Si j'avais su...

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J'écris parce que je ne sais pas lire.  [+]

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À l'époque où les billes débordaient de mes poches,
En ces jours agités dans ma tête de pioche,
Je voulais un vélo, et je n'en aurai pas.
Les jours étaient trop durs, nous étions après-guerre.

Donc faute d'en avoir et rêvant d'équilibre,
C'est sur celui d'un pot', infâme bateau ivre
Qu'un soir je culbutais, la tête la première,
Et dans le caniveau, finis sur le derrière.

Quelques points de suture, des bleus en ecchymose
Furent consolation, piètres décorations.
Ainsi, pour l'avouer, en peu de mots oui j'ose,
Je n'eus point de vélo. Adieu les émotions...

Pas plus de bicyclette que d'autre engin en « ette »,
Le seul que j'ai connu, mais c'était bien avant
Roulait sur quatre roues. Je l'aimais ma poussette !
Les journées ont passé, j'avais toujours vingt dents.

Ainsi donc mal barré suis-je pour vous narrer
Mes évasions manquées sur ce noble coursier
Qu'on nommait mobylette, et le seul barbelé
Que j'ai franchi un jour, ce fut celui d'un pré.

Car c'est en randonnée que j'ai conquis ma route,
Pas à pas, pied à pied, avec un sac à dos,
En guise de sacoche, et les sens à l'écoute,
Tout le corps aux aguets, au rythme d'escargot.

Je ne regrette rien, s'il faut le confesser,
Aujourd'hui, et bien tôt. Point de Walkyrie,
De chevauchée d'enfer, pas de fier destrier
D'ondes pétaradantes aux odeurs d'industrie.

Je ne vous parlerai que des lueurs d'aurore,
De ces brumes légères accrochées aux clochers,
Pour finir en beauté comme un mauvais sujet,
Il est l'heure, il est temps, je vais me recoucher.

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