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la Gargouille de Saint Pierre

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Johan Jacqueline

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Je ne suis qu’une gargouille, haut perchée, de celle que peu de gens prennent le temps de regarder, car ils ne lèvent plus les yeux au ciel. Depuis 700 ans, pourtant, je suis là, immobile, je ne risque pas de m’en aller pour une promenade car je n’ai pas de jambes. De ma position haut perchée, j’observe le monde alentour. Autant vous dire que depuis tout ce temps j’en ai vu beaucoup passer, de ces gens, de cette vie, et je serai encore là quand vous serez partis, croyez moi. Mon corps résiste aux temps qui passe et aux aléas du rude climat normand. il reste sensible à cette pollution acide qui le ronge doucement. Je suis faite de cette pierre qui abrite mon âme, qui, quand à elle, s’effrite peu à peu, et tombe parfois en poussière. Le vide intérieur se creuse chaque jour un peu plus et je me sent devenir plus légère. A l’origine, je sommeillais depuis la nuit des temps dans cette strate calcaire. Bien qu’aveugle et presque sourde, je me portais pas si mal que ça, même si mes jours, mes siècles, furent, en y repensant, souvent bien monotones .
Au matin d’une belle journée d’hiver, peu après que le soleil du matin m’eût caressé les flancs avec sa douceur habituelle, les carriers sont venus et c’est à coup de barre à mine, avec de l’eau et des coins de bois, qu’ils m’ont extrait de cette carrière perdue dans le bocage normand. De ce voyage cahotant vers ma nouvelle destination je ne garde pas un très bon souvenir, c’est les reins en compote que l’on m’a déchargé au pied de cette nouvelle église qui se montait dans le centre ville de Caen. On m’a d’abord déchargé avec les autres blocs au pied de cette construction naissante qui s’élevait peu à peu vers le ciel jusqu’à en caresser les nuages qui venaient à passer par là. On m’a déposé prés de l’atelier d’un sculpteur un peu rude du nom de Norbert. C’était un compagnon qui était venu de bien loin pour me libérer peu à peu de cette pierre ou j’étouffais quand même depuis si longtemps. Il a tout de suite à me dégager à grands coups de burin puis j’ai senti qu’il utilisait ensuite des outils plus fins, pour m’extraire du bloc avec prudence. Il a d’abord dégagé ma tête et je n’ai pas tardé à respirer pour la première fois cet air pur du moyen âge que je regrette tant maintenant tant l’atmosphère est viciée de leur jours !
Aujourd’hui encore, je ne peut oublier le visage buriné de Norbert qui avait une fâcheuse tendance à manger de l’ail et à boire, à même le goulot, de la mauvaise vinasse. Je n’ai jamais pu oublier son haleine putride, et quand il s’est penché sur moi pour mieux fignoler les détails de mon visage, je me suis vu quelque peu chavirer...Je revois encore ses dents si pourries qu’il me montrait parfois quand il partait de ces grands éclats de rire qui lui étaient si familiers. Norbert venait de Bourgogne. Il racontait souvent à ses apprentis comment il avait déjà participé à la construction d’une belle église dans le village de Vézelay. J’ai d’ailleurs une sœur jumelle perchée sur le clocher de cette église magnifique. Norbert était marié à une gironde bourguignonne, et je lui en veut toujours un peu de m’avoir représenté en s’inspirant du visage au combien ingrat de sa femme, une sacrée matrone. Elle venait souvent laver son linge dans l’Odon qui coulait alors aux pieds de la construction. Je ne pardonnerais jamais à Norbert de m’avoir fait tirer la langue comme ça, et de me faire ces yeux exorbités, sans parler de cette grimace obscène, de quoi ai je l’air ?
Franchement, de vous à moi, j’aurai préféré être une de ces vierges Maries à qui on réserve toujours une place de premier choix, une de ces petites idoles qui ont le droit à leur petite alcôve individuelle réchauffée par la douce lumière d’un vitrail. J’aurai voulu être une de ces statues qui reçoit la visite de tout ces fidèles qui s’agenouillent à leur pieds pour leur témoigner toute leur dévotion et tout leur respect. La Vierge Marie je peut le dire, elle a toujours la grande classe, elle est toujours bien habillée et souvent bien coiffée, et puis ces grands yeux qui vous dévisagent avec toute la candeur du monde, c’est quand même autre chose! Ses traits sont doux, elle est bien faite et son sourire illumine le pèlerin qui ose prendre le temps de bien l’admirer. Nous ne sommes pas du même monde elle et moi.Je vis à l’extérieur, perchée à la hauteur vertigineuse de cinquante mètres là ou le vent ne cesse jamais vraiment, comme s’il prenait un malin plaisir à me souffler dans les bronches et à m’aveugler avec cette fine poussière qu’il charrie bien souvent.
Un beau matin, des ouvriers sont venus pour monter cet immense échafaudage qui m’a semblé plus solide que le dernier , celui de l’après guerre. Je me suis dit que le grand toilettage allait enfin commencer et il était temps car toute l’église devenait de plus en plus grise, loin de sa lumineuse teinte blonde d’origine qui était si jolie, autrefois, dans le paysage, quand elle surplombait ces toits de chaume et d’ardoise de la vieille ville. Le 20 Novembre 2016, Des équipes se sont relayées pour décharger plus de 200 tonnes de matériel et pour assembler tout ces tubes et ces plates formes pendant plus de deux cycles de lunes complets! Le clocher s’est vu peu à peu encagé dans cette châsse de métal J’ai eu de la chance car j’ai pu garder un peu de ma vue imprenable car tout l’ensemble a été recouvert de bâches jusqu’à la hauteur de 40 mètres. Je suis perchée juste un peu au dessus, et ce que j’aime dans ma situation, c’est que je peut voir sans être vue.
Au petit matin, quand la nuit peu à peu se défait, en laissant traîner derrière elle une nappe de brume filandreuse qui ne résiste pas bien longtemps, le plus souvent, aux caresses du grand astre lumineux. Je suis alors aux premières loges, pour observer le lent réveil de la ville. J’observe le spectacle des stores qui se relèvent, des lumières qui s’allument ça et là aux fenêtres des immeubles. Les premiers trams sont passés depuis longtemps déjà, les premières voitures se croisent, les badauds se font de plus en plus nombreux, la rumeur de la ville s’amplifient alors, les rues s’emplissent peu à peu de cette matière grouillante et sonore. Cet échafaudage me retire un peu de mon spectacle journalier mais j’entends encore malgré tout cette farandole de bruits et de sons qui s’entrecroisent . J’observe d’un oeuil blasé cette marée de voitures malodorantes et trop nombreuses, aux moteurs vrombissants qui m’agacent parfois! j’aimais mieux les jurons de ces charretiers de l’ancien temps et le bruit de leurs fouets qui claquaient l’air, celui des sabots de leurs fiers canassons tintant sur le pavé luisant de la rue.
La vie de Gargouille n’est pas toujours de tout repos. Savez vous quel est mon sort depuis des centaines d’années? Chaque heure, quand je croies enfin trouver le sommeil et la paix, Pierre, le gros bourdon, la cloche principale, se met à sonner et je croies alors entendre le ciel tonner. Je ne vous parle pas des douze coups de minuit, et de l’angélus, quand Anne et Paul sont elles aussi de la partie. Ce sont vraiment des grosses cloches, toutes les trois ! J’avoue que depuis que les gars du chantier les ont descendues au sol, je m’en porte pas plus mal. C’est en 1808 que les trois cloches ont été montées dans le clocher. Quel bazar ça avait été ! Les nouvelles cloches étaient beaucoup plus sonores que les anciennes et depuis, je vis avec cette résonance qui me heurte, chaque heure, les tympans sans que je puisse rien y faire. J’ai beau avoir cette grande gueule de pierre, je ne peut même pas l’ouvrir plus grand pour me plaindre. C’est pas tout les jours marrant d’être une gargouille, faut pas croire !
Le pire pour moi ce sont ces satanés pigeons qui prennent un malin plaisir à me montrer leur cul depuis ces petites ouvertures juste au dessus de moi, et qui me chient dessus sans vergogne. Ça fait des siècles que je les entends roucouler ces saloperies volantes, je n’en peut plus. Ils n’ont vraiment aucune classe les pauvres ! A chaque printemps ils recommencent leurs sérénade bruyante et nous pondent une flopée de rejetons qui piaillent du matin au soir. Je n’ai rien contre la reproduction volatile, mais j’ai l’impression de ne plus être chez moi avec ce envahissement de plumes. Heureusement qu’un peu plus haut, sous la couverture du clocher niche cette petite famille de faucons. Eux, je les aime bien, ils ont déjà une autre classe, j’aime les voir planer juste devant moi,sans faire de bruit, c’est à peine si je peut entendre le bruit de l’air qui s’écoule sur leurs ailes majestueuses. Ils sortent le soir, au coucher du soleil, et au petit matin aussi, quand le monde des humains n’est encore qu’un murmure endormi. Je les applaudirais, si je le pouvais, à chaque fois qu’ils attrapent, pour les manger, l’un de ces rats volants qui empuantissent mon atmosphère. Je sais que ces faucons ne font pas de quartier quand ils gobent d’abord les yeux en guise de petit apéritif, avant de les déchiqueter avec leur becs acérés. Ils sont voraces et ils ne font pas dans la dentelle quand il s’agit de nourrir leurs petits.
Depuis que les ouvriers ont installé leurs bâche, de nombreux pigeons ont déserté le clocher pour nicher dans les murs du transept. J’ai l’impression qu’avec cette drôle de machine que les hommes ont monté ce matin les choses vont se compliquer. Je les ai entendu au niveau du dessous et ce chuintement de sable n’augure rien de bon. Je croies que je vais avoir le droit à un grand décapage et même si je vais en sortir embellie, j’appréhende un peu ce sable qui risque de me chatouiller quelque peu la pierre. Je sais que certaines sont très lifting mais moi ça n'est pas trop mon truc, je préfère la beauté naturelle et gare à celui ou celle qui me déclarera moche ! Qu'il évite de venir se promener sous le clocher sinon il va lui arriver malheur. Oh oui, parfois j'ai mauvais caractère, je croies que je suis une nostalgique de l'ancien temps qui est passé et parti si loin !
Je le trouvais plus paisible, moins bruyant ce temps, ,sauf les jours de marché. Le petit Odon coulait le long de l’église, et les camelots ne se gênaient pas pour balancer quelques fruits et légumes pourris et les viscères des poissons que les marchands préparaient sur place. Le jour du marché, ces chenapans de gamins visaient parfois les mendiants qui se pressaient à la sortie de l'office religieux, avec quelques pommes de terres pourries. Le fils de la tisserande était l'un des pires. Le curé sortait parfois, le balais à la main, pour chasser ces culs terreux, comme il aimait les appeler. Le jour du marché, toute la place s'animait très tôt le matin et bientôt tout les gens de la vieille ville déambulaient entre les étals. Du haut de mon perchoir, je pouvais observer le manège des coupeurs de bourses qui n'avaient pas leur pareil pour déplumer les gens de bonne famille distraits.
Personne ne sait aujourd'hui que dans ces temps anciens, une famille de saltimbanques habitait dans cette petite cahute dressée contre les flancs de l’église. Le bon dieu semblait tolérer leur présence, et pourtant, les histoires qu'ils racontaient aux bedeaux, le soir venu, n'avaient rien de bien catholique. J'aimais écouter ces histoires merveilleuses qui laissaient vivre tout un peuple d'elfes et de korrigans, dans les forêts mystérieuses de leur imagination fertile. Cette famille s'en est allé un beau matin en suivant son chemin, vers le levant, toujours plus loin. Moi, je suis restée, telle une vigie figée par l’éternel, pour surveiller mon petit coin de ville. J'ai laissé filer le temps sans même m'en apercevoir, les jours se son effilochés, le marché s'est déplacé vers le bassin St Pierre, et je suis restée là, moi, fidèle vigie de pierre. Les jours se ressemblaient tous et puis un beau matin, je m'en souviens parfaitement, comment aurais je pu oublier ? L'aurore dépliait encore ses doigts de rose sur la ville quand, après un étrange sifflement, un engin est venu percuter de plein fouet le clocher de pierre, juste au dessus de moi. Tout s'est effondré dans un fracas assourdissant, et la ville fut toute entière plongée dans un énorme nuage de poussière. Que de cris, que de pleurs ! De nombreux caennais, réfugiés à l'intérieur de l’église, furent blessés par l'effondrement du clocher. J'ai appris bien plus tard que le débarquement avait eu lieu quelque jours plus tôt, Les américains venaient libérer le pays du joug allemand. Cet obus qui venait de frapper de plein fouet la flèche de pierre provenait peut être du croiseur Missouri, ou peut être bien du HMS Rodney, ma mémoire me joue des tours. La ville entière fût bombardée sans répit depuis la mer, par ces navires à la puissance de feu démoniaque. Je n'ai jamais fait de politique moi, je ne suis qu'une statue qui n'a pas le droit de vote, mais j'en ai vu passer, des troupes allemandes, sous mon nez, et je n'ai jamais aimé cette façon qu'ils avaient de faire claquer leurs bottes sur le pavé.
Le jour du grand chambardement, tout a changé et j'ai tout de suite compris que plus rien ne serait jamais comme avant. Toutes les maisons que j'avais tant observé durant des siècles se sont effondrées les unes après les autres, soufflées comme des châteaux de carte par ces puissants explosifs qui pleuvaient sans cesse. Moi même, j'y ai laissé quelques plumes de pierre, j'en suis sortie bien abîmée, mutilée , la moitié du visage en moins. Cette guerre sans bataille, sans ennemi, me semblait bien absurde. Pas un allemand ne trainait dans les rues en ce jour funeste, et je sais que les équipes de secours n'ont retirés des décombres, les jours suivants, que des corps de civils, alignés les un à côté des autres sous des draps maculés de sang. Je croies que j'ai pleuré, une seule fois, de mon œil survivant, pleuré d'une larme de pierre. Cette larme a roulé sans doutes jusqu'au tas de gravats amoncelé juste sous moi.
La guerre a pris fin mais les décombres sont restés bien longtemps, avant que des hommes viennent déblayer le secteur. J'ai reconnu dans les équipes de travail quelques un des allemands qui défilaient quelques mois plus tôt en battant du talon. Leur travail était dangereux car ils pouvaient parfois tomber sur une munition non explosée qui se déclenchait alors sous un mauvais coup de barre à mine. Les bulldozers américains avaient ouverts des voies de circulation à travers le champs de ruines et déjà se dessinaient les plans d'une ville nouvelle, plus aérée,
avec des rues toutes droites, tracées sans contraintes. Nous, les gargouilles de l’église St Pierre, nous avons dû patienter longtemps avant qu'un énorme chantier de rénovation soit entrepris pour le bâtiment bien abîmé. Je salue le courage de ces hommes venus parfois de loin pour rebâtir cet abrupt clocher recouvert de pierre. De nouveaux sculpteurs sont venus nous arranger le portrait et nous avons pu redémarrer une nouvelle étape de notre vie.
Ce nouvel échafaudage qui s'est bâti autour de nous me rappelle cette époque difficile. Je sais que nous avons besoin d'un petit lifting. Notre ennemi d'aujourd'hui, c’est la pollution. Elle nous grignote peu à peu ,c'est notre cancer à nous, notre peau s'effrite peu à peu et l’humidité, l'hiver, pénètre toujours un peu plus loin et j'ai froid, tellement froid, parfois ! Je sais que ces hommes qui s'affairent avec leur drôles de machines vont non seulement nous refaire une beauté, mails ils vont également nous rendre la peau plus ferme, moins sensible aux agressions du climat. J’espère que moi et mes semblables nous en sortirons plus belles, de ce chantier, et que cela amènera plus de promeneurs à faire preuve de curiosité et à lever les yeux au ciel. Cela fait si longtemps que nous leurs offrons ce spectacle, nous aimons nous faire contempler. Je sais que pour nous, les statues les plus hautes , personne ne pourra vraiment nous admirer dans les moindres détails. Cet ouvrier qui me fera une beauté aura, quand à lui, le loisir de m'approcher au plus près et, je vous le dis entre nous, aucun homme ne m'a effleuré depuis si longtemps ! Je vais enfin être débarrassée de cette chiure de pigeon qui a coulé dans le creux de mon oreille droite, c'est fort désagréable et je ne peut pas me gratter alors il va être temps que quelqu'un s'en occupe !
Ce soir, le soleil semble pressé d'aller se coucher, je le vois là bas qui se cache entre les toits. La nuit semble impatiente de le chasser et je pense qu'il est venu pour moi le temps de retourner à mes songes. Je les garde pour moi, mes rêves, et personne ne saura jamais ou mène l'imagination d'une gargouille. Vous pensez qu'on m'a fait uniquement pour pisser par la bouche, sans arroser les murs, cette mauvaise pluie acide ? Oh non, je suis une gargouille qui aime à raconter des histoires farfelues mais je ne chuchote pas assez fort pour que quiconque puisse m'écouter, alors je me confie au vent qui passe, et quand les oisillons du faucon viennent se poser doucement sur moi, je les laisse s'approcher au plus prés car ils savent tendre l'oreille à mes doux chuchotements. Je ne les retiens jamais bien longtemps, car j'aime les voir virevolter, faire leur premières rondes au dessus du toit, pour ne pas se faire repérer par les rampants du sol.
Une gargouille qui raconte des histoires, de toutes façons ça n'existe pas, alors je pense que vous ne devriez en parler à personne car on risque de vous prendre pour un fou, un de ceux qui ont tendance à s'approcher trop près de la dive bouteille, gardez tout ça pour vous et si vous venez à passer par là, faites moi donc un petit signe, je suis là haut, sur le clocher.

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Thomas Clearlake · il y a
Je suis de ceux qui auront vu votre gargouille, et qui en auront été enchanté. Je vous invite à découvrir ma nouvelle si le coeur vous en dit : http://short-edition.com/fr/oeuvre/nouvelles/recours-en-damnation
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Johan Jacqueline · il y a
merci pour la visite, j'aurai grand plaisir à aller vous lire aussi tout à l'heure
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Pascal Depresle · il y a
Passer près ou sous une gargouille ne sera plus jamais comme avant. Surtout si elle me conte des histoires. mon Tropique est en finale, si vous avez envie d'aller le lire.
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Johan Jacqueline · il y a
Merci beaucoup, je pars de ce pas sous les Tropiques... De ce temps là ça sera bienvenu !
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