La mémoire et la mer - deux (Pastiche d'une chanson de Léo Ferré)

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Image de Été 2020
L’odeur je l’ai dans les narines
Qui joue à m’arroser d’horreur
J’ai peur du fermentât d’urine
Dont la vapeur pourrie m’écœure
Ta caisse ça dépend comment
Tu l’allume au quai du canal
flambe en un vif feu lactescent
ou en pales rousseurs banales
je suis le vieux clodo taré
qui chaque soir la tête en brume
résolument me bagarrait
avec la flotte et son écume
comme un lycanthrope ébahi
de voir au ciel une bleu lune
lorsque son blanc halo reluit
au sable du toit de la dune

Rappelle toi l’enfant galère
Qui après des années en geôles
Se réallonge et jouit à terre
Sous les néons des métropoles
je suis sûr qu’il respire encore
de ses poumons criblés de balles
il kiffe à fond son frais décor
et le chante dans sa cavale
je me souviens des noirs là-bas
et des sprints à fuir les condés
cette immonde race de rats
gardiens d’un ordre démodé
la chanson de l’ange guetteur,
la nuit, répond à la sirène
dont l‘éblouissante lueur
baigne de bleu la noire arène

et les fables de l’autre terre
racontées au chevet des mômes
en monodies de chants austères
en proie aux crocs du chien fantôme
viens là ! fille fière de Fès
viens tambouriner mon tambour
t’es débarrassée de ta laisse
tes darons ronflent dans les tours !
O parfum de la flore rose
Dans le saccage d’une épave
Quand par ta porte d’ecchymose
Je rentrais visiter ta cave
Dans l’allée grise et désolé
Où pas un seul humain ne fouine
fous on sentait l’ode éthérée
Et toi fille du bled, ma queen

Les marécages bouillonnants
Dans l’aura des mondes lumière
abritent des zombies rampants
ces vieux recordmans de misère
dieu du béton laisse tomber
les sujets de sa salissure
ils finiront par succomber
d’un cul-sec de leurs vomissures
t’entend là-bas ! l’enfer résonne
un diable raisonne à l’envers
et les cerveaux qu’on emprisonne
près de la ville vocifèrent
des méta-cantiques martyres
qu’ils psalmodient incessamment
ils rayonnaient de doux délires
qui s’adsorbait sur le ciment


une fureur rampe là-bas
sous les bas-fonds qui puent la gerbe
des accros crachent leurs bla-bla
dans le dawa de crack et d’herbe
cette fureur sévit longtemps
depuis l’heure du saint baptême
jusqu’à l’orée de leurs vingt ans
au plus chaud de leur anathème
tout leur monde vacille et tangue
quand les flics défoncent la porte
et que dans la ruelle exsangue
les cuivres sifflent en cohorte
en un asphyxiant carnage
dans la banlieue les maigres bêlent
fonçant à cent dans le virage
droit dans la merde et la poubelle
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