Tout ce qui fait battre mon cœur

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J’ai arrêté.
J’ai arrêté toutes ces choses en apparence insignifiantes qui, pour des raisons qui nous sont propres, revêtent une importance capitale et nous rendent heureux.
Une décision spontanée ; désespérée aussi. Un soir, au coin de la cheminée, mes jambes arthritiques glissées sous un plaid, mon café refroidissant sur la table basse, j’ai entamé le processus. Et aussitôt éteint le feu ronflant.
Une bonne flambée, ça m’a toujours fait du bien, alors l’âtre resterait froid.
J’ai vidé ma bibliothèque et donné mon exemplaire dédicacé de La nuit des temps de Barjavel, ce livre que j’aimais redécouvrir chaque année pour l’anniversaire de notre mariage.
Fini le vin du petit producteur du coin à la robe intense et au goût fruité.
Terminé l’adagio d’Albanoni ou « Paint it black » des Stones à fond dans le salon... La pop de Britney Spears – mon plaisir coupable – aussi.
Plus de tour dans le jardin quand les enfants des voisins rient à gorge déployée. Trop de bonheur.
D’ailleurs, j’ai obstrué la fenêtre de derrière ; la lumière du matin qui la traverse est magnifique et en plus, je pouvais y voir tes hellébores en fleur. Un peu de peinture noire et le problème a été résolu !
Oui, j’ai arrêté tout ça.
J’ai arrêté tout ce qui fait battre mon cœur pour ne pas te survivre.
Je voulais qu’il s’épuise, s’essouffle et dépérisse.
Et puis, j’ai réalisé que c’était ridicule.
Tout ce qui a toujours fait battre mon cœur, c’est toi.
Depuis ce jour où tu es apparue sur le pas de ma porte, avec ton statut de nouvelle voisine enquiquineuse, pour me « casser la gueule » parce que j’avais taillé trop court notre haie commune et que les oiseaux ne pouvaient pas s’y réfugier.
Alors si mon imbécile de cœur continue à palpiter maintenant que tu gis six pieds sous terre, c’est que tous mes efforts sont vains. Je ne mourrais pas de ta disparition, même si j’ai l’impression de repartir de zéro et que plus rien n’a de sens.
À moins d’être plus radical dans ma démarche... mais tu sais que je suis extrêmement douillet.
Sans doute que je vais rallumer la cheminée. Boire un coup de rouge en chantant à tue-tête « Oops, I did it again ! ».
Cueillir un bouquet de roses de Noël pour le mettre dans un vase sous la clarté du petit jour, à côté de ce portrait de toi que j’aime tant.
Et à chaque seconde de chaque instant de ce chemin que je dois continuer seul, mon cœur battra pour toi.
Comme il l’a toujours fait.

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