2
min

Un conte gastronomique

Image de July

July

10 lectures

1

Il était une fois un charmant petit garçon d'une blondeur angélique aux yeux d'un bleu limpide qui avait l'air le plus innocent du monde. Ce petit garçon, c'est moi, Liam.

Aujourd'hui, Thomas, un copain de classe , m'a invité à déjeuner chez lui.
C'est sympa de sa part, c'est sûrement pour me remercier de l'avoir défendu à l'école hier.
Des garçons plus veux passent leur temps à se moquer de lui, à l'humilier et à le tabasser. Thomas est un peu gros, maladroit, ses affaires sont souvent sales et il sent bizarre.
Ses parents tiennent une boucherie. Moi, je le trouve sympa et je veille à ce que l'on ne lui fasse pas de mal.

Devant la porte de l'école, j'aperçois Thomas qui m'attend avec ces bonnes joues rougies par le froid. Je le rejoins et le suis tandis qu'il se met à trottiner d'un pas pressé. Il habite à quelques rue de là. Je me rappel les recommandations de ma mère ce matin « Sois poli et discret, mange proprement, blablabla... » Comme si les parents de mes autres copains avaient jamais eu à se plaindre de moi.
En arrivant, je dois prendre sur moi pour ne pas me boucher le nez, l'appartement sens la viande, le renfermé et le vieux. Mais je souris aux parents de Thomas qui m'accueille chaleureusement, peu habitués à ce que leur fils ramène un copain pour le déjeuner. Je les salue et les festivités commencent. Ses parents n'arrêtent pas de dire à quel point je suis mignon et agréable. Sa mère me touche sans arrêt le bras en faisant remarquer à son mari comme je suis costaud pour mon âge.

Je me rappel d'un coup les histoires que les autres racontent à l'école. Que la viande de la boucherie ne serait pas qu'animal, que l'on déplore bon nombre disparition de SDF dans ce quartier. Une fois, Charlie, un de mes amis m'a même raconté qu'un élève avait mystérieusement disparu alors qu'il rentrait chez lui, en passant justement prés de la boucherie.

Je commence à trouver l'ambiance un peu oppressante et il me tarde que nous passions à table afin que je puisses sortir d'ici. Mais j'ai carrément la nausée quand la mère de Thomas ouvre le frigo et que j'aperçois des abats et divers morceaux de viandes sanguinolentes posées à même les étagères.
Nous passons enfin à table et je dois avouer que je me régale. Tout est délicieux et savoureux.
Je pourrais dire à ma mère que j'ai mangé pour la semaine, c'est sur que cette après-midi, je risque de dormir en classe.
Puis j'aide au rangement, je me lave les mains et je repars pour l'école avant d'être en retard. Je dois me dépêcher un peu et courir le ventre plein n'est pas chose aisée. J'arrive tant bien que mal pile au moment où la sonnerie retenti. D'ailleurs la maîtresse se moque gentiment de mon air débraillé et essoufflé. Je prends ma place soulagé de pouvoir enfin m’asseoir.

Charlie se penche vers moi et me demande:
« _ Ben il est où Thomas? T'était pas avec lui ce midi?
Je prends mon air angélique et lui réponds:
_Il a décidé de ne plus revenir, il va déménager, il en a marre de se faire embêter pas les autres, tu sais! »
Puis il retourne à son exercice de maths. Tout le monde se fiche de savoir où est parti Thomas. De plus je n'ai pas menti, il est vraiment parti avec ses parents, ils ont déménagé au fond du terrain vague derrière la boutique. Ils faisaient un excellent plat du jour.

FIN

Thèmes

Image de Très très courts
1

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lire la charte

Pour poster des commentaires,
Image de Elena Hristova
Elena Hristova · il y a
quelle histoire, partager le plaisir du dernier repas avant la fermeture du rideau..
·