"Arthémise De Lomvast", Chapitre I, Extrait

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Soyez les bienvenu(e)s et n’hésitez pas à commenter, critiquer, donner votre avis. L'écriture est à la fois un loisir, un travail, une passion... Mes quatre romans sont désormais en ligne et  [+]

La courte escale s’achève, l’équipage a terminé les préparatifs du bateau puis très vite vient le matin du départ. Pour cette traversée, ce sera le dernier appareillage, car jusqu’à l’arrivée à proximité de la colonie, ils n’apercevront plus aucune terre et le navire ne fera plus de halte.
Ainsi la majestueuse Frégate s’élance toutes voiles dehors et le vent des mers du Sud, bien établi mais toujours amical, pousse inexorablement le vaisseau vers sa destination finale.

Arthémise reprend ses activités à bord avec la même vivacité et une aisance ainsi qu’une espièglerie sans limites mais parfois elle aime demeurer assise et immobile sur le gaillard d’avant, juste à l’arrière du mât de beaupré; ses yeux émerveillés contemplent l’horizon lointain ainsi que les voiles triangulaires situées tout à l’avant, non loin de la proue, et qui recourbées sous l’effet d’un vent stable et soutenu contribuent à faire progresser le navire vers l’autre côté de ce large océan.
La jeune fille est comme fascinée par cette ambiance et n’a de cesse de regarder les focs et la voile civadière à la forme arrondie, dont elle ne connaît pas encore le nom, mais qui la fait sourire car celle-ci ressemble à des joues que l’on s’amuse à gonfler avant de souffler le plus intensément possible.

Elle commence à découvrir que l’océan est vaste et sans fin...
Quand la brume s’installe, le regard ne porte qu’à quelques encablures mais lorsque l’air est limpide et le ciel dégagé, elle voit apparaître une ligne extrêmement éloignée qui décrit un cercle tout autour du bateau, et cela lui donne l’impression que le navire est posé au milieu d’une immense assiette de couleur bleu marine.

A partir du moment où les dernières îles sont devenues invisibles depuis l’arrière du navire, elle a peu à peu réalisé que ce bateau, l’équipage, ses parents et elle-même n’ont jamais été aussi isolés du reste du monde. Jusqu’à présent et à intervalles réguliers elle avait pu apercevoir des côtes et des rivages mais dorénavant, même lorsqu’elle grimpe sur la hune, elle ne voit plus que l’infini de l’océan. Ainsi, au bout de seulement quelques jours, elle trouve ce spectacle monotone et finit par s’ennuyer. Alors, aidée par certains gabiers, elle apprend à faire des nœuds, des nœuds de toutes sortes; certains sont très beaux et d’autres sont particulièrement ouvragés. Ses mains encore petites sont agiles et ses doigts neufs se faufilent aisément entre les boucles. Elle parvient aussi à retenir leurs noms étranges et magiques qui lui font ressentir un parfum d’aventure et d’inconnu, tels le nœud de grappin, le nœud de brigand, le nœud de pendu ou encore celui de diamant...
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