Rimbaud

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Joël Riou · il y a
On ne peut qu'aimer un tel portrait ou se lisent la volonté, la détermination, la colère contenue ? Et ce regard clair embrassant l'avenir.
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Champo Lion · il y a
Hello Joël!
Tu as parfaitement cerné tout les sentiments contenus dans ce portrait.
J'ajouterais pour ma part que "le regard clair "annonce déjà l'aventurier du Hoggar!
Champolion

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Ginette Flora Amouma · il y a
Une adolescence tourmentée qui a engendré un génie .
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Alphonse Dumoulin · il y a
Je préfère Baudelaire, une sale con pourtant, humainement parlant. "Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige", un des plus beaux vers de la poésie française. Comme quoi ...
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Champo Lion · il y a
Hello Alphonse!
"Beaudelaire,un sale con!..."
Comme tu y vas! Dans le même esprit, Nietsche un dingo, Billie Holiday une droguée,Villon un délinquant...
Ou l'art de mettre l'étiquette qui réduit et tue.
Je disais un jour à quelqu'un mon amour du jazz...Il me disait détester cette musique et préférer la classique. Beethoven surtout...
J'insiste un peu et Je lui demande s'il avait déja entendu Ray Charles.
Il cherche un peu et dit:"Ray Charles...l'aveugle? J'aime pas!"
Je lui répond:"Dites-moi, Beethoven...c'est le sourd n'est-ce pas?"
Champolion

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Alphonse Dumoulin · il y a
L'un n'empêche pas l'autre. Il était imbuvable en société et odieux avec ses amis. Ses écrits sur les belges en général et leurs femmes en particuliers sont un modèle de méchanceté hargneuse. Bon, ceci étant, je reconnais bien volontiers que quiconque déteste le genre humain ne peut être foncièrement méchant.
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Chateau briante · il y a
Bonjour Alphonse
curieuse je suis, j'ai saisi "quel homme était Baudelaire ?" sur le moteur de recherche
réponse wikipedia :

1 - Idées politiques

Fortement influencé par Joseph de Maistre, dont il adopte en 1851 la lecture analogique de l’histoire comme signe d’une écriture providentielle, adepte d’un catholicisme aristocratique et mystique, dandy de surcroît, Baudelaire rejette les Lumières, la Révolution, la démocratie et la tyrannie de l’opinion publique.
Selon lui, « il n'y a de gouvernement raisonnable et assuré que l'aristocratique » car " monarchie ou république, basées sur la démocratie, sont également absurdes et faibles".

Il évoque l'ivresse que lui a fait éprouver la révolution de 1848, mais précise :
« De quelle nature était cette ivresse ?
Goût de la vengeance.
Plaisir naturel de la démolition. […]
Goût de la destruction ».
Le coup d’État mené par Louis-Napoléon dans la nuit du 1 au 2 décembre 1851 ne lui laisse plus aucune illusion :
« Le 2 décembre m’a physiquement dépolitiqué » écrit-il à Narcisse Ancelle le 5 mars 185268.
Il écrit : « Politique. - Je n'ai pas de convictions, comme l'entendent les gens de mon siècle, parce que je n'ai pas d'ambition ».

Pessimiste, il dénonce l’absurdité de l’idée de progrès et l’hérésie moderne de la suppression du péché originel.
L’homme éternel n’est que « l’animal de proie le plus parfait ».
De là procède la violence polémique de ses textes (notamment les derniers), le sentiment de l’inéluctable décadence, la conviction de la victoire du satanisme ainsi que des affirmations comme :
« Il n’existe que trois êtres respectables : le prêtre, le guerrier, le poète. Savoir, tuer et créer »
et il ajoute :
« Les autres hommes sont taillables et corvéables, faits pour l'écurie, c'est-à-dire pour exercer ce qu'on appelle des professions ».

Dans "Pauvre Belgique", il rapporte :
« On me dit qu’à Paris 30 000 pétitionnent pour l’abolition de la peine de mort. 30 000 personnes qui la méritent ».
Dans "Mon cœur mis à nu", il explique que la peine de mort « a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable »
et précise :
« Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu'il y ait assentiment et joie, de la part de la victime.
Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le Paradis ».

Dans « Entre Bainville et Baudelaire », Maurras saluait en Baudelaire l’admirateur de Maistre qui, :
« dans la faible mesure de l’attention donnée à la vie civique, [avait pris parti] contre tout ce qui ressemblait à la voix du peuple et au suffrage universel.
Chrétien bizarre, tourmenté, dissident, il n’en professait pas moins les dogmes les plus opposés à ceux du Vicaire savoyard, tels que la bonté naturelle de l’homme ou l’utilité publique d’une volonté générale ».

2 - Baudelaire jugé par quelques contemporains

Le 13 juillet 1857, Gustave Flaubert remercie Baudelaire en ces termes pour l’envoi d’un exemplaire des Fleurs du mal :
« … depuis huit jours, je le relis, vers à vers, mot à mot et, franchement, cela me plaît et m’enchante.
— Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme.
Vous ne ressemblez à personne (ce qui est la première de toutes les qualités).
L’originalité du style découle de la conception.
La phrase est toute bourrée par l’idée, à en craquer.
— J’aime votre âpreté, avec ses délicatesses de langage qui la font valoir, comme des damasquinures sur une lame fine. […]
Ah ! vous comprenez l’embêtement de l’existence, vous ! […]
Ce qui me plaît avant tout dans votre livre, c’est que l’art y prédomine.
Et puis vous chantez la chair sans l’aimer, d’une façon triste et détachée qui m’est sympathique.
Vous êtes résistant comme le marbre et pénétrant comme un brouillard d’Angleterre ».

Barbey d’Aurevilly souligna dans "Les Fleurs du mal" :
« la réussite des détails, […] la fortune de la pensée, […] le luxe et l’efflorescence de la couleur », mais surtout « l’architecture secrète, un plan calculé », concluant que Baudelaire n’avait que deux voies à suivre après l’écriture d’un tel recueil :
« Se brûler la cervelle… ou se faire chrétien ! »
Il lui écrivit une lettre dithyrambique et drolatique, où il le qualifiait d’ « ivrogne d’ennui, d’opium et de blasphèmes ».

Victor Hugo lui écrit en octobre 1859 :
qu’il ne partage pas sa vision de l’art pour l’art, lui préférant « l’art pour le progrès », mais reconnaît qu’il donne à la poésie une force neuve :
« Vous dotez le ciel de l’art d’on ne sait quel rayon macabre. Vous créez un frisson nouveau ».

Leconte de Lisle, le 1er décembre 1861,
s’émerveille de voir comment, dans la poésie des "Fleurs du mal", « tout concorde à l’effet produit, laissant à la fois dans l’esprit la vision de choses effrayantes et mystérieuses, dans l’oreille exercée comme une vibration multiple et savamment combinée de métaux sonores et précieux, et dans les yeux de splendides couleurs ».
Comme d’autres, il est sensible à l’originalité de l’œuvre « marquée du sceau énergique d’une longue méditation ».

Sainte-Beuve situe l’œuvre de Baudelaire
« à la pointe extrême du Kamtchatka romantique » et voit en l’auteur le représentant parfait de ces cercles littéraires « où l’on récite des sonnets exquis, où l’on s’enivre avec le haschisch pour en raisonner après, où l’on prend de l’opium et mille drogues abominables dans des tasses d’une porcelaine achevée ».

Théodore de Banville parle de la publication des "Fleurs du mal" et de leurs « courts chefs-d’œuvre » comme d’un « véritable événement littéraire ».

Paul Verlaine juge les poèmes des "Fleurs du mal" comme
« la quintessence, […], la concentration extrême » de ce qui fait « l’homme moderne, avec ses sens aiguisés et vibrants, son esprit douloureusement subtil, son cerveau saturé de tabac, son sang brûlé d’alcool, bref cet échantillon d’humanité qu’il appelle « le bilio-nerveux par excellence » ».

Théophile Gautier dit de lui, en 1868, que :
« ce poète que l’on cherche à faire passer pour une nature satanique éprise du Mal et de la dépravation […] avait l’amour du Bien et du Beau au plus haut degré ».

. D'autres, en revanche, jettent sur l'œuvre et l’homme des commentaires au vitriol.

Ainsi, pour les Goncourt,
Baudelaire appartient au cercle des « épaffeurs cyniques », proférant en public d'énormes obscénités.
Ils le croisent, deux mois après le procès d’août 1857, et en laissent le portrait suivant :
« […] Sans cravate, le col nu, la tête rasée, en vraie toilette de guillotiné.
Une seule recherche : de petites mains lavées, écurées, mégissées.
La tête d’un fou, la voix nette comme une lame.
Une élocution pédantesque ».
Ils ajoutent qu’il « se défend, assez obstinément […] d’avoir outragé les mœurs dans ses vers ».

Louis Edmond Duranty qualifie le poète de :
« croque-mitaine littéraire » au talent surfait « qui emploie les niaiseries du mystère et de l’horreur pour étonner le public ».

Jules Vallès n’a vu en Baudelaire :
« qu’un fou », « un fanfaron d’immoralité » créateur d’un monde où « les anges avaient des ailes de chauve-souris avec des faces de catins ».

Un certain Louis Goudall s’étonne, dans Le Figaro du 4 novembre 1855, que :
« Baudelaire [ait] réussi à se faire passer dans le monde des lettres pour un poète de génie » quand on voit comment, à la publication de ses poèmes, sa « réputation et [son] talent […] se brisèrent en mille pièces », ajoutant :
« Je défie bien la postérité d’en retrouver un morceau ».
Comment pourrait-il en être autrement, explique-t-il, devant l’« inspiration puérilement prétentieuse », l’« entassement d’allégories ambitieuses pour dissimuler l’absence d’idées », la « langue ignorante, glaciale, sans couleur » et le goût partout affiché pour l’immonde et le scabreux.

Non, décidément Baudelaire « ne sera plus cité désormais que parmi les fruits secs de la poésie contemporaine »

Quel homme était Baudelaire ?

Marie Christine

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Alphonse Dumoulin · il y a
Quel homme il fut n'a que peu d'importance. Seul le poète mérite d'être lu. Avec passion et admiration. Tout le reste ...
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Chateau briante · il y a
en fait, j'ai réagi au com. de Champolion et à votre réponse
en effet,
on apprécie un poète à son travail
tout comme un menuisier, un boulanger (si j'ose comparer)

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Joëlle Brethes · il y a
Il a écrit de bien beaux poèmes mais a abandonné très vite pour des occupations plus lucratives et une vie plus tumultueuse... Dommage qu'il soit mort aussi tôt et aussi sottement...

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