Le vagabond

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J'écris parce que l'homme et la nature de part leurs complexités me passionnent, c'est à travers mes poèmes que je tente modestement de dépeindre la vie avec toute ses contradictions, ses  [+]

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—La littérature c’est vraiment de la merde ! S’exclamait péremptoire un garçon, en s’adressant à son professeur de français, médusé du comportement de son élève. —Tu ne sais pas de quoi tu parles... Répliqua furieusement le professeur, tu ne te rends pas compte de toute la richesse que contiennent les pages d’un livre.
Bien évidemment, le garçon, avec toute l’insolence héritée de l’adolescence fit mine d’écouter, les yeux posés sur ses pensées, ses pensées portaient haut dans les cieux délirants de son existence...

Ce garçon était un vagabond, il cheminait sur le trajet de la vie telle une ombre désarticulée ; lassé de ce monde ennuyé, il empruntait les sentiers étroits, là où les sensations étaient fortes, là où son corps respirait et son esprit transpirait d’effervescence. Sans cesse, il bifurquait, quitte à tourner en rond, il ne voulait pas se contenter d’une route sobre et dépouillée.

Sur son parcours, il croisa d’abord ce professeur qu’il avait gentiment ignoré ; juste avant il avait laissé sur le bas côté ses parents et sa famille. Vint le tour de ce vieux monsieur, qui lui adressa avec autorité sa sentence.
—Travail, plutôt que de trainer comme un déchet !
—Je n’ai pas envie de troquer ma vie contre un salaire et d’être un esclave comme toi ! Le garçon partit, sans se retourner, en songeant «C’est vraiment un vieux con ! »
A force de s’aventurer toujours plus loin, il finit par rejoindre une jungle. Le garçon se sentait si seul chaque matin, quand l’aube blanchissait l’horizon et chaque crépuscule quand l’obscurité déposait son voile opaque, qu’il rejoignit une meute d’animaux sauvages. Sa vie devenait moins monotone. Il y’avait des épreuves à surmontaient, des combats à remportaient, des obstacles à gravir et des titres à conquérir : comme devenir chef de la meute, ou, gagner en prestige et en grade.

Dans la jungle le danger rôdait comme une bête sauvage, attendant le moindre écart de vigilance ou de faiblesse pour bondir. Le danger était désormais le cap, le frisson était la boussole, mais la destination restait un être désincarné... Parfois, des pièges parsemaient sur son chemin le fit tomber et ses os se fracturaient tout autant que son cœur, mais plus il souffrait, plus son sang coulait et plus il continuait. Il marchait encore et toujours vers sa destruction, quitte à laisser de côté les sentiers battus, à ignorer les rayons lumineux de son foyer. Le soir quand le ciel grondait de tonnerre, que tous le monde étaient abrités, lui vagabonder en poursuivant une ombre, une chimère en réalité, aux promesses futiles... Très vite, lui qui était auparavant le gibier, était devenu un chasseur. Plus il gagnait en expérience, plus le gibier devenait facile à piéger. Plus il traquait et plus il s’enfonçait dans cette jungle austère et profonde. Une jungle où dans son sein, soit tu es un traqueur soit tu es un traqué.

Un jour, alors qu’il s’éloigna de la meute, des policiers qui le recherchaient activement mirent la main sur lui. L’un deux le sermonna.
—Il faut respecter la loi ! C’est important si tu veux être une bonne personne.
—Je ne respecte que ce qui est vivant ! J’emmerde la loi et les bonnes personnes !
Le policier outragé ignora ses propos blasphématoires et conduisit le garçon dans sa cellule.
Enfermé, face à lui-même, contemplant le néant de sa condition, le garçon était une coquille vide. Il ne désirait rien, il ne voulait rien, si ce n’est peut-être mourir ?
A la sortie, son père désabusé, tenta de remorquer son fils sur la route droite et sobre. Il lui asséna :
—Qu’est ce que tu vas faire de ta vie maintenant ?
—Tu veux que je fasse quoi ? La vie n’a aucun sens ! Pourquoi ferais-je quelque chose de précis de ma vie ?! J’emmerde la vie !
Ainsi il repartit vagabonder.

Un soir ou il dormait à la belle étoile, cherchant l’asile d’un foyer chaud et n’ayant trouvé qu’une cave lugubre comme abri ; il tomba inopinément en fouillant dans le capharnaüm sur un carton remplit de livres. L’ennui l’atteignit à tel point qu’il se résolu à en feuilletés quelques uns. Parmi ses milliers de caractères qui ne l’inspirait guère que du dégoût, un seul retenu son attention. Il avait un titre provocateur, un titre obscure qui voilait plus qu’il ne dévoilait. « Etrange » Songeait-il. L’auteur avait semble t-il le désir d’écrire sans anonymat tout en masquant une part de son être. Le titre avait trouvait un écho dans son âme, une correspondance même... Ses quatre mots qui en temps normal n’auraient jamais du être associés, était belle et bien assemblés devant ses yeux ; ses yeux plus qu’il ne lisait, s’élevait, réfléchissait, s’extasiait. Dans le titre il y’avait un brin de luxure, de mystère, de divin, de blasphème, de provocation, de beauté, tant de couleur en l’occurrence contradictoire... Le garçon passa la nuit, éveillé, à scrutait chaque poème de ce livre.

Les jours qu’ils suivirent, plutôt que de retourner à la jungle il préférait lire. Ainsi, une routine et un équilibre s’installa dans sa vie. A tel point qu’il finit par rentrer chez lui afin de demander à ses parents d’autres livres et des explications sur les textes abscons qu’il lisait. Les années passèrent, la soif de lecture du garçon croissait sans fin. Ses parents étaient émerveillés : la littérature avait sauvé leur fils ! L’art avait belle et bien le pouvoir de sauver un être humain, concluait-il. Mais il manquait une pièce au puzzle, qu’elle était ce livre qui avait changé si profondément leur enfant ? Aussitôt que cette interrogation vint secouer la pensée de son père, celui-ci s’empressa d’aller questionner son fils.
—Quelle est ce livre, que tu as trouvé dans ce carton et qui ta fait autant changé?
—Les fleurs du mal.
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