Il y a des nous qui ne s’écrivent pas

il y a
11 min
1
lecture
0
L’absence

Le temps s’est suspendu. Elle entend doucement bruire les grains de sable. Sous ses pieds, la vie grouille de toutes ses pattes, remuant chaque morceau de roche qui forme le sol ferme sous elle. Sous ses mains, elle sent parfois la douce piqure de ces plantes vives dont elle ne connaît pas le nom, mais dont elle connaît chaque détail, chaque courbe flexible qui semble inviter les pas à s’y perdre, chaque petite pointe qui lui rappelle que la nature était là avant elle. Sur sa nuque, le vent a choisi de déposer quelques baisers de glace, la faisant frémir à chaque passage de ses lèvres parfumées d’iode.
C’est lui qui finit par la mettre debout. Quelques grains de sable ont choisi de poursuivre le voyage avec elle. Pendant longtemps, elle trouvera dans ses poches quelques amis égarés, à qui elle rendra la liberté. Ensemble, ils descendent la butte, s’enfonçant chaque fois un peu plus profondément dans la dune, jusqu’à tomber à genoux, les mains disparaissant sous la couche granuleuse. Il ne faut pas renoncer, car c’est encore plus loin que se trouve celle qui l’appelle.
De sa démarche pénible du poids de son corps qu’elle arrache à la plage, elle creuse son sillon, jusqu’à trouver enfin un appui plus solide. D’autres ont pris le même chemin qu’elle, un peu plus tôt, mais pas tant que ça, leurs marques toujours présentes sur ce petit ilot. Les empreintes la mènent droit à son but, lui racontant leur histoire. Là, ces éclaboussures, c’est le chien qui s’élance vers la mouette moqueuse, qui lui laissera juste goûter du bout de sa langue pendante les quelques plumes qu’elle laisse derrière elle en prenant son envol. Là, ces effleurements, c’est l’enfant qui fait ces premiers pas en riant derrière ce chien stupide, qui crie à la mouette de s’enfuir, qui pleure de joie de la voir saine et sauve, loin où personne ne peut l’atteindre. Et là, ces traces qui se frôlent, sans jamais se toucher, sans jamais se recouvrir, ce sont les parents attentifs qui guettent du coin de l’œil ces mouettes trop téméraires, qui fondent parfois comme de voraces rapaces, oublieuses de ce qui pourrait se trouver sur leur route, parce que le ciel est trop vaste pour qu’on s’en préoccupe.
Elle s’arrête. C’est d’abord le bruit qui lui indique où elle se trouve. Le doux frôlement de l’écume sur les grains, le paisible roulement des vagues qui viennent faire leur révérence sur ses pieds, déposant leur blanche offrande devant elle. Lentement, elle peut lever les yeux. La grisaille tumultueuse offre un berceau bien instable à son regard. Mais elle s’accroche, discernant peu à peu l’arc-en-ciel en mouvance que lui offre la mer. Et quand elle n’en peut plus d’être étourdie, elle regarde droit devant elle cet horizon lointain qu’elle aimerait tant saisir, qu’elle pourrait presque sentir palpiter dans la paume de sa main. Et là-bas, tout là-bas, dans le creux d’un nuage, elle voit la petite voile blanche qui lutte vaillamment, avec amour, avec l’océan qui veut l’avoir pour lui.
Elle se retourne pour lui dire. La trace solitaire qui l’a menée jusque là lui renvoie pour seul écho la plaie béante de son absence.

L’attente

Sur la blancheur du mur, le claquement régulier de l’horloge se répercute. Les secondes passent à leur rythme établi, durée universelle propre à chacun. Une seconde ici dure des millénaires, parce qu’elle prend le temps de rebondir sur chaque courbe de l’instant. Elle avance à reculons vers un point qui ne veut pas encore exister.
Près d’une fenêtre qui ne s’ouvre pas encore parce que le vent lui refuse, elle dévide paisiblement quelques pelotes de laine. Les fils irréguliers se rejoignent en un tas qui attend son heure. Les couleurs se chevauchent, se mêlent et se défont à leur guise, profitant encore de leur liberté qui tire à sa fin. Bientôt, chaque morceau de l’écheveau viendra prendre sa place, celle qu’elle lui a choisie. Dans de petits carrés de carton, percés aux quatre coins, elle enfile la chaîne, créant sans qu’on le voie des motifs sans raison, dépourvus de sens pour l’œil de celui qui ne prend pas le temps de regarder.
A chaque plaquette qu’elle dépose bien rangée sur la grande table, elle lève les yeux, mesurant le bond des aiguilles. Mais rien ne se passe. Pas un seul incident ne vient déranger la marche ordonnée de son montage, et les petits cartons s’empilent avec constance, laissant pendre derrière eux leur longue chevelure colorée, qui s’emmêle encore un peu, juste pour le plaisir du contact feutré.
Avec un lien de laine grisée, qui un jour était blanche, elle noue étroitement l’ensemble du métier, l’installe fermement sur son support de bois, et peigne de longs mouvements la longueur des fils. Ils résistent parfois, mais finissent par céder à sa douce caresse, glissant entre ses doigts, s’apaisant peu à peu pour se montrer dociles. Ils gémissent parfois sous la tension. Certains ne résistent pas, et décident de se rompre. Il faut alors les remplacer, désunir ce qui ne faisait qu’un, ajouter le nouveau venu et caresser à nouveaux ses compagnons pour qu’ils lui cèdent une place. Et quand tout est rentré dans l’ordre, la torsion reprend, douce et ferme.
Elle s’interrompt. Autour de sa taille, le lien lui scie la chair. Tendu devant elle, le tissu commence à prendre vie. Quelques formes apparaissent, encore hésitantes, pas tout à fait sûres d’elle. Elle tient entre ses mains sa vie qui se dessine. Tous ses fils qui se croisent, qui s’effleurent, qui se lient, où chacun cherche sa place, où une main bienveillante vient les conduire. Elle reprend son ouvrage, non sans avoir jeté un œil sur l’horloge qui se traîne. Alors pour l’encourager, elle se mesure à elle. Qui ira le plus vite, qui ira le plus loin. Elle la défie. Et dans son empressement, elle tourne une fois de trop la mauvaise carte. Et la trame de sa vie se tord. Il faut revenir en arrière, démonter chaque passage, revivre chaque instant, le comprendre, pour pouvoir le refaire correctement cette fois. Avec une infinie patience, elle remonte le temps, libérant chaque brin qui s’est trouvé piégé dans sa hâte.
Quand enfin elle peut se remettre à avancer, quelques coups réguliers lui font lever les yeux. C’est le temps qui gagne sur elle. Elle ne lui en veut pas.

La jalousie

Il y a des jours comme ça, et elle le sait. Elle s’avance lentement, rechignant comme la bête qu’on mène à l’abattoir. Sauf qu’il n’y a pas d’abattoir, pas d’échappatoire non plus. Et puis il ne faut pas trop en faire. Il y a des jours où tout va bien. Il y a des jours où tout aurait pu aller bien.
Elle sait qu’une fois passé le pont, elle sera dans un autre monde, où son visage ne sera jamais vraiment le sien, où son masque lui fera mal d’être trop lourd à porter. Elle sait qu’on ne peut pas vivre sans le monde, et que sous sa carapace, de petites fissures lui montrent sans cesse du coin de l’œil ce qu’elle ne veut pas voir.
Il est déjà là. Et l’autre aussi.
Sur son visage, un sourire d’apparat, le sourire des grands jours, celui des belles fêtes qui laissent dans le cœur le désir d’être toujours en vie. Mais le sien est vide. Ou plutôt, elle aimerait qu’il soit vide. Quand il n’y a rien, rien ne blesse.
Elle s’avance. Un pas de circonstance, qui claque haut et fort, qui fait autant de bruit que tout ce qu’elle voudrait hurler au vent. Ce sont ses nerfs qui la portent, ce réseau complexe qui lui fait ressentir chaque soubresaut du sol sous elle. Elle sait que la terre tremble de ses sentiments en ébullition.
Il faut montrer que tout va bien. Il y a des questions qu’on attend, il y a des questions qu’on évite. Elle sait reconnaître le mensonge quand elle le voit. Elle sait lire le visage tourné vers elle, qui la défie. Elle sait prendre son plus bel air indifférent, quand au fond, pas une goutte de son sang ne bouillonne de mépris.
Il croit que tout va bien. Elle le laisse croire.
Elle sait qu’elle a tort. Elle sait qu’elle ne doit pas. Il y a des moments où même la plus sage raison se tait devant la plus absurde émotion. Qui sont-ils pour savoir ce qu’elle ressent ? Des êtres humains, comme elle. Des êtres que trop de choses animent, que trop de ficelles tirent en tout sens, qui finissent par se rompre. De pauvres pantins désarticulés, trop faibles pour vivre, trop faibles pour mourir.
Elle passe son chemin, ignorant les regards, les mots, les gestes, les effluves qui lui crient au visage, qu’elle refuse de voir, qu’elle ne peut éviter. Elle part la tête haute, le cœur en berne de ne savoir que faire. Elle ne possède rien, elle n’a aucun droit. Elle voudrait jeter à la face du monde qu’elle est au-delà de ça, que rien ne l’atteint, parce qu’elle sait. Elle sait que tout finira bien, parce qu’elle en a vu d’autres. Ou peut-être simplement, elle sait qu’elle renoncera, parce qu’elle ne peut rien faire, parce que c’est son droit.
Il a le droit d’aimer.
Elle aussi.

Le manque

Elle est étendue là, dans le noir. Il n’y a pas un bruit autour d’elle. Ou alors quelques craquements au loin du bois qui vit, quelques grattements de petites griffes qui se frayent un chemin sous les toits, cherchant refuge dans les alcôves que des humains trop grands ont omis. Il y en a peut-être d’autres, mais elle ne les entend pas. Autour d’elle, il n’y que les vibrations des pièces qu’elle écoute. Celle-là, elle la connait par cœur. Plus encore, c’est son corps qui la connaît. De son souffle, elle suit les intonations lyriques qui la guident dans ces phrases qu’elle ne comprend pas. Son ventre se soulève, laissant entrer l’air qui lui permettra de conduire la ligne jusqu’à sa fin. Ses lèvres frémissent, murmurant cette autre langue, formant les voyelles qui la mènent toujours un peu plus haut.
Elle y est. Une grande abbatiale, une tribune sculptée qu’elle fixe du regard. Il faut qu’elle s’accroche, qu’elle trouve un repère. Sa voix cherche à sortir, à s’enfuir. Elle doit la maîtriser, lui donner son but, la diriger. Elle cherche. Bien ancrée dans le sol, elle ne peut interrompre sa mélopée, mais ses yeux ne trouvent pas de repos. Une foule de visages, pourtant moins dense qu’elle ne le croit, mais qui ne veut pas lui dévoiler celui qu’elle cherche. Il faut qu’elle trouve, ou elle chantera en vain. Mais elle sait que c’est inutile. Elle chantera pour les anges de bois.
Elle est toujours étendue là. Les larmes coulent doucement sur ses joues, formant une petite oasis sous son visage. Une dernière envolée de notes la ramène où son corps se trouve. Par un coin d’ouverture, elle voit s’avancer la lune. Sa lumière cristalline vient déposer sa douceur cotonneuse pour sécher sa tristesse. Il fait une clarté vacillante. Elle se lève. Par l’ouverture, elle regarde la nuit qui se dessine. Il n’y a pas grand-chose à voir. Quelques arbres se balancent doucement dans l’air du soir. Ils ont entamé une danse qu’eux seuls peuvent comprendre, mais qu’elle regarde avec envie. Toutes ces petites ramures qui se font la révérence. Un peu plus loin, c’est la silhouette massive des habitations endormies. Peut-être que là-bas, derrière cette fenêtre aveugle, quelqu’un rêve, ou la regarde de la même façon. Peut-être qu’un plus loin encore, quelqu’un pleure, ou raconte une histoire. Toujours un peu plus loin, on se déchire peut-être, ou on se réconforte. Encore plus loin, elle ne veut pas savoir. La lumière artificielle des villes vient blesser son regard. Il y a de la vie là-bas, on ne rêve pas encore. Peut-être même qu’on ne rêve plus du tout.
Elle retombe à genoux dans un froissement de draps. Elle tend une main hésitante autour d’elle, d’abord tout près, puis de plus en plus loin. Elle s’assure que rien ne viendra la déranger cette nuit, quand elle trouvera enfin le sommeil.
Elle est à nouveau étendue là. Avant de fermer les yeux, elle fixe une dernière fois la lune. Qui n’éclaire qu’elle.

La peur

Elle ne sait pas comment c’est arrivé. Elle ne sait pas pourquoi. Pourquoi une journée ordinaire ne le reste pas. Le soleil s’est levé dans une nappe de brume. Une journée comme une autre. Il ne fait jamais tout à fait beau ici. Il y a toujours un petit coin de nuage qui traine. Pas grand-chose, juste une petite présence, pour ne pas oublier. La brume ne s’attarde pas. La première pointe de chaleur la fait fondre, la rend à l’immensité. Elle aurait pu se réjouir. Elle aurait dû, ne serait-ce qu’un instant.
Elle cherche d’abord à comprendre. Elle connaît les signes, elle sait les lire. C’est souvent l’absence qui déclenche la suite. Elle se questionne sur ses raisons. Qui donc est le coupable ? Peut-être elle après tout, elle ne sait pas très bien, elle ne peut pas savoir. Il y a trop de distance, les mots se perdent, se transforment, arrivent un peu trop tard, n’arrivent pas du tout. Elle croit que quelque chose est arrivé. Peut-être. Comment en être sûre ? Elle laisse errer son regard dans le ciel. Elle sait que si elle regarde dans cette direction précise, elle se rapprochera de la réponse. Mais ne la trouvera pas. Elle reste bien cachée, au fond des inquiétudes, des non-dits, des omis.
Elle sent dans ses entrailles le serpent qui se love. Ce n’est pas un serpent, c’est un petit félin, une présence presque irréelle, pas vraiment là, pas vraiment absente. Elle essaie de l’apprivoiser, tend la main pour que l’animal vienne s’y frotter. Elle avance un peu plus les doigts, juste assez pour recevoir le coup de griffes. Elle savait qu’elle devait se méfier, mais elle essaie toujours. Elle le laisse ronronner au fond de son estomac, lourde présence feutrée.
Elle tente de l’apaiser. Il faut lui donner de quoi nourrir son impatience. Mais rien n’y fait. Il absorbe ce qu’elle lui donne, mais ne se laisse pas duper. L’angoisse est là, et ne compte pas s’en aller. Alors elle se met à espérer. Elle imagine un instant que tout va bien, qu’il y a tout près d’elle quelqu’un en qui elle en confiance, à qui elle donnerait sa vie. Elle sait qu’il est là. Elle tend la main, pour prendre la sienne. C’est le contact du métal froid qui lui répond. Elle la sent sous ses doigts tremblants, cette petite courbe d’argent qui l’attache à ses autres promesses.
Elle est prête à renoncer. Doucement, elle se couche, ramenant peu à peu son corps sur lui-même. Bientôt, elle peut poser sa tête sur ses genoux. Ce sont ses larmes qui closent la distance. Elle ne fait plus qu’un avec elle. Elle est seule avec ses attentes, avec ses espoirs, aves ses désillusions. Elle y croit encore, mais elle se laisse aller, parce que parfois son corps n’en peut plus. Elle veut juste pourvoir dormir d’un sommeil sans rêve. Elle veut juste que demain soit vraiment un autre jour. Elle se laisse bercer par le silence. Il n’y a rien autour. Il n’y a rien à craindre. Peut-être.

Le temps

Elle a longtemps attendu. Elle s’est souvent demandé si ce n’était pas en vain. Elle a souvent cru que rien ne changerait. Et pourtant. Le temps lui a donné tort, et elle ne lui en veut pas. L’horloge s’est arrêtée sur le mur blanc. Elle ne la remontera pas. Elle n’en a plus l’utilité. Aujourd’hui, le temps a perdu son emprise, il n’existe plus. Elle lui a concédé une victoire, elle ne lui cèdera pas sa vie.
Elle regarde une dernière fois si tout est à sa place. Elle a mis sur le rebord d’une fenêtre quelques grains de sable arrachés à la dune. Ils ont encore l’odeur de la marée qui est venue si souvent leur rendre visite. Ils gardent la marque de sa caresse, qui les a lentement déformés, modelés, pour qu’ils ne forment plus qu’un avec elle. Tellement proches, tellement loin, ils sont un tout distinct qui se perd dans un ciel bienveillant.
Elle baisse les rideaux. Ce soir, la lune ne brille pas, elle est nouvelle. Pas encore assez mûre pour pouvoir éclairer le monde de sa face. Mais elle est là, quelque part, qui guette le moment opportun pour darder ses rayons. Ce soir, elle n’a pas besoin d’elle. De petites étoiles font signes aux plus grandes. Une lueur vacillante illumine les coins sombres. Ce soir, elle débusque la peur. Elle ne regardera pas sous le lit pour s’assurer qu’aucun monstre ne s’y cache. Elle ne sursautera pas au moindre bruit, au moindre mouvement. Ce soir, elle existe pour elle. Elle existe pour eux.
Dans la vaste cheminée de pierre, quelques craquements sonores lui rappellent qu’elle a encore des choses à faire. Quelques morceaux de bois rejoignent leurs compères dans la mort. Ils ne lui en veulent pas. Ils sont nés dans ce but. Ou du moins, c’est ce qu’elle aime se dire, et leur murmurer, pour apaiser leur âme de résine. Elle tend les mains vers eux, et la chaleur vient à elle, caressant ses doigts du bout des flammes.
Il vient à elle aussi. C’est d’abord un souffle doux sur sa nuque, un murmure sans paroles, rien qu’un son qui l’enveloppe, la protège. C’est une main qui glisse le long de son bras, effleurant ses côtes, poursuivant sa route sur son ventre. Elle frissonne quand le froid passe sur sa peau, pour un instant seulement. Elle aurait juste à se détendre un peu, à se laisser aller dans cette étreinte. Mais elle ne le fait pas. Elle sait qu’il y encore du chemin à faire. Elle sait toutes les routes qui se tracent encore, qui se perdent, qui prennent les détours. Elle ne veut pas encore y croire. Elle doit faire face.
Elle se retourne. Dans son regard, c’est l’or dormant au fond d’un océan de lumière. Elle sait qu’on peut s’y noyer. Mais elle a appris à y lire les écueils, à les contourner, à naviguer dans les eaux calmes, ou turbulentes. Sur ses lèvres, c’est l’invitation au voyage. Elle y a vécu toutes ses aventures, elle y a déposé ses plus beaux rêves. Elle tend la main pour en parcourir encore une fois la courbe, puis s’arrête. C’est inutile. Elle la connaît par cœur. Ou peut-être pas. Peut-être qu’elle croit connaître, mais qu’elle ne sait toujours rien. Et peu lui importe. S’il faut recommencer, elle le fera. Peut-être maintenant, peut-être plus tard, peut-être jamais. Le temps s’est arrêté. Le monde tourne encore, mais sans eux.
Elle sait qu’elle peut s’endormir. Il ne partira pas.

Il y a des nous qui ne s’écrivent pas

Il y a des nous qui se disent
Il y a des nous qui se vivent
Il y a des nous qu’on espère
Il y a des nous qu’on rejette
Il y a des nous qui font peur
Il y a des nous qui font envie
Il y a des nous qui deviennent eux
Il y a des nous qui deviennent je
Il y a des nous qui se rêvent
Il y a des nous qui le restent
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !