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Nous le voyons qui arrive la démarche souple ondulée, il remonte l'allée du jardin. Il se dirige vers la porte de notre cuisine qui donne sur le derrière de la maison. Papa le regarde venir une tasse de café à la main. Il est assez grand pour un chat de gouttière, oh pardon, on dit un chat européen. Son pelage noir est illuminé par un jabot blanc et des pattes blanches qui lui donnent un air de chat botté.
— C'est le chat de la voisine, dit maman
— Je ne l'ai jamais vu, dit papa
— Bien sûr, ce sont les nouveaux voisins. Ils ne sont là que depuis trois jours.
Le chat saute par dessus la barrière qui sépare la terrasse de notre potager. Il approche de la porte. Et se met à repérer les odeurs. Le nez frémissant et la babine supérieure retroussée, dans une grimace de dégoût.
— Ils sont zarbis, dit ma sœur.
— Qui ? lui demande maman.
— Les nouveaux voisins. J'ai vu le garçon, il a trois yeux rouges.
— Je ne veux plus que tu regardes les dessins animés de zombies, dit maman.
Le chat gratte à la porte.
— Je vous dis qu'il a les yeux rouges.
— Et moi j'ai vu leur chien, dit mon frère, il marche sur deux pattes...
Maman hausse les épaules, mange donc tes céréales au lieu de dire des bêtises.
Le chat frappe à la porte.
Papa lui ouvre, tous deux se regardent fixement dans les yeux
— Bonjour, dit le chat, je suis Zorgalub le chat de vos nouveaux voisins, auriez-vous du lait à nous avancer ? Ma patronne n'a pas eu le temps de faire les courses depuis notre installation.
— Bien sûr, dit papa, chérie donne donc un litre de lait aux voisins.
— Merci bien, dit le chat, pouvez-vous le déposer devant notre porte, je ne suis pas assez fort pour le porter. Bonne journée à vous.
— De rien, dit papa, à vous de même.
— Alors, dit ma sœur, vous voyez bien qu'ils sont zarbis
— Zarbis je ne sais pas, dit maman, timides oui sans doute, pour envoyer le chat à leur place.
— Surtout qu'il ne peut rien porter, dit mon frère.
— Oh bien alors ! Si on trouve normal que les chats parlent et que les garçons aient trois yeux rouges, plus besoin de cacher notre queue de lézard.
— Ni de mangez des flocons d'avoine, dit mon frère, je déteste les flocons d'avoine.
Ma sœur sort la langue, longue et bifide, et d'un coup précis gobe la mouche qui se promène sur la télé.
— Gourmande, dit mon frère, je l'avais vue avant toi !

PRIX

Image de Automne 19
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Chateaubriante · il y a
très drôle et bien menée ! j'aime ça
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Sandrine Michel · il y a
Complètement farfelu et j'aime ça !
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Chantal Noel · il y a
Mes voix pour ce texte un peu étrange.
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Marie-Françoise B. · il y a
Merci beaucoup
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Volsi Maredda · il y a
Merci :))
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Marie-Françoise B. · il y a
C'est moi qui vous remercie d'avoir lu mon texte, :-)
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David Ducrocq · il y a
Beau petit texte. Félicitations.
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Norsk · il y a
J'adore la dinguerie ambiante !
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Marie-Françoise B. · il y a
Merci à toutes et tous pour vos agréables commentaires. et pour vos voix.
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Mireille.bosq · il y a
Quel déclassement de trouver une nouvelle humoristique vraiment bien troussee ! +5
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Fredoladouleur ...! · il y a
Bizarroïde et louftingue ! Heu, je fais tourner la machine à laver, vous prendrez bien une tasse ? :-)
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Ginette Vijaya · il y a
On ne sait plus qui est le plus zarbi des deux !
Totalement atypique ! On est pris , accroché et on se demande comment s'en sortir ! !

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