A toi de jouer, ma sœur

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"L'homme est une création du désir, et non pas du besoin" Gaston Bachelard  [+]

« Francis Clermont et Marie Deglia forment un beau couple de musiciens. Ils ont donné ensemble nombre de concerts, mais ne se produisent presque plus en public depuis la disparition de la soeur jumelle de Marie. Les deux soeurs étaient tellement liées. L'une est violoniste, l'autre était violoncelliste. Elles ne se quittaient pratiquement jamais. Quand l'une était sur scène, l'autre était dans les coulisses. Francis accompagnait chacune d'entre elles au piano. Toutefois, ils ont rarement joué tous les trois ensemble. Chacune des soeurs avait intégré une formation de musique de chambre.

C'est lors d'une tournée de concerts que Fanny a disparu, voici six mois environ. Elle a laissé une lettre faisant part de son intention de mettre fin à ses jours. Malgré d'intenses recherches, la police n'a jamais trouvé la moindre trace d'elle. Depuis, Marie Deglia et Francis Clermont vivent à l'écart du monde dans un petit manoir perdu dans une de ces campagnes généreuses et verdoyantes où les jours s'écoulent sans heurts, jusqu'au jour où le destin en décide autrement. C'est là que nous sommes allé leur rendre visite, Marie ayant sollicité un reportage auprès de notre rédaction.  

A l'évidence, Marie a du mal à se remettre de la disparition de sa soeur. « Elle me manque énormément, confie-t-elle. Ce qui me manque surtout, ce sont les souvenirs de notre adolescence. Une grande carrière professionnelle s'ouvrait à nous. Or, il n'est pas toujours aisé de se faire une place dans le monde de la musique. Certes,  il  y a plus d'opportunités pour une violoniste d'entrer dans un orchestre. Mais nous voulions toutes les deux devenir solistes. Cela lui a été facile de se faire reconnaître comme virtuose. Au fil du temps cependant, son jeu n'a pas été à la hauteur de ses attentes. Ça la démoralisait énormément.

Je m'en suis toujours voulu de ne pas avoir pris la mesure de son état. Bien sûr, je la savais fragile, mais je ne me suis pas rendu compte à quel point elle souffrait. Elle en donnait quelques signes que je n'ai pas su interpréter. Je la revois, ici même (NDLR dans la salle à manger du manoir), rêveuse, presqu'absente. Nous avions remarqué, Francis et moi, qu'elle manquait parfois de concentration. Pas en concert. Enfin, pas toujours. Les critiques ont été très sévères avec elle. Ils lui reprochaient un jeu trop appuyé. Et le violoncelle se suffit à lui-même. Il n'a pas besoin que l'on en rajoute. Fanny avait un jeu romantique, c'est vrai. Tout le monde se souvient de sa remarquable interprétation des sonates pour piano et violoncelle de Chopin. Elle n'avait pas choisi cet instrument par hasard. Elle l'avait choisi pour son grain qui rappelle la voix humaine.

Cependant, ce que l'on peut faire lorsque l'on joue une sonate en soliste ou les suites de Bach (NDLR Les Suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach), on ne peut pas le faire dans un quatuor. Il faut composer avec les autres instruments, les laisser s'exprimer à leur tour. Or, Fanny mettait peut-être un peu trop le violoncelle en avant. On retrouve souvent cette tendance chez les grands romantiques : ils ont du mal à s'effacer. Ils ont un peu tendance,  - comment dire ? -, à mettre leur ego douloureux sur le devant de la scène. Mais elle manque, elle manquera, à tous ceux qui l'ont aimée. »

Marie Deglia n'en dira pas davantage sur Fanny. Francis Clermont non plus. Le couple vit discrètement d'après les habitants du village près duquel il s'est établi depuis quelques années. Le parc du manoir est magnifique. Les marronniers en fleurs   conduisent à un vaste bassin.  Les jardins, tous de styles différents, valent qu'on s'y arrête, ainsi que la charmille. Il y a mille endroits où se cacher, mille endroits où se perdre. 

Ecoutons Francis parler de leur domaine : « Nous avons véritablement été séduits par le cadre. Par le parc, bien sûr. On ne sait pas où il finit, tant la campagne qui le prolonge est elle-même un parc. Tout ici a été dessiné par la main de l'homme. Pas un pouce du paysage qui n'ait été domestiqué, ordonné, humanisé. Tout semble naturel et rien n'est naturel. Le manoir, c'est presque le contraire. On s'y oriente mal. il y a quantité de recoins rebelles à la symétrie. S'il y a un ordonnancement, il nous semble fait d'une alternance d'espaces clos et d'espaces ouverts, d'espaces « privés » et d'espaces « publics », sans que nous sachions aujourd'hui si les notions de « public » et de « privé » signifiaient quelque chose pour les gens de l'époque ».

Francis Clermont est aussi bon historien qu'il est bon pianiste. Il connait l'histoire de l'architecture des châteaux et manoirs de France comme s'il avait écrit une thèse sur le sujet. 

Marie revient au présent. « Aujourd'hui, le manoir a sûrement retrouvé un calme qu'il n'avait pas autrefois. Nous sommes isolés. L'avantage d'être isolé, c'est que l'on peut donner des concerts sans déranger les voisins. Nous en donnions autrefois. Mais nous n'avons plus le coeur à cela... »

On sent la musicienne au bord des larmes. Elle n'en dira pas plus et changera rapidement de sujet en parlant du vignoble qui fait partie du domaine, mais dont ils ont confié la gestion à un viticulteur du coin. Il faudra attendre un peu plus tard pour qu'elle revienne sur ses confidences. »

 

             

 

      *       *

*

 

« - Voilà le début de mon article. Ce n'est pas l'usage, mais comme vous avez eu la gentillesse d'évoquer vos souvenirs et d'insister pour que ce soit moi qui les recueille, je vous le fais relire. »

Je tendis à Marie les deux ou trois feuillets que je venais d'imprimer. Elle les parcourut très vite.

« - Si vous désirez que je supprime le passage sur les critiques à l'égard de votre soeur, je le comprendrais bien sûr. 

- Non, non, vous pouvez les conserver. C'est la vérité. Ma soeur avait certes du talent, mais elle avait aussi ses défauts qui, à la longue, ont rejailli sur son jeu. Vous savez, les romantiques sont souvent de grands égocentriques. Ils font de ce qu'ils nomment leur « douleur » un étendard qu'ils brandissent en toute occasion. Ma soeur a toujours été une inconsolable amoureuse. Elle se morfondait dans ses souvenirs. Du coup, elle dépérissait. Nous ne pouvions plus rien pour elle. Les moments passés avec elles devenaient de plus en plus pesants. Vous n'avez aucune idée de la vie qu'elle nous a fait mener ! Elle évoquait sempiternellement un amour de jeunesse qu'elle avait perdu. Elle ne désirait plus rien, ne prenait plaisir à rien, n'avait de goût à rien. C'est tout juste si elle prenait ses repas avec nous. Elle vivait à l'étage. Les concerts étaient devenus pour elle une corvée. Elle voulait, disait-elle, quitter la scène. Hélas, elle l'a quittée. »

Marie se tut. Puis elle demanda aussitôt.

« Vous avez tous les renseignements qu'il vous faut pour la fin de votre article ? Si vous voulez, vous pouvez rester dîner. Nous devons répéter une sonate de Beethoven Francis et moi, mais vous aurez largement de quoi vous distraire dans le parc. Nous vous retrouvons vers 19 heures, si cela vous convient. Vous pouvez même rester coucher si cela peut inspirer votre article. Et Francis vous fera goûter quelques uns de ses excellents vins. »

 

  *      *

      *

 

J'ai accepté l'invitation de Marie Deglia. J'avais certes commencé mon papier, mais un petit séjour au manoir me permettait de « camper l'atmosphère » et complétait les informations que le couple de musiciens m'avait confiées sur leur vie professionnelle d'autrefois et sur leur vie privée d'aujourd'hui, bien qu'il soit resté assez discret sur ce dernier point. Je n'avais pas osé m'appesantir sur les circonstances de la disparition de la soeur jumelle de Marie. Ce n'était pas vraiment le sujet.

Je suis donc allé me promener dans le parc. J'ai contemplé les différentes perspectives, sur la pièce d'eau principale, sur les étangs, sur la campagne. Puis, je suis rentré vers 18 heures au château. Marie et Francis répétaient la huitième sonate pour piano et violon de Beethoven. Je me suis installé dans le salon pour les écouter. Le couple m'y a rejoint vers les 19 heures, comme prévu. Nous sommes passés à table vers les 19 heures 30. Je ne saurais dire pourquoi, mais je me suis senti assez gêné. Marie m'a parlé d'abord des vignes confiées à un viticulteur qu'elle a accusé de les « gruger ». A sa demande, Francis Clermont m'a resservi plusieurs fois du vin, des vins de leur propriété d'abord, puis d'autres régions. Marie Deglia semblait s'y connaître, elle nous donna un cours de dégustation. Puis subitement, à mon grand étonnement, elle s'est livrée à une relation des différents crimes commis dans la région avoisinante, empoisonnements à l'arsenic pour la plupart, prétendait-elle. Elle m'a semblé se délecter de ces histoires de paysans frustres, de vengeances recuites, de viols sordides, d'enlèvements non élucidés. J'avoue avoir songé à sa soeur à ce moment-là. Mais j'ai surtout pensé que la violoniste perdait la tête, ou, qu'en tous les cas, elle était un peu pompette. 

Je suis monté me coucher vers 11 H 30. Ma chambre était prête. Si je me suis endormi presqu'aussitôt, j'ai été réveillé par une soif intense. Je me suis levé. Il était à peu près 2 H 30. J'ai descendu les escaliers qui mènent au hall. Je n'ai pas osé allumer la lumière, mais les rayons de la pleine lune passant par la grande baie vitrée me permettaient de m'orienter sans heurter les innombrables meubles qui encombrent le hall. C'est en traversant celui-ci que j'ai découvert un corps étendu sur un canapé. Il m'a semblé que c'était Marie. Elle était à moitié endormie. Je l'ai réveillée. Aussitôt, elle m'a supplié de ne dire à personne que je l'avais vue. Ce n'était pas Marie, mais Fanny, sa soeur. Je ne saurais pas dire ce qu'elle faisait dans le hall. Elle semblait mi-endormie, mi-réveillée. Elle ne m'a pas semblé droguée en tous les cas, plutôt somnambule. Sa voix ressemblait à celle de sa soeur. Marie et Fanny étaient de vraies jumelles. Je lui ai fait part de ma surprise alors que tout le monde la croyait morte. Elle m'a confié qu'elle était au manoir depuis sa disparition. Elle m'a supplié encore une fois de ne rien dire de notre rencontre. Comme elle prétendait ne pas être malade ni avoir eu de malaise, je l'ai laissée.

Je suis allé dans la cuisine prendre mon verre d'eau, puis je suis remonté me recoucher. Vers 4 heure du matin, j'ai entendu de la musique qui provenait de l'étage supérieure. On jouait les suites pour violoncelle de Bach. Je suis monté. J'ai cogné à la porte d'où provenait la musique. J'ai découvert Fanny en déshabillé de nuit, toute frêle, toute blême, toute désemparée. Elle n'était pas surprise de me voir. Elle m'a alors expliqué que c'est elle qui avait voulu disparaître. Sa soeur, m'a-t-elle dit, avait été sa complice. Toutes les deux avaient imaginé écrire cette fameuse lettre où elle déclarait vouloir mettre fin à ses jours. En réalité, Fanny ne supportait plus la pression des concerts, ne voulait plus en donner, voulait se consacrer à ce qu'elle aimait. Elle se sentait heureuse. « En un premier temps ».

Elle faisait des progrès dans son jeu. Elle l'a dit à sa soeur. Marie lui aurait dit que jamais plus elle ne pourrait reprendre les concerts. Je suis incapable de dire si Fanny en avait l'intention, elle semblait redouter un peu le jugement de sa jumelle. Il m'a semblé cependant qu'elle désirait retourner dans le monde. Mais elle ne voulait pas brusquer sa soeur. Selon elle, le caractère de Marie serait devenu de plus en plus instable ; j'ai eu en effet l'impression au cours de mon séjour qu'elle était jalouse du talent de la violoncelliste. Fanny m'a semblé être retenue au manoir plus ou moins contre son gré. Je me souviens à peu près des propos que nous avons échangés. Je les livre, tels que je me les rappelle, afin d'aider la justice : 

Fanny:  Vous avez devant vous une morte vivante... 

Moi : Mais si l'on vous croit morte, vous ne l'êtes pas « légalement » puisque votre corps n'a jamais été retrouvé. Vous pouvez réapparaître. 

Fanny: Marie n'approuvera pas cette décision. Elle me sait très fragile.

Moi : Vous n'êtes pas prisonnière Fanny, vous pouvez sortir d'ici.

Fanny: Bien sûr. Mais si je sors, j'ai peur de devenir une mauvaise artiste. Marie me dit que je perds tous mes moyens devant un auditoire. Que cela a toujours été ainsi. Moi-même, je m'en suis aperçu lors de mon dernier concert. Vous ne savez pas ce que c'est : sentir que le public ne vous suit plus ! Sur scène, on sent bien si les applaudissements sont des applaudissements de politesse. Je préfère rester excellente en privé que mauvaise en public. »

Je ne saurais expliquer pourquoi, mais c'est cette affirmation qui m'a convaincu de la bonne foi de Fanny. Le contraste entre les deux soeurs étaient évident, l'une était cynique, l'autre très romantique. Je suis tombé sous le charme de cet être à qui la sonorité du violoncelle allait si bien. J'aurais fait n'importe quoi pour la revoir. C'est ridicule, je sais, mais c'est la vérité. Je lui ai proposé de l'aider à retrouver une vie normale. Elle a d'abord paru hésiter, puis m'a suggéré un plan. Marie avait monté une Fondation pour créer des conservatoires de musique dans les pays du Tiers monde afin que les enfants puissent apprendre à jouer d'un instrument. Je pouvais lui faire un chèque contre « sa réapparition en public ». Fanny expliquerait qu'elle avait couru le monde pour repérer les villes où ces conservatoires pouvaient être ouverts. Personne ne ferait le lien entre les critiques sur son jeu et sa « disparition ». Et les deux soeurs seraient créditées d'une bonne action. Vue sous cet angle, Marie serait sûrement d'accord avec cette idée. Bien entendu, Fanny me rembourserait par la suite, une fois qu'elle aurait repris son envol.

J'ai trouvé l'idée excellente. Comme j'avais un peu d'économies de côté, je suis allé trouvé Marie le matin même pour lui proposer le marché imaginé par sa soeur. « C'est une très bonne idée. Si elle veut refaire sa réapparition dans notre pays, elle peut en effet déclarer qu'elle a parcouru le monde. Bien sûr, on se demandera comment elle a fait pour passer les frontières sans être reconnue. Son  visage a été diffusé dans toute la presse. On trouvera bien une histoire... Faites un chèque au nom de la Fondation. On fera un jeu d'écriture et on dira que c'est elle qui a rapporté cette somme. Plus le montant sera gros, moins on lui fera d'ennuis, moins on cherchera à savoir comment elle a disparu... On vous le restituera une fois que la curiosité de la police et de la presse sera calmée. »

Je lui ai fait un chèque. D'un montant conséquent. Puis je suis allé boucler mes affaires. Au moment de traverser le hall, j'ai trouvé un téléphone portable qui traînait sur la méridienne où j'avais surpris Fanny la veille au soir. Je l'ai ramassé, plus par distraction que par curiosité. C'était le portable de Marie. Le dernier SMS envoyé était encore affiché. Il était daté de 3 heures du matin. J'ai lu « A toi de jouer ma petite soeur... »

J'avoue que je suis assez inquiet. »

 

 

    *          *

 

*

 

Signez ici votre déposition, s'il vous plaît. On ne peut rien dire de certain. La Fondation existe vraiment, nous venons de le vérifier. Il nous faut perquisitionner le domicile de Marie Deglia et de Francis Clermont, ne serait-ce que pour nous assurer de la présence de Fanny Deglia. Si je comprends bien, vous avez assez peu eu affaire à M Clermont. Nous l'interrogerons évidemment. Je vous demanderai de rester à notre disposition, s'il vous plaît.

 

      *       *

*

 

Mon chèque a bien été débité. Mais jusqu'à présent, on n'a retrouvé ni Fanny ni Marie. Marie s'est volatilisée tout comme sa soeur. Quant à Francis Clermont, il est éploré d'avoir perdu sa partenaire de jeu et la compagne de sa vie, mais aussi la coquette somme de 100 000 euros. Avec lui, je ne sais pas comment les soeurs s'y sont prises.  Avec moi, je ne le sais que trop. Romantisme, violoncelle, artiste en proie au doute, jeune femme en déshabillé... J'aurais fait n'importe quoi pour l'avoir dans mes bras.

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Guy Bellinger · il y a
Une machination bien orchestrée, digne de Boileau et Narcejac. Ces soeurs Labecque de l'escroquerie sont à mettre au violon.
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Brigitte Bardou · il y a
Ah, les suites pour violoncelle de Bach, comment ne pas être gagné par le romantisme? Une histoire bien menée et bien écrite !
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Pierre-Yves Poindron · il y a
Merci de votre passage. Et je vois que vous comprenez le malheureux narrateur... 😁
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Viviane Fournier · il y a
Un endroit mystérieux qui habille les personnages ... belle lecture , Pierre-Yves ... comme chaque fois ...
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Pierre-Yves Poindron · il y a
Merci de votre visite et de votre bienveillance.
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Gali Nette · il y a
Belle histoire, chute inattendue.
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Pierre-Yves Poindron · il y a
Merci beaucoup de votre passage dans ce manoir.
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Françoise Cordier · il y a
Une autre mise en scène que j'ai aimée aussi (surtout pour sa construction), toute cette série toujours servie par une belle écriture. On frissonne toujours en parcourant cette étrange maison, et on en redemande.
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Pierre-Yves Poindron · il y a
Après "Jeu d'ombre" et "Un clone disparaît", et avant "Sous le linceul", cette nouvelle met en scène les mêmes personnages, trois musiciens. Seul le narrateur change et avec lui, la chute.

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