Le sport est devenu, à la place de la guerre, le grand thème épique. Les écrivains sont des athlètes en chambre.

Pour certains, la littérature est un sport de combat. Ils tapent sur les touches de leur clavier comme ils frapperaient sur un punching ball. D'autres s'émeuvent sur les corps glorieux des grands cham­pions ou des forçats de l'effort, qu'ils soient cyclistes, footballeurs, tennismen, coureurs ou cavaliers. Peut-être parce que l'intensité de la compétition est, comme la densité du livre, de la vie por­tée à l'incandescence.

Mais il y a aussi des écrivains qui trouvent le sport stu­pide, comme la guerre. Dans tous les cas, on est pris par le texte comme on est pris par un match.