien compris : le seul moyen de sortir d'ici, c'est de trouver de l'aide.

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Orane CP · il y a
nos ombres nous attendent aux tournants, rien ne sert de les éviter !
J'aime beaucoup votre façon originale et forte d'écrire sur ce "thème"

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Alraune Tenbrinken · il y a
Merci beaucoup Orane !
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Joëlle Brethes · il y a
Dur dur !!!
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Alraune Tenbrinken · il y a
Une déprime covidesque. J'ai essayé d'en faire quelque chose.
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Mickaël Gasnier · il y a
Rien ne sert de paniquer dans ces moments difficiles il en sort toujours du bon (avec du recul ) ... Et je sais de quoi j'parle !
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Ombrage lafanelle · il y a
Je renouvelle mon j'aime pour ce texte que je trouve fort original
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Alraune Tenbrinken · il y a
Merci beaucoup !