Le long du canal

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Je suis ici sur les conseils d'un ami. J'écris beaucoup et j'aime ça. J'espère que vous prendrez plaisir à me lire  [+]

Se promener par un soir de brume au bord d'un canal en dehors de la ville, c'est peut-être tenter d'attirer le diable. Je suis une jeune femme plutôt jolie, alors les prédateurs potentiels pourraient s'en donner à cœur joie.
Que fais-je ici ?
Certes le brouillard n'est pas très épais. Je vois loin devant moi, mais les buissons alentour sont assez touffus pour receler un certain nombre de grands malades. Moi, avec ma petite jupette, limite ras de la touffe, ce soir je me fous de tout.
Je crois que mon but est justement de provoquer les secousses du malin. Lui, il peut apparaître sous diverses formes. Du jeune homme beau et attirant, au vieil aigri capable d'un dernier feu d'artifice avant le bouquet de l'extinction finale.
Ce soir, je n'ai peur de rien ni de personne.
Mon petit ami, Marco, vient de m'abandonner. Six ans de vie commune, et puis, une lubie lui a fait croire que je le trompais. J'ai eu beau lui dire qu'il affabulait, il n'a rien voulu entendre. Alors, je vais au-devant du feu et des flammes. Je ne suis pas ce qu'il croit. Je ne suis pas un ange, mais jamais je n'ai eu l'idée de le trahir, je l'aimais trop pour ça...
Tiens, une proie ! Voilà un homme à 12 h !
Plutôt grand. Plutôt mignon. Plutôt bien foutu. Il doit avoir la quarantaine à peine. Avec mes dix ans de moins ça devrait pouvoir coller.
Je m'arrête devant lui :
- Avez-vous avez du feu ?
Il me tend son briquet ! Je cherche désespérément mes clopes, et puis j'en trouve une toute fripée au fond de ma poche de manteau. Le type flaire tout de suite le "bon coup". C'est clair, je ne suis pas farouche aujourd'hui.
Je décide de prendre tous les risques. Je l'accompagne dans son antre de divorcé. Je ne regarde même pas la déco de l'appartement. Je m'en balance comme de ma première culotte.
- Je peux prendre une douche ?
Le gars semble étonné de voir la désinvolture avec laquelle je lui pose la question. A peine eut-il le temps de répondre, que mes fringues gisaient déjà par terre.
Je ressortis entièrement nue ! Ses yeux ébahis sont les seuls souvenirs que je garderais de cette escapade de petite salope provisoire. En effet, après avoir servi de zone d'amour imaginaire, je ne partageais pas ses cris et ses râles. Je n'ai rien ressenti, ou plutôt si, du dégout.
En vérité, je voulais jouir. Inconsciemment, j'attendais de sentir la même odeur, les mêmes caresses, le même vent de rêve qu'avec mon Marco. Au lieu de ça, rien que désillusions et des couleurs ternes et sans vie.
Désormais, je ne prendrais plus autant de risque, surtout pour si peu de plaisir.
Si on pouvait le croire depuis mon jour de naissance, maintenant je sais que je ne suis pas un ange.
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