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Le dernier Homme sur Terre

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Alan Zahoui

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Jamais je n’avais vu de créatures aussi étranges. Ces êtres humanoïdes me fascinaient. Elles avaient pour caractères communs des protubérances plus ou moins marquées au niveau de la poitrine. Leurs traits étaient plus fins que les miens. Leurs lèvres étaient recouvertes d’une sorte de peinture rouge. Les créatures portaient des combinaisons moulantes noires ornées de motifs roses. Trois d’entre elles arboraient des armes à feu. C’est comme ça que mon maître les avaient appelées. La dernière , quant à elle, tenait deux sabres menaçants aux bords plus que tranchant.

Elle semblait loin des créatures sanguinaires et cruelles que mon maître m’avait décrit. Mais je ne devais pas me laisser attendrir par ses succubes. Leur race avait annihilé la mienne. Des milliards d’Homme tombés au combat au fils des années. Il était de mon devoir d’aider mon peuple à renaître de ses cendres. Et cela commençait par la destruction de ce bâtiment gardé par ces quatre humanoïdes.

L’écriteau au-dessus du bâtiment indiquait « Banque de sperme ». Je n'avais aucune idée de ce qu'était une banque, ni de ce qu’était du sperme. Inutile de vous dire que l'association de ces deux mots ne m'évoquait rien. Peu importe je faisais confiance à mon maître. Il m’avait ordonné de détruire ce bâtiment. Alors cette Banque serait détruite. Nul besoin de plus de détails. Je descendis avec la souplesse du caracoura, de l'arbre qui me servait d’observatoire. Je me transformai en une sorte de petit têtard blanc muni d’une queue dont l’extrémité était en forme d’hélice. Mon maître m’avait confié que je ne pourrais survivre que dix minutes sous cette forme. En contrepartie il était impossible de me voir à l’œil nu.

Je me faufilai entre les pousses de la forêt qui bordaient la Banque. Dans cet état microscopique, les créatures qui protégeaient le bâtiment me parurent être à des lieues de ma position. Heureusement mon appendice caudal en forme d’hélice me propulsait à grande vitesse vers mon objectif. La verdure laissa rapidement place au sol bitumeux et chaud qui réfractait la chaleur du Soleil. Cette température était insoutenable, mais je tins bon. L’avenir de mon espèce était en jeu. Au bord de la combustion je passai devant les créatures gardiennes de la Banque et m’insinuai dans l’interstice de la porte de ce lieu gardant le précieux sperme.

D'autres humanoïdes semblables à ceux habillés de cuir noir s’affairaient dans la banque. Ils étaient vêtus de blouse blanche et certains d’entre eux portaient des masques qui recouvraient leur bouches. Mais ce n’était pas le moment de se laisser aller à l'étude de ces êtres étranges. Je devais trouver où me retransformer sans alerter mes ennemis. Je sentais mes forces me quitter. Cela faisait près de dix minutes que je m’étais transformé. Je traversai le hall d'entrée et aperçut une pièce d'où aucune lumière ne semblait s’échapper.

Utilisant mes dernières forces je parvins à accéder à une sorte de remise et reprit forme humaine à l'abri des regards. Je me reposai sur une pile de linge sale. Mes forces me revenaient petit à petit. Je me souvins des paroles de mon maître. « Quand tu auras pénétré la banque laisse-toi guider par ton instinct. Il t’emmènera là où tu dois être ».

Tout à coup, alors que je me déliais les muscles et laissais mon esprit vagabondé pour que mon instinct prenne le contrôle, une créature entra dans la remise.

Par purs réflexes je lui insérai quatre de mes doigts dans la bouche. Son cri fut étouffé par mes doigts qui l'étouffaient. Je l’assommai d'un uppercut violent puis lui brisai la nuque pour la faire taire à tout jamais. Il y eut un craquement sonore et son corps devint inerte.

Je dépouillai la créature que je venais d'éliminer de sa blouse et l'enfilai par-dessus ma combinaison. J'enfilai les cheveux factices que m'avaient donnés mon maître et mis le masque de la dénommée Elsa. Son nom était écrit sur une étiquette épinglée à sa blouse. Grâce à ma nouvelle apparence je devrais pouvoir me fondre dans la masse.

Guidé par mon instinct je me dirigeai vers la salle que je voulais détruire. Des employés de la Banque me jetaient des regards étranges mais personne ne remarquait le changement physique d'Elsa. Enfin c'est ce que je crus.

-Elsa ! Ma chérie ! Comment ça va ?

Je me retournai et aperçut une créature à la crinière blonde, aux yeux globuleux et aux lettres finement ciselées. Je cherchai du regard l’étiquette indiquant le nom de l'individu qui m’avait adressé la parole. Les « médecins » en avaient toujours. C’est ce que mon maître m’avait dit.

-Ça va, euh, Anna. Et toi comment vas-tu ?

-Moi ça va très bien ! Tu as une nouvelle coiffure ? Dis-moi Elsa qu'est -il arrivé à ta poitrine ? Tes seins ont rapetissé tout à coup !

Mon maître m'avait coupé mon troisième bras situés dans le bas de mon ventre je comprenais pourquoi maintenant. Ma voix était aussi aiguë que celle de cette créature.

« De quoi parle-t-elle ? » pensais-je. Puis je me souvins de la protubérance sur la poitrine des humanoïdes à l’extérieur de la banque.

-Ah ça... Ils sont partis...Ce sont des choses qui arrivent, dis-je nerveusement.

Anna me dévisagea. Son regard me disait « qu'est-ce que tu racontes ? ».

- C'est de l'humour je plaisante ! Ahahaha.

Il fallait que je trouve un moyen d’écourter cette conversation.

-Qu'est-il arrivé à ta voix ?

Je réfléchis quelques secondes.

-J'ai attrapé un rhume.

Je me souviens qu'un jour mon maître avait contracté une maladie appelée rhume. Sa voix avait été altérée.

-Ma pauvre chérie...

-Excuse-moi. Je dois aller aux toilettes.

Je plantai une Anna, surprise et décontenancée et continuai ma quête.

Personne ne vint me parler et j'accédai sans encombre à la salle où se trouvait l’objet de ma visite, en terre hostile, guidé par une force supérieure.

Je sortis mon revolver et ouvrit la salle . Jamais je n'avais ressenti une telle fraîcheur.

-Vous n'êtes pas autorisée à ven...

La créature n'eut pas le temps de finir sa phrase. Ma balle formée de lave l’atteignit à la gorge et laissa un trou béant dans son cou. Le sang d'un rouge vermeil recouvrit le plan de travail et ajouta une touche de couleur bienvenue dans tout ce blanc.

Le collègue de la créature voulut s'élancer vers ce qui devait être une alarme. Je lui tirai dans la jambe. La créature s'écroula et hurla « à l'aide! ».

Je lui apportai donc mon aide en lui collant une balle dans la tête. Cerveau, os et sang. Tous tissus organiques fut détruit.

La cavalerie allait arriver. Je devais me dépêcher de détruire l'endroit.

Deux des cinq employés de la salle dans laquelle j'avais fait irruption tentèrent de m’attaquer . Je vidai mon chargeur sur eux. Leurs corps furent quasiment désintégrés. Il n'en restait plus que quelques morceaux. Je crus apercevoir un aurriculaire dans cette bouillie infâme.

Le dernier employé me supplia de l’épargner. Dans ma grande mansuétude j'accédai à sa requête. Je l’assommai et mis son corps dans l’un des congélateurs géants au fond de la pièce. Des milliers de bocaux contenant un liquide blanc se trouvaient dans ce coffre réfrigérant. Je mis une bombe dans la bouche de la créature que j'avais épargnée provisoirement.

J’étais conscient que je n'avais pas le luxe de perdre du temps à perpétrer ma vengeance, à massacrer ces créatures en blouse blanche. Mais la haine avait pris le pas sur la raison. A cause de ces monstres mon peuple avait été presque réduit à néant.

Je plaçai mes sept bombes à des endroits stratégiques. Des pas frénétiques se firent entendre. La cavalerie arrivait. Je tirai dans le mur pour m’enfuir. Les balles de magma dissolurent le béton armé et laissèrent un passage vers l’extérieur. Avant de m’enfuir, je n'oubliai pas de signer de la marque de mon peuple.

Une explosion assourdissante retentit et ma vision fut obscurcit. Des hurlements parvinrent à mes oreilles. Je souris satisfait. Ma mission était accomplit.












***







Le métier d'Amazone était cool. Les courses poursuites endiablées pour attraper les malfaiteurs. L'esprit de camaraderie. Le sentiment de puissance que procurait l'arme qui pendait à mon flanc. Par contre, monter la garde devant une banque de sperme faisait partie des taches les plus ennuyantes du métier.

Tout à coup, alors que je pensais que l'ennui me tuerait avant la vieillesse, un « A l'aide !» vrilla mes tympans. mes collègues amazones et moi-même s’élancèrent dans la clinique.

Les médecins affolées nous indiquèrent que la source du bruit provenait du deuxième étage. Alors que nous courrions à vive allure dans les escaliers, nous entendîmes sept détonations qui firent trembler les fondations de la clinique.

Lorsque nous arrivâmes à la source de cette cohue, nous vîmes une dizaine de corps calcinés et un immense trou béant dans le mur en face de ce qui fut autrefois une porte. Et sur le mur à ma gauche un nom écrit en lettre de sang.



MANLY DEVIL






Je courus vers le trou par lequel l'assaillant avait dû s'enfuir. C’est alors que mon sang se glaça.

Les légendes parlaient de ses créatures, vestiges d’une civilisation passée. Ces êtres démoniaques qui avaient asservi mon peuple.

Un Homme masqué et vêtu de noir s’enfuyaient dans la forêt.

-Un Homme! dis-je à l'adresse de mes compagnons. Il reste un Homme sur Terre. Nous devons chasser ce Manly Devil. Mes sœurs amazones allons trouver ce démon et éradiqué son existence ! Les Femmes ont trop longtemps été persécutées par les Hommes. Nous devons éradiquer toutes traces d’eux !


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