Si vous plé... Si vou plé ... ou la goutte d'eau en trop qui déborde

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Il faut avoir un peu de chaos en soi pour accoucher d'une étoile qui danse. Friedrich Nietzsche  [+]

Le monde est fou !
Tout va beaucoup trop vite.

Je suis arrivée sur Short, il y a presque deux ans.
Encore sous le choc d'avoir assisté à l'horrible agonie du site internet d'un célèbre journal de gauche dont je tairais le nom, des amis, également très touchés, m'ont soutenue dans la peine et m'ont persuadée de venir en convalescence sur Short éditions.
"Tu verras, c'est génial, sympa, ya plein de nouveaux copains à se faire, des nouvelles, des TTC. Des quoi ? Textes très courts, ou très très courts, des poèmes,des BD. Des écrivains amateurs et doués, certains TTD ? Hein ? Très très doués. " Bon d'accord.

Veni,vidi, craci, je suis venue, j'ai vu, j'ai craqué.
Tout ce qu'ils m'ont dit s'est révélé exact.
C'était génial, C'était sympa.
J'ai plein de nouveaux copains, voire des amis. C'est étrange, n'est ce pas, ces amitiés virtuelles.
Le mot virtuel, à ses débuts, m'apportait des images de légèreté et d'éphémère. Il n'en est rien. Des personnes, que l'on a jamais ni rencontrées, ni vues, ni touchées, des voix jamais écoutées, ces personnes peuvent devenir nos ami(e)s. C'est merveilleux.

J'ai lu des nouvelles, découvert le génial TTC, remis le nez en poésie, apprécié certaines BD, ce qui est étonnant et retrouvé avec bonheur l'interactivité et les mp, liké avec joie et ferveur, commenté avec ardeur.

Puis, mes amis virtuels, m'ont proposé : " Et pourquoi que tu t'y mettrais pas aussi à l'écriture ?"
J'ai fait ma tête de rosière rougissante et bégayé des mots en rapport, tels que : "Bouh ! Ah ? Non ! Qui ? Moi ? Je... Jamais !"
La dernière fois que j'avais pris la plume, c'était en terminale pour beugler au monde mon malaise d'ado timide et complexée.
La première fois c'était vers 7 / 8 ans, spécialisée en poésies naturalistes et essentiellement champêtres, puis quelques années plus tard, une tentative de polar vite avortée, n'ayant trouvé que le titre et le nom des superflics.

Alors, je m'y suis mise, tout d'abord à l'ancienne : papier et stylo. J'ai rempli des pages de notes, d'idées, de mots que j'ai empilées dans une boîte en carton dans laquelle j'ai pioché au gré de mes besoins.
Sur quoi écrire ?


Moi ? Bof... pas assez narcissique pour cet exercice.


Mes souvenirs ? Rebof... qui pouvaient-ils bien intéresser à part ma famille ?


Sur ma famille ?


Un ami perdu ?


Une femme, qui existe certainement quelque part ?


Composer des haïkus célébrant l'infiniment petit ?


Des poèmes qui lui diront qu'il me fait vibrer ?


Un texte érotique ? Ca ! jamais !




Merci mes amis ! Merci ! Je ne vous remercierai jamais assez de m'avoir bousculée, harcelée, conseillée, aidée, lue et corrigée.
Deux textes en compétition. Jabot gonflé. Et le reste en libre. Trop fatigant la compet. Chronophage, addictif. Et cette révélation du ridicule d'aller envahir la page de chacun pour faire sa promo comme pour fourguer de la lessive qui lave moins gris ou une crème décapitonnante au printemps.
Merde quoi ! Suis venue ici pour lire et écrire, pas pour monter une boîte de communication !

Que s'est-il donc passé récemmement ? La horde des shortiens a grandi. Très bien. Des shortiens ? Des concurrents plutôt, des rivaux, des adversaires.
La compétition bon enfant s'est transformée en guerre des voix, tous les moyens étant bons pour gratter un vote : Facebook, harcèlement moral, pseudos multiples, échanges de bons procédés et de services, appels aux copains lecteurs ou pas au vu des commentaires (sais tré beaux, continuens !)
Les carottes seraient-elles devenues plus intéressantes ? L'appat du gain pourri tout, même la littérature.
Ca me fait penser à ces lotos de campagne, qui fleurissent à la mauvaise saison et dans lesquels des gens se bousculent, rivalisent et écrabouilleraient volontiers leur voisin de table pour gagner une série de casseroles en fonte (ou en alu), une tablette made in China pour les petits enfants, ou, but ultime du rituel rural, LE voyage : un week end à Paris, au Mont Saint Michel, ou, pour les communes les plus riches, une semaine en Tunisie, tout au moins à l'époque où Daëch et ses frères de folie barbare ne l'avait pas rendue infréquentable.

C'est donc de la persécution permanente. Impossible désormais de publier, peinard, trois lignes de haîku sans que fleurissent des liens précédés de compliments artificiels.
Vous avez un nouveau message : les mêmes, d'autres, certains pour lesquels on a déjà voté, mais qui, dans leur quête frénétique de voix, perdent les pédales, le bon sens et la mémoire, envahissent de mp quémandeurs le fil des boîtes à messages.
Il serait bon d'installer une fonction "dévoter", "Je n'aime plus cette oeuvre".

Ouskédon passé le plaisir d'écrire, d'être lu par des compagnons d'écriture et de les lire à notre tour ?
Mais le mieux, c'est de s'en foutre, d'ignorer les sollicitations et d'apprécier les commentaires, sincères, des copains.

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