L'ombre de mon ombre

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J'ai failli avoir un accident en rentrant de mes vacances en Lozère. Deux semaines à la campagne. Un plaisir raffiné : le contact direct avec la nature. Une maison en pierre à toit de lauzes, à l'écart de Cheylard-l'Evêque, village où les randonneurs se donnent rendez-vous, histoire de boire un vrai coup au Refuge du Moure, avant de reprendre la route. La sensation d'être seul au monde et d'avoir voyagé dans un lointain passé. Ce que je recherchais. Au bout d'un jardinet clôturé par un muret enkysté de galets, dix mètres à parcourir jusqu'à une petite rivière où taquiner la truite. A l'entour, des champs où bourdonnaient les abeilles, stridulaient les grillons, le soir, et des forêts peuplées de chevreuils élégants et de sangliers bourrus.
Le contact direct, très direct, avec la nature, sur la route qui me ramenait chez moi, dans le Tarn, quatre heures plus loin. Une biche évitée de justesse, entre Barjac et Chanac, alors que je roulais en direction de l'A75.
Je me suis retrouvé en travers sur cette départementale, à la suite d'un méchant coup de frein. Personne n'arrivait en face, et je me suis dit que j'avais une chance de cocu. Ce qui était faux, forcément, puisque j'étais célibataire depuis ma naissance.
J'ai redémarré en maudissant le bestiau qui avait failli me gâcher les vacances.
J'en ai rêvé la nuit suivante, entre mes beaux draps. Mais le bestiau en question y était figuré par un enfant qui me ressemblait étrangement. Je n'avais point freiné, choisissant d'éviter l'obstacle, et m'étais retrouvé dans le ravin. Le choc m'avait réveillé. Je suis sûr que j'ai hurlé. La suée avait épargné les frissons qui transformaient ma peau en gazon synthétique.

Un paradoxe m'a survolé. Un drone eût fait moins de bruit. J'étais excité, je l'avoue, à l'idée de rentrer. J'avais un énorme faible pour la voisine. Pour sa peau laiteuse couverte de taches de rousseur, son sourire mutin, ses yeux couleur lagon, sa voix suave jusque dans l'aigu. Je l'entendais chanter, chaque matin. Tellement mieux que le coq de Cheylard-l'Evêque. Les vacances m'avaient paru si longues ; j'avais failli raccourcir mon séjour en Lozère sur un caprice.
Cette femme m'avait manqué, surtout son parfum qui planait, lui aussi, au-dessus du mur mitoyen. Je m'efforçais de le sniffer discrètement, sans renifler.
Elle avait emménagé depuis peu. La maison était à vendre depuis deux ans. Je m'étais dit que c'était la fin du silence, et le début de multiples sollicitations, sel, beurre ou papier. J'avais été la cible du voisin précédent qui trouvait toujours un prétexte pour s'inviter. Je me rappelle qu'il avait eu besoin d'écrire un courrier et s'était trouvé démuni, en manque de papier à lettre. Il avait sonné à ma porte vers minuit. J'avais sursauté. Je ne dormais pas, lisant un bouquin acheté dans l'après-midi. C'était un rituel, chez moi : ne pas attendre pour consommer ma nourriture spirituelle.
« Vous m'avez fait peur. »
« Vous regardiez la télé ? »
« Non. »
« Vous dormiez, peut-être... »
« Non plus. »
« Désolé, je n'ai pas vu l'heure passer. »
Je le savais capable de poster sa lettre au cours de la nuit pour qu'elle parte plus vite.
« Essayez un pigeon voyageur. »
« Je ne suis pas dans une période de chance, il risque d'être attaqué en piqué par un faucon. »
Je l'avais cru sérieux, mais il avait éclaté de rire et nous avions bu quelques verres de whisky. Il était rentré chez lui en titubant, sans le papier à lettre, oublié sur la table du salon. Il était revenu pour le récupérer, me réveillant alors que le coq n'avait pas encore chanté sur ma table de chevet. Le radioréveil ne me laissait aucun répit.

Miranda, ma nouvelle voisine, était d'une amabilité rare, un sourire en stand-by sur son visage accueillant. Mais, ce jour-là, elle m'avait souverainement ignoré, tête basse, alors que j'étais tout heureux de la revoir. En Lozère, j'avais souvent rêvé d'elle. J'avais même été à deux doigts de l'appeler, luttant contre cette pulsion, bien aidé par l'archaïsme des lieux. Il n'y avait pas Internet dans le gîte, mais son propriétaire était équipé, et il était fort zélé.

Nous nous étions croisés sur le trottoir, devant ma maison. La sensation qu'elle avait vu un courant d'air, et qu'elle ne tenait pas spécialement à être décoiffée. Elle avait traversé la rue pour ne point me montrer qu'elle rentrait chez elle... Car si l'envie de lui adresser la parole m'avait titillé... Ou de frapper à sa porte...
J'ai été à peine rassuré lorsqu'elle est montée à bord d'un véhicule garé en face. Une femme l'attendait, assise à la place du conducteur. Il était aisé de l'imaginer pianotant sur le volant.
Etais-je devenu invisible ? Miranda était-elle trop préoccupée par ce rendez-vous ? Une mauvaise pensée, pensée de macho, m'a parcouru l'esprit. Elle a immédiatement fait demi-tour.
Je suis rentré en claquant la porte, vexé. Là, oui, il y eut un courant d'air. Des rideaux ondulèrent jusque dans le salon, câlinant les portes-fenêtres. Envie de me barricader. D'attendre des jours meilleurs, allongé sur mon lit, les jambes brisées par la couette devenue rocher, la radio lançant un essaim de décibels sur le gisant.

Ce jour-là, le facteur a sonné trois fois. Sans doute un recommandé. Il insistait, je me suis bougé. J'étais au fond du jardin, en train de bêcher la terre de mon potager. Je commençais à m'étonner de l'absence d'odeur. D'habitude, chaque fois que je brasse mes plates-bandes, il y a comme un parfum de renouveau, de printemps ressuscité. Pas cette année. Je n'avais aucun souci d'odorat. La daube provençale que je m'étais mijoté, en Lozère, avait exhalé des relents d'enfance, quand ma grand-mère touillait dans la marmite en fredonnant un air de Charles Trenet...
J'ai ouvert la porte et le facteur continuait de sonner en maugréant. J'ai même cru entendre un gros mot qui me visait directement.
« Encore en vacances, ce gros fainéant ! »
Il avait placardé un avis de passage dans le vide. Il avait failli me le scotcher sur le front. Et il était reparti après avoir refermé la cage des noms d'oiseaux. J'étais bien décidé à le signaler à sa direction. Pas pour les insultes, non, parce qu'il avait feint de ne point me voir. Si je n'avais pas récupéré l'avis de passage au vol... avec ce satané vent du nord...
Mais pourquoi ne l'avait-il pas glissé dans la boîte aux lettres ? Elle était obturée par une liasse de prospectus. Les facteurs n'avaient-ils pas un passe-partout, comme certains cambrioleurs ? Mais s'il avait ouvert la boîte, il aurait fallu ramasser les flyers éparpillés sur le trottoir, et...
Je me suis dit : « Encore une mauvaise pensée, bonhomme ! Décidément, ces vacances ne t'ont pas déstressé, au contraire !"
Puis j'ai dodeliné de la tête.
« Ou alors, c'est parce que... parce que Miranda t'a ignoré. Avoue ! »

Je m'étais bien gardé d'avouer. J'étais naturellement d'une mauvaise foi crasse. Cette nuit-là, j'ai plutôt mal dormi, me réveillant toutes les heures à cause de...
A cause de la grande horloge à balancier, sur le palier, qui égrenait les secondes comme un métronome. Un cadeau de mon grand-père qui l'avait achetée à un brocanteur de ses amis. La musique du temps commençait à me prendre la tête. Comme si je souffrais d'hyperacousie. Moi qui croyais que l'acuité auditive diminuait en vieillissant, et non l'inverse. La maladie n'avait pas évolué progressivement. Je me suis rendormi vers deux heures du matin. J'ai rêvé que je jonglais avec des billes. L'une d'elles avait roulé sous la porte de ma chambre et les autres s'étaient précipitées à sa suite. Il y en avait douze en tout et c'était minuit. C'est le silence qui m'avait bouté hors du sommeil. C'était midi. J'avais fait la grasse matinée. Il était temps que j'aille vider la boîte aux lettres et sortir la poubelle. Mais le téléphone a sonné.
Il n'y avait que mon ami Raoul pour continuer d'appeler sur le fixe. J'ai décroché en faisant preuve de nonchalance. La modernité faisait naître la nostalgie, mais j'étais incapable de prendre parti. J'avais complètement oublié de lui annoncer mon retour sur nos terres. C'est lui qui m'avait conseillé d'aller « prendre l'air » en Lozère.
« Et, surtout, tu ne le rends pas, d'accord ? »
J'aimais bien son humour décalé.
C'est en Lozère qu'il avait rencontré la femme de sa vie, alors pour lui, ce département, c'était le paradis, le lieu idéal pour se ressourcer, ou pour revivre.
« Je suis sûr que, là-bas, les papets ont la moyenne d'âge la plus élevée. Il y fait si bon vivre. Ils s'accrochent à la vie plus qu'ailleurs. »
Il était chiant lorsqu'il redevenait sérieux.
J'eus beau gueuler « Allô ! » je ne reçus, en retour, que des grésillements. Raoul rappela dix minutes plus tard. Même résultat. J'ai dégainé mon portable et, étrangement fébrile, pianoté son 06.
« Qui êtes-vous ? Un imitateur ? Ce n'est pas rigolo ! »
« Mais, Raoul, c'est moi, Franck. »
« Connard ! »
Je fus déboussolé comme le jour où un flic m'a demandé mes papiers, parce que je roulais trop vite, alors que je me rendais au commissariat pour déclarer qu'ils m'avaient été volés.
J'ai décidé de me rendre à son domicile. Il habitait une villa dans les quartiers sud, en front de mer. J'ai pris la voiture ; d'habitude, en ville, je prends le bus.
Sur tout le parcours, je fus reluqué comme si j'étais une nana conduisant à poil. Les yeux s'écarquillaient, même ceux des femmes. J'ai aussi motivé un mouvement de panique chez des piétons qui traversaient au feu rouge. Piétons qui, pour une obscure raison, se mirent à courir pour atteindre la rive opposée de ce long fleuve apparemment peu tranquille.

L'odeur d'iode...
La première que j'ai humée en venant au monde, enfant de la mer.
Longtemps que je ne m'étais pas pointé chez Raoul. Il avait un grand jardin avec une piscine qu'il n'avait toujours pas remplie. Je le soupçonnais de collectionner les feuilles d'automne. Il descendait par le petit escalier de marbre gris, muni d'un aspirateur de voiture, et remplissait son herbier en choisissant des raretés. Je l'avais connu plus détendu mais, paradoxalement, depuis qu'il avait rencontré la femme de sa vie, il vivait dans une perpétuelle crainte. L'amour le rendait-il paranoïaque ?
Je l'ai hélé tandis qu'il sortait sur le perron. Il a réagi bizarrement, levant les yeux au ciel comme si un nuage venait de passer et qu'il s'en inquiétait. Avait-il prévu une cueillette de feuilles d'automne ? S'il pleuvait, elles se transformeraient en nénuphars, et il devrait faire la guerre aux grenouilles. Cette pensée me fit sourire, mais j'ai grimacé quand Raoul a regardé dans ma direction, puis s'en est détourné dans un silence de cimetière.
L'été indien était omniprésent et les ombres dansaient sans que le vent les aide à se prendre pour des algues au fond d'un aquarium.
Mais quand il s'est levé, il m'a aidé à écouter aux portes sans avoir à coller mon oreille à un mur.
La nana de Raoul l'avait rejoint sur la terrasse.
« Raoul, tu sens ce petit air frisquet, soudain ? »
« C'est le mistral qui se lève, mon cœur. Rentre si tu as froid. »
« Regarde. Il y a une voiture garée devant la grille d'entrée. Je ne l'ai pas vue ni entendue arriver. »
« C'est parce qu'elle a été parachutée, mon cœur. »
Et il avait éclaté de ce rire tonitruant que je redoutais tant parce qu'il me cassait les oreilles.
J'ai démarré et déguerpi comme si je venais de lui voler ses feuilles d'automne.
Quelque chose me turlupina, sur le chemin du retour, alors que je m'étais arrêté pour pisser contre un arbre.
Mon ombre. Je n'avais plus d'ombre. Personne ne vérifie, j'en suis sûr, mais peut-être que, de temps en temps, nos ombres prennent des vacances, elles aussi. J'ai haussé les épaules en me disant que c'était un phénomène atmosphérique.
Arrivé devant ma maison, j'ai eu confirmation que ma sœur siamoise ne me talonnait plus. J'ai ressenti un urgent besoin de m'allonger et de dormir un peu. En montant les marches, j'ai espionné les murs. J'ai eu envie de pleurer. Elle me manquait déjà.
Une absence dont on n'évalue jamais le poids. En me glissant sous la couette, aussi lourde qu'un nuage, j'ai plaint les gens qui habitaient les régions pluvieuses. Mon reflet avait également refusé de se montrer dans la glace de l'armoire. Moi qui n'osais jamais me regarder, de peur de me voir vieillir. C'est tout juste si je ne portais pas un masque pour me raser.
J'ai souri à cette évocation mais j'ai souhaité ne jamais me réveiller.

Je venais d'ouvrir les yeux dans un monde de nuit. Je n'étais pas aveugle, non. Il me semblait bien apercevoir une lumière au bout d'un long corridor, et entendre une sorte de goutte-à-goutte, plus près. Comme si je m'étais abrité sous un tunnel, après avoir été surpris par un orage. La lumière, c'étaient les éclairs, et, par les fissures des parois, l'eau du ciel se faufilait parce qu'il fallait bien trouver une sortie. Panique au sein des gouttes. Et il y eut cette voix, que je connaissais, et qui murmurait à mon oreille à la manière d'un conspirateur.
Raoul était entré sans frapper. J'avais laissé ouvert, forcément. Et il s'inquiétait parce que j'étais comme mort sur mon lit, incapable de bouger et de voir. Il était venu pour me demander pardon. De m'avoir ignoré ?
« Pas grave, Raoul, l'essentiel, c'est que toi, tu ailles bien. »
Et l'autre, la voix du rêve, qui dit : « Le toubib m'a dit qui fallait te parler, que tu entendais. Il se fait du souci. Moi aussi. Ce qui t'arrive est de ma faute. C'est moi qui t'ai conseillé d'aller là-bas, en Lozère. Il paraît que tu as plongé dans le ravin en cherchant à éviter une biche. Heureusement, quelqu'un était là, qui cueillait des fleurs sur le bord de la route. Cette personne a tout vu. C'est elle qui a appelé les pompiers. C'est une belle invention, le portable, hein, mon salaud ? C'était une femme, une très jolie femme, oui. Tu pourras sans doute la rencontrer pour la remercier. Mais pour cela, il te faudra revenir de ce coma. Ne tarde pas trop, ton pote t'attend. Je suis sûr qu'il fait froid dans ce tunnel. Dis, Franck, dis-moi que tu ne m'en veux pas ! »
Je me suis réveillé en lui hurlant que non, je ne lui en voulais pas.
Mais que m'avait-il fait ?
Un cauchemar, un de plus. J'ai fait coucou au radioréveil. Je n'avais dormi qu'une heure et des poussières. Ce sont les poussières qui m'ont irrité les paupières. J'ai évité de lorgner en direction de l'armoire. J'ai fermé les yeux, une nouvelle fois, pour fuir la double peine : pas de reflet dans la glace, ni d'ombre sur les murs.
Prendre une bonne douche, boire un café bien chaud et partir me balader, le long des calanques, en me gavant d'iode, puis revenir à la tombée de la nuit, avaler une soupe de légumes en poudre et retourner me coucher.

La balade m'a fait un bien fou. Une mouette m'a survolé et sa déjection m'a raté de peu. Ces oiseaux ne respectent rien ni personne. Mais leur maladresse sauve le passant. En Lozère, les corbeaux sont plus subtils, ils se contentent de taquiner les buses en plein vol. En terrain de connaissance.
Je me suis surpris à comparer les fragrances de la mer à l'odeur de bouse. J'ai dû m'ébrouer pour chasser ce délire olfactif.
Un autre m'attendait devant ma maison. De taille. Inodore.
Un camion de déménagement. Miranda quittait le quartier.
Je me suis retenu de...
Je ne me suis pas retenu longtemps.
Ce n'était pas elle. Sa porte était fermée. On ne laisse pas la porte fermée quand on doit aller et venir.
En revanche, la mienne était ouverte. C'est de chez moi que des colosses au regard noir sortaient les meubles pour les caler dans le camion.
Mon horloge à balancier...
Un seul homme pour transporter ce bijou. J'ai crié.
« Mais je ne déménage pas, hé ! Qu'est-ce que vous faites ? Vous n'avez pas le droit ! Au voleur ! »
Le colosse m'a ignoré.
Je l'ai insulté. Rien. Aucune réaction. Je m'exposais pourtant. Etait-il sourd ?
Des volets ont claqué contre un mur. C'était Miranda qui admirait le travail des lutteurs de foire, sans doute fascinée par leurs muscles. Ils avaient volontairement retroussé leurs manches. J'ai foncé sur celui qui manipulait l'horloge.
Je me suis retrouvé le cul dans le caniveau. Je l'avais traversé.
Il y eut une voix, une voix qui ânonnait une vérité dramatique.
« C'est fini. Il est parti. Il avait de la famille ? »
« Non, c'était un solitaire consanguin. »
Raoul. Il faisait de l'humour avec un mec qui venait de commenter ma mort.
Les volets de Miranda se sont refermés, et l'écho a répété ce tir de mitrailleuse jusqu'à ce que je sois sourd, aveugle et muet.

Je suis devenu un fantôme.
Les nouveaux locataires sont très gentils. Surtout le fils, dix ans, qui joue avec moi quand je me montre en utilisant le miroir de la salle de bains. Ses parents sont contents lorsqu'il se lave, deux ou trois fois par jour. La proximité de la mer l'a métamorphosé, apparemment.
Le petit m'a dit qu'ils arrivaient de Lozère. Leur accent coulait de source. J'ai eu de la chance qu'il soit médium. Il s'est plaint que sa maman ne le croyait pas. Mais son papa caressait le miroir de la salle de bains avant et après s'être rasé. Il avait de grandes mains. Je me suis dit, dans un grand sourire, qu'elles avaient dû tuer pas mal de cochons.
Il cherchait visiblement quelque chose, ou quelqu'un.
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