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Une nouvelle de Noël

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Marguerite

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Bien emmitouflé, les bras chargés de cadeaux, c'était le plus fêtard, un boute-en-train attendu avec impatience. Michael Groves, un grand brun costaud au regard rieur, libéra une de ses mains pour appuyer sur le bouton de la sonnette de la porte d’entrée de la maison de ses hôtes.

- Ah, te Voilà Michael !
- Bonjour Brigitte, dit-il en déposant un baiser glacé sur le front de sa soeur, une brunette mignonne au visage juvénile.
- Salut Michael, dit son beau-frère.

Albin et Brigitte Dupontel habitaient cette villa située dans une résidence de standing de Chantilly. Pas très grand, avec une tignasse rousse frisée, des yeux bleus et des taches de rousseur, il était plutôt sympathique et exerçait la profession de médecin du travail.

- Comment ça va ?
- Comment ça va ? déformation professionnelle, mon cher Albin ! Fraichement. J’ai eu de la chance, la route était belle, pratiquement déserte, il faut dire que je suis parti à quatre heures du matin. Il avait beaucoup neigé la veille, tout était blanc, mais la neige n’a pas tenu.
- Assieds-toi un peu, tu dois être fatigué, j’ai du café chaud, si tu veux, dit Brigitte.
- Je ne bois plus de café. Je préfère de l’eau. Mais qu’est-ce qu’on entend, qui chante ?
- C’est Michel Dens, un chanteur d’opérette classique, « Il est né le divin enfant ».

Brigitte sortit de la pièce et revint accompagnée d’une jeune fille blonde qu’elle présenta à Michael.

- Amanda, une collègue du club de tricot-broderie.
- Michael, mon frère ainé.
- Enchantée de faire votre connaissance.
- Enchanté. Tu as des collègues bien mignonnes, lui dit-il. Elizabeth et Alphonse sont-ils invités ?

Un autre coup de sonnette retentit, c’était Marilou, Gaspard qui portait leur petite Sandra, Alphonse, Elizabeth, et Frida, leur grand-mère.

- Quand on parle du loup... dit Michael.
- Mais vous ne m’en verrez pas la queue ! ricana Alphonse.
- Nous avons pris du pain, dit Gaspard, en embrassant Brigitte.
Marilou offrit une plante enveloppée de cellophane et de rubans à sa sœur.
- Une orchidée, elle est magnifique ! merci, il ne fallait pas. Alphonse, tu as changé de look, je te préfère comme ça. Avec ton crâne rasé, tes grosses lunettes et ta barbe hirsute, tu ressemblais à un vieux phoque.
- Un vieux phoque ? Je te remercie, la belle-sœur, tu aurais pu me le dire avant, répondit celui-ci, vexé.
- Je ne voulais pas te blesser, excuse-moi, j’ai dit ça pour rire.
- Et toi tu ressembles à une autruche avec tes cannes toutes minces et ton postérieur bien rond ! lança ce dernier.
- Et moi, je ressemble à quoi ? demanda Michael.
- A un ornithorynque !
- Ha ! Ha ! Ha !
- Il essaie toutes sortes de coiffures, s’exclama Elisabeth, en le regardant avec tendresse. Il a même porté les cheveux longs en se faisant une queue. J’avais horreur de ça quand il enlevait son élastique, il était affreux. Je le préfère avec les cheveux courts et rasé.
- Nous aussi.

La porte d’entrée s’ouvrit sur un petit homme sec aux cheveux poivre et sel : le grand-oncle d’Albin, accompagné de sa femme, grassouillette aux visage poupin, suivis de Johnnie et Joann, leurs adolescents et de leur camarade Rod Tyler.

- Joyeux Noël !
- Merry Christmas !

Puis un jeune couple, William et Cat MacLaren suivis de leurs trois bambins firent leur apparition. Dix minutes plus tard, arrivaient George et Noëlle Bank, des retraités, accompagnés d’Ella et de Daphné, leurs grandes filles.

- J’ai embauché une serveuse et un Père Noël. J’aurais besoin de mains pour aider Karine à ouvrir les huitres.
- Un apéritif est servi dans le salon, dit Michael qui sirotait une coupe de champagne.
- Vous prendrez bien un amuse-gueule, Mamie ?
- Non merci, après je n’aurai plus faim.

Les hommes, pimpants dans leurs costumes-cravates péroraient sur les derniers résultats du tiercé, les femmes plus élégantes les unes que les autres échangeaient des compliments, les enfants ne cachaient pas leur joie et se poursuivaient autour de la table. Une table recouverte d’une nappe aux motifs floraux assortie aux serviettes et aux assiettes avec des verres en cristal et des couverts en argent... le must !

- Les enfants, soyez gentils, allez jouer dans la salle de jeux.

Comme par magie, la fête de Noël avait le don de susciter une atmosphère d’allégresse. Tradition oblige. Cinq jours après, la fête recommençait pour célébrer la Saint-Sylvestre.

- Tout est prêt. Dans ce cas, nous pouvons passer à table dit la maîtresse de maison, radieuse.
- Michael, un discours, un discours !

Les convives tapaient leurs couverts sur la table en faisant un boucan d’enfer.

- C’est plutôt le bénédicité qu’il faudrait dire, répondit celui-ci, quelque peu surpris.

Très croyante, Frida joignit ses mains et prit un air sérieux pour réciter un court bénédicité. Il y eut un entracte courtois pendant qu’elle prononçait sa prière ; sitôt qu’elle s’interrompit, le brouhaha reprit, Michael se leva alors et commença son speech.

- A chaque fête de Noël, une bonne fée répand une pluie de poussière pailletée sur le monde. Les sapins, les rues, les femmes, les magasins, les maisons, les tables : tout brille ! Je pense déjà à la nouvelle année. Pour ma part, cela fait bien longtemps que je ne crois plus au Père Noël, n'en déplaise aux petits enfants.

Il ne s’est vraiment pas foulé pour préparer son discours, songea Albin. J’en avais un beaucoup plus élaboré mais je ne vais pas lui voler la vedette. Ce sera pour l’année prochaine.

- Moi non plus, mais je crois en la Mère Noëlle, puisque c'est ma femme !
- Imaginez le type qui s'appelle Noël et qui serait né un 25 décembre ?
- C'est vraiment sa fête.
- Non, il rate une fête, puisque le jour de son anniversaire et la fête de Noël tombent le même jour.
- Mes amis, poursuivit Michael, savez-vous que le petit Jésus ne serait pas né un 25 décembre comme on le prétend, puisque cette nuit-là, les bergers veillaient dans les champs ?

Un murmure de surprise parcourut les invités.

- Première nouvelle !
- Mais alors quand serait-il né ?
- Certainement pas en hiver.
- Comment peux-tu être aussi affirmatif ? On m’a toujours dit que Jésus était né à Noël.
- Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse, Noël est une occasion de festoyer.
- Oui, pourquoi jouer les rabat-joie, on est là pour s'amuser.
- Champagne ? dit Albin, un magnum à la main.
- Pas d'accord, ma chère, c'est intéressant ce qu'il dit, et puis un repas sans discuter ce n'est pas un vrai repas, moi j'aime bien savoir le pourquoi des choses, et je...

Il s'interrompit, la serveuse venait de déposer dans son assiette une part de pâté en croute qu'il attaqua aussitôt.

- En 354, Libère, évêque de Rome, ordonne au peuple de fêter le 25 Décembre ; les habitants de Rome l'observaient déjà comme fête de Saturne, célébrant l'anniversaire du soleil, poursuivit Michael.
- Ton saumon refroidit, mange, au lieu de parler !
- Mais d'où tenez-vous ces informations ?
- D'une encyclopédie. Puisque la date de Noël est d'origine païenne, les coutumes rattachées à cette fête viennent du paganisme.

Michael fit une petite pause pour boire une gorgée de vin avec un plaisir évident. Attirés comme par un aimant ses yeux se posèrent sur l’exquise beauté nordique assise en face de lui : Amanda ; elle avait beaucoup d’allure dans sa petite robe noire à sequins. Séduit, il l’était ! Assise à sa droite, se trouvait la belle Daphné Bank, sublime dans son fourreau de soie mauve, un léger parfum de violette flottait autour d’elle ; éclipsant sa sœur, Ella Bank, artistement maquillée, portait une robe-bustier de satin saumon, ses épaules et ses bras dénudés délicatement pailletés. Décidément, ses hôtes l’avaient gâté !

- C'est le moment ou jamais pour bien parler anglais, il faut placer une patate chaude dans sa bouche pour avoir l’accent british.
- Le paganisme, qu'est-ce que c'est ?
- En gros, c'est la religion des païens. Ce sont des coutumes païennes qui ont été tolérées par l'Eglise. Les Saturnales romaines ont servi de modèle à la plupart des joyeuses coutumes de l'époque de Noël.
- En fin de compte, c'est comme si l'Eglise avait voulu « christianiser » cette fête païenne en ayant une pensée pour Jésus ?
- Vous voulez de la sauce ?
- S'il vous plait.
- Oui, en quelques sortes, et depuis c'est devenu une tradition, une fête familiale.
- Nous sommes dans l’erreur en célébrant Noël ?
- Dans ce cas, beaucoup de gens sont dans l’erreur !
- J'ai une histoire amusante. C'est Douyou, un grand coureur à pieds qui tombe dans les orties.
- Do you speak english, Do you speak english ? lui demandent les journalistes.
- Non, qu'il répond, Douyou s'piquer l'cul !
Un monstrueux éclat de rire secoua les invités.
- T’es déjà pompette mon vieux ! Ecoute ça, dit son voisin de table en plaçant une patate chaude dans sa bouche : « c'est une petite mioutone qui biouvait l'eau de la fontaine, le loup voulait le biouffer ! »
- Ce n’est pas gentil de vous moquer de mon accent ! gronda un invité piqué au vif, je fais beaucoup d’efforts pour apprendre le français.
- Mais je ne me moque pas de vous mon oncle !
- J’en ai une, mais elle est véridique, celle-là, dit Albin. Une de mes collègues avait demandé à un nouveau bénéficiaire de l’aide sociale qui parlait mal le français quelle était sa situation familiale ; il a répondu qu’il était en « cucubinage » !
- « Cucubinage » ! Ha ! Ha ! Ha ! trop drôle, bien trouvé !
- On avait demandé à un immigré de cocher les cases d’un imprimé et il a dit : « J’couche dans la case » !
- J’ai une charade, dit Gaspard. S’il te plait, Brigitte, as-tu une grande feuille de papier ?

Celle-ci se leva et revint avec quelques feuilles de papier, Gaspard en prit une et dessina un grand a barré d’un grand i - un grand b - 100 sous une barre, p au-dessus - 110 - un nez. Puis il se leva et montra son rébus à l’assistance.

- C’est pire que des hiéroglyphes !
- Cherchez un peu...
- Que vient faire ce nez là-dedans ? Quel charabia !
- Un vrai casse-tête, c’est trop compliqué pour nous !
- C’est tout simple. Je vous dis le début : « Un grand abbé... »
- Un grand abbé qui avait 110 nez ?
- C’est presque ça...

Devant le silence et l’air agacé de l’auditoire, Gaspard capitula et donna la réponse :

- « Un grand abbé a traversé Paris, sans souper, sans dîner ».
- Alors mettons-lui un couvert !
- Même en cherchant, je n’aurais pas trouvé !
- J’ai une devinette, monsieur et madame Méramontet ont une fille, comment s’appelle-t-elle ?
- Il faudra leur demander.
- Edmée. Edmée Méramontet.
- Moi aussi j’en ai une. Quel est l’animal le plus menteur ?
- Alphonse !
- C’est le caïman, parce que dans tous les cas, i ment ! Et le plus rapporteur ?
- C’est Michael !
- C’est le cheval, parce que je vas’l’dire à ma mère.
- J’en parlerai à mon cheval ! J’ai un ami qui s’appelle Noyeux, quel est son prénom ?
- Joël. J’la connaissais mon vieux ! J’en ai une rigolote. C’est l’inspecteur qui rentre dans la classe d’une école primaire et demande si quelqu’un connaît une chanson. Quelques minutes passent et un petit bras se lève.
- J’ai une chanson : « Les tétons », dit le gamin.

L’inspecteur, embarrassé fait semblant de n’avoir pas entendu.

- Les tétons, les tétons, répète le garçon.
- Voyons, quelqu’un connait-il une chanson ? demande l’instituteur.
- Les tétons, les tétons.
- Vas-y mon petit, chante ! dit l’inspecteur.
- Les tétons pétit navire, les tétons pétit navire...
- J’en ai une dans le même genre. C’est une gamine qui entre dans un magasin et demande au vendeur du rayon musique, la chanson « Samovar ». Celui-ci lui répond que ce titre n’existe pas. Il lui demande si elle sait l’air de la chanson et la fillette chante : « Vous qui passez Samovar... » - Ma petite, rectifie le vendeur, c’est « Vous qui passez sans me voir... ».
- Encore une histoire, raconte-nous une histoire, implora une des jeunes filles de William.
- OK, répondit Gaspard. Il était une fois une petite poule rousse fine, gracieuse, son plumage mordoré et brillant faisait bien des envieux. Les jours avaient passé depuis qu’elle couvait ses œufs, mais aucun poussin ne brisait sa coquille. Un peu plus loin, une grosse dinde qui faisait la roue dévoilant ainsi son croupion déplumé, s’approcha d’elle et lui dit :
- Qu’est-ce que tu nous couves ? Ils sont bien longs, tes poussins !
- Ils ont plus besoin de temps que les autres, c’est tout, gloussa la petite poule rousse, résignée.
- Tas d’beaux œufs, tu sais, ma poulette, lui dit le coq pour la réconforter.
- Qu’est-ce qu’elle va nous faire ? nasilla un canard.
- Chéri, ne soit pas moqueur, cela aurait pu m’arriver, cancana sa moitié.
- Chanteclair n’aurait pas bien fait son travail ? ironisa un pigeon.
- Mais il m’insulte ! s’écria le roi de la basse-cour.

Rouge de colère, le coq s’élança pour lui voler dans les plumes. D’un coup d’ailes, le pigeon esquiva l’attaque et se retrouva perché sur la branche d’un arbre, c’est ainsi qu’il vit le paon, le dindon, et le canard qui pouffaient de rire dans leur coin.

- Les gars, j’aimerais rire aussi, dit le pigeon en s’approchant d’eux.
- Ne le répète à personne... On a fait une farce à la petite poule rousse... on a substitué des œufs en plastique à sa couvée. Elle ne se doute de rien, dit le paon tout content.

Curieux, Chanteclair avait suivi discrètement le pigeon en se cachant derrière le poulailler.

- J’ai compris que vous parliez de la petite poule rousse, c’est une de mes cocottes, si vous n’avouez pas votre forfait, vous ne repartirez pas d’ici sans y laisser des plumes, dit Chanteclair, surgissant devant eux.

Le trio ne s’attendait pas à cela, acculés dans un coin de la basse-cour, ils n’en menaient pas large. Tous les volatiles étaient là, y compris la petite poule rousse qui se posait des questions. Finalement, le dindon ouvrit le bec.

- On a fait une farce à la petite poule rousse, on a substitué des œufs en plastique à sa couvée qu’on a confiée à la mère l’oie. On s’excuse.
- Mais ils sont complètement givrés ! s’exclama Chanteclair.
- De vrais faisans ! Foutons-leur une bonne plumée, suggéra le cygne.
- Je leur pardonne pour cette fois, mais ils n’auront rien à becqueter ce soir, caqueta la petite poule rousse.
On alla chercher la mère l’oie qui revint suivie de six adorables poussins jaunes et noirs.
- Voilà Maman, jacassa la mère l’oie.
- Mes chéris ! gloussa la petite poule rousse.

On oublia l’incident. C’est ainsi qu’est née l’expression « Le dindon de la farce ».

- Il s’en passe des choses dans les basses-cours !
- Un poulailler surprenant en complications savoureuses !
- Charmant ! Mes amis, Noëlle a quelque chose à vous dire.
Celle-ci se leva et prit la parole.
- Pourquoi attendre le Noël prochain pour nous revoir ? ça fait un peu long, je vous propose une sortie en mai à Monaco, ça vous dit ?
- Ouiii, applaudirent les convives.
- Vous savez, le plus beau des cadeaux, c'est que nous soyons réunis. Il y a 4 âges dans la vie d'un homme : celui qui croit au Père Noël, celui qui ne croit plus au Père Noël, celui où il est le Père Noël, et celui où il ressemble au Père Noël.
- Bien dit, ma chère !

Mais déjà le dessert arrivait, poussé par Albin, un gâteau-surprise géant fit son apparition. C’était un magnifique gâteau en carton-pâte à étages roses et blancs surmonté d’une cerise qui brillait.

- Il y a une pin-up à l’intérieur qui va sortir pour servir le dessert, en fait c’est Karine la serveuse habillée pour l’occasion en star, chuchota Brigitte.

Tous les yeux étaient rivés sur le gâteau. Trois minutes s’écoulèrent, mais personne n'en sortit. Quel suspense !... Albin et Brigitte se regardèrent, inquiets... Les invités commençaient à s’impatienter.

- Mais qu’est-ce qu’elle attend pour sortir ?
- Vous pouvez sortir, Karine, dit Albin d’une voix forte.

La partie supérieure du gâteau se souleva doucement et une créature blonde toute de strass vêtue apparut. Celle-ci prit un air triste pour dire que le dessert avait disparu avec le Père Noël.

- Comment ça ? s’écria Albin, interdit.
- Je n’ai pas osé vous le dire tout de suite pour ne pas gâcher votre soirée. L’homme qui faisait le Père Noël est parti il y a environ une heure en me demandant de vous remettre cette enveloppe, affirma la jeune femme.

Albin ouvrit l’enveloppe et en sortit une petite carte blanche sur laquelle était écrit en caractères d’imprimerie :

« C’EST LE NOEL DU PERE NOEL
MERCI POUR LA BUCHE ET LES CADEAUX
JOYEUX NOEL A TOUS »

- Quel culot !... Je rêve, s’exclama-t-il, déconcerté. Nous faire ça à nous et à Noël ! Il y en a bien pour trois cents euros. Le scélérat ! J’aurais dû me méfier. Je l’avais embauché au noir, me fiant uniquement sur sa bonne mine !
- C’est le clou de la soirée ! Vous auriez dû nous le dire tout de suite, remarqua sa femme, au bord des larmes.
- Je pense que vous ne croirez plus au Père-Noël, maintenant.
- Attendez ! Grâce à l’ADN laissé par ses empreintes, il est possible d’identifier le voleur. Il est peut-être fiché, dit William, en mettant délicatement l’enveloppe dans un sachet en plastique hermétique.

William MacLaren exerçait la profession de policier. C’était un jeune homme blond et séduisant, marié et père de trois enfants. Si le Père Noël avait eu de la chance jusque-là, ça n’allait peut-être pas durer !

- Qu’est-ce que c’était comme dessert ?
- Une bûche pâtissière aux deux chocolats que j’avais fait faire spécialement par un pâtissier.
- Cela ne fait rien, on peut se passer de dessert et les cadeaux ne sont pas nécessaires. Mais pour une surprise, c’est une surprise ! Bravo ! Ne soit pas désolée, Brigitte.
- C’est la surprise du chef !
- Le Père Noël est une ordure !

Brigitte se leva et revint avec des bûchettes à la framboise et des meringues sorties du congélateur et tous se remirent plus ou moins de leurs émotions.
La créature de rêve sortie du gâteau en profita pour s’éclipser dans la cuisine. Intrigué, William la suivit discrètement et put entendre ce qu’elle disait au téléphone :

- Aldo, ils ont lu ta carte. Tout s’est bien passé, mais parmi eux il y a un inspecteur de police qui a mis ton mot dans un sachet en plastique pour examiner l’ADN des empreintes. Je ne te cache pas que je suis inquiète, tu aurais dû être plus circonspect. A demain.

William revint à sa place. - Le Père-Noël s’appelle Aldo, se dit-il. Je vais tout faire pour les faire coffrer rapidement. Il est prévu qu’elle remette tout en ordre avant de s’en aller. Je vais m’arranger pour repartir avec elle sous un prétexte quelconque. Elle est dans la cuisine, je vais lui offrir une bûchette.

- Merci de penser à moi, c’est gentil, dit Karine en prenant l’assiette qu’il lui tendait.
- Je voulais vous demander, pourquoi n’êtes-vous pas sortie tout de suite du gâteau, c’est-à-dire quand il est arrivé dans la salle ?
- J’attendais le signal de Monsieur.
- Ma pauvre fille, vous n’avez pas inventé le fil à couper le beurre !
- Vous non plus.
- Pourquoi me regardez-vous ainsi ?
- Un chien regarde bien un évêque, pourquoi je ne vous regarderais pas ?
- Vous prenez-vous pour un chien ? Trêve de plaisanterie ! dit-il en riant. Je dois aller chercher des croissants pour demain matin et ma voiture ne démarre pas, pouvez-vous m’emmener en ville et me ramener, une fois votre service terminé ? Bien entendu, je vous paierai l’essence, lui dit-il. 
- Pas de problème.

Il était deux heures du matin quand les invités allèrent se coucher. Karine finissait de nettoyer la salle de séjour. Finalement, elle vint trouver William pour lui dire qu’elle était prête.
Ils prirent place dans son Alfa-Roméo ainsi William put voir le numéro de la plaque d’immatriculation. Il descendit de la voiture et revint avec un paquet de croissants.

- Je sais tout, Karine, dit-il en s’asseyant près d’elle, c’est Aldo qui a volé les cadeaux. J’ai surpris votre conversation dans la cuisine.

Celle-ci demeura sans voix, ses bras lui en tombèrent. L’effroi pouvait se lire dans ses yeux.

- Je pourrais vous dénoncer, reprit-il, mais c’est Noël. Si vous restituez les objets dérobés immédiatement, j’oublie tout.
- C’est d’accord, balbutia Karine, consternée.

D’une main tremblante, celle-ci saisit son portable pour appeler son complice.

- Aldo... l’inspecteur sait tout... il nous laisse une chance si nous restituons immédiatement les cadeaux... J’arrive tout de suite.

Karine se gara devant une maison de ville et sortit de sa voiture.

- Attendez-moi, s’il vous plait, dit-elle à William.

Le rideau d’une fenêtre bougea et William aperçut un Père Noël qui s’empressa de disparaître. Elle revint les bras chargés de grands sacs qu’elle déposa dans le coffre de la voiture.

- Voilà, tout est là, dit-elle.
- Ne recommencez plus, la prochaine fois vous n’aurez peut-être pas autant de chance.
- Merci monsieur.

Le lendemain matin, à la surprise générale, William expliqua que le Père Noël, pris de remords avait restitué les cadeaux...

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Ginette Vijaya · il y a
Une jolie histoire qui se termine bien .
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Adibro · il y a
Une très belle histoire de Noël, magnifiquement raconté.
Je ne peux qu'aimer :)

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Marguerite · il y a
Merci, Adibro
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Adibro · il y a
De rien, Marguerite
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JACB · il y a
Je me suis un peu perdue dans la foule des personnages , leurs diversions conversationnelles mais je n'ai pas regretté d'avoir lu jusqu'au bout. Il faut toujours croire au père Noël, n'est-ce pas ?
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Marguerite · il y a
Merci JACB, pour votre commentaire. Mais, attention pour le Père Noël, ce n'est jamais qu'un homme déguisé !...
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Alice · il y a
Oh c'est vraiment une bonne histoire de Noêl ! Ah ah... On s'y croirait, on reconnait quasiment tous les personnages ! Et la chute est très morale
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Marguerite · il y a
Merci, Alice, pour votre commentaire
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Sandra Dulier · il y a
Agréable à lire. Merci.
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Marguerite · il y a
Merci
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Brumelle · il y a
Un Noël plein de surprises, j'ai aimé.
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Marguerite · il y a
Merci
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Pascal Depresle · il y a
Alors là bravo. Je me suis laissé emporter dans ce repas de réveillon, avec ces personnages si hauts en couleurs, guettant tantôt, tantôt la réaction de l'autre. En fait j'ai assisté à du théâtre, et c'est savoureux jusqu'à la fin, et ce père Noël qui n'est finalement pas une ordure jusqu'au bout. Le tout réécrit en trois actes, même court, ou en un seul plus long ferait le régal de beaucoup de troupes qui cherchent des nouveautés à jouer. Un vrai bon moment.
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Marguerite · il y a
Merci, votre commentaire me faire extrêmement plaisir.
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Dominique Tesson · il y a
bon texte continuez !
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