Épidémie – Partie III – La ville (4/4)

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Je crée des univers de fiction que je fais vivre à travers des textes courts. Épidémie est une série catastrophe, imaginée à l'été 2018, dans laquelle l’humanité fait face à une  [+]

Épisode 10 – L’euthanasie

Vanessa Garland s’enferma à l’abri avec son équipe après la fuite des infectés. La police intervint rapidement, car on entendit des coups de feu à proximité. Les créatures représentaient un grave danger pour le reste de la population et il paraissait clair à présent que l’on ne pouvait pas les parquer indéfiniment dans des zones de quarantaine surpeuplées. C’était également l’avis du capitaine Marie Lebel, ce dont elle fit part à plusieurs reprises aux autorités politiques présentes dans la ville confinée.

Pour ce qu’on savait, les malades n’étaient plus eux-même après leur réveil et donnaient de nombreux signes indiquant qu’ils étaient morts, malgré l’activité anormale de leur corps. En l’absence de perspectives sérieuses de guérison, il fut décidé de procéder à leur euthanasie une fois la transformation survenue. Cette décision était principalement motivée par la nécessité de protéger la population de la ville, car les autorités sanitaires commençaient à craindre que la maladie ne se transmette, en définitive, à tous les habitants. Il n’y avait toujours aucun traitement.

Marie Lebel fut la première à mettre en œuvre cette politique, malgré les protestations de nombreux soignants qui se refusaient à donner la mort. Imposant son autorité pour préserver la sécurité de l’hôpital, le capitaine se rendit elle-même avec ses agents dans les pièces dédiées aux transformés. Méthodiquement, elle abattit toutes les créatures d’une balle dans la tête pour éviter le moindre risque de dérapage. Et les corps furent incinérés.

Épisode 11 – La traque

On tuait les infectés. La rumeur s’était rapidement répandue et aurait dû rassurer Léo Dorval, qui mesurait le danger représenté par ces créatures. Seulement, sa propre mère contracta la maladie après avoir mangé une viande contaminée, un mode de transmission rare. Il la vit développer des nécroses et se refusa à l’emmener à l’hôpital. Peut-être trouverait-ton bientôt un médicament capable de faire revenir les gens transformés. Lorsqu’elle perdit connaissance, Léo l’enferma dans une chambre où elle ne risquerait rien.

Le capitaine Marie Lebel avait fait de l’hôpital l’endroit le mieux contrôlé et le plus sûr de la ville. Cela lui valut de participer au plan de sécurisation des autres quartiers. L’idée était de fouiller chaque rue, chaque bâtiment, chaque pièce, chaque placard, pour étendre la zone sûre autour de l’hôpital et, de proche en proche, réussir à reconquérir toute la ville. L’armée avait enfin reçu l’ordre de participer aux opérations à l’intérieur de la ville, alors qu’elle était jusqu’à présent cantonnée à la sécurisation de la frontière avec le monde extérieur.

Une patrouille de « nettoyeurs » se présenta ainsi au domicile de Léo Dorval et ne lui laissa pas le choix que de se soumettre à la fouille. Bien sûr, ils trouvèrent la pièce où était enfermée sa mère et, malgré les cris de protestation et les pleurs, administrèrent à la femme une balle dans le cerveau. Le même soir, à la frontière de la ville encore fermée, deux individus se présentèrent depuis l’extérieur en tentant de pénétrer dans l’enceinte à travers la grille. C’était un couple d’infectés.

Épisode 12 – Le reste du monde

Le Dr Anthony Meric s’était transformé dans sa voiture en-dehors de la ville. Un couple de touristes s’était ensuite arrêté pour demander s’il avait besoin d’aide, ce à quoi il avait répondu par des coups de dents. Les deux touristes avaient tenté de se débattre, mais avaient fini par mourir au bout de leur sang. Après cela, Anthony avait erré dans la campagne et seule une vache retrouvée éventrée avait trahi sa présence. Il avait été tué dans un hameau par des habitants qu’il avait griffés, mais ceux-ci ne s’inquiétèrent pas de leurs blessures.

Ce n’est que le lendemain que l’armée eut connaissance de cet évènement, lorsqu’un des habitants détenu par la police se transforma dans la cellule de garde-à-vue et contamina tous les autres prévenus. Pendant ce temps, dans le hameau, on avait déjà perdu la trace des autres infectés. Puis, une maison de retraite fut attaquée par l’une de ces créatures, qui fit un véritable festin des pensionnaires. Après cela, la propagation du pathogène s’accéléra.

La situation à l’extérieur était hors de contrôle car la population, effrayée par les évènements et les rumeurs sur la ville, échappait à toute autorité. Ce furent bientôt des hordes d’infectés qui arpentèrent la région et de nouveaux foyers se déclarèrent un peu partout. Le régiment qui avait été déployé quitta ses positions pour se retrancher dans la ville qu’il surveillait autrefois. L’extérieur était devenu le danger et la quarantaine le refuge.
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