Néant et autres bagatelles...

il y a
3 min
12
lectures
0

" Ce monde n'est qu'une immense entreprise à se foutre du monde. " Louis-Ferdinand Céline Pour me retrouver : noirceur652092088.wordpress.com  [+]

Tout est là, dans la lourdeur du geste. Je balance le sac, je vais me goinfrer puis je monte, pesant, les escaliers de bois pourrissant. Je m’enferme dans mon placard à balais encombré de bouquins et de reliques. J’ai les entrailles bouillonnantes. Ça gèle en dehors mais ça crame en dedans. Mes angoisses me font suer tout ce que j’ai jusqu’à déshydratation totale. J’vois plus le bout du tunnel. Je tâtonne, je me vautre, je me relève, je me revautre. C’est un comble ! Calfeutré dans ma piaule, je m’installe devant mon ordinateur. Et je tape, tape, tape. Faut que ça sorte cette rancune, cette haine de vivre, ces cargaisons d’obscénité. Puis je réalise. On n’écrit plus aujourd’hui. On tape. Oh ! Ça m’est bien arrivé de vider le stock de feuilles à carreaux mais ma parole ! Quand je peux, je cours vers Libre Office. Plus facile, plus rapide, pas besoin de vider les stylos. Les pauvres, y font décoration. Et puis j’ai la caboche pleine d’étoiles. Je me vois dans la Pléiade, presque. En attendant, je viens faire le singe ici. Eh ! Me regardez pas comme ça ! J’suis pas vaniteux. J’espère juste. Ça suffit. C'est con mais ça suffit. Et puis j’ai le droit, j’suis un puceau. Ça passera. L’aaaadolescence, Môsieur ! Il paraît qu’on se cherche alors qu’on s’est toujours trouvé. Non, franchement. Il aurait déjà fallu qu’on se perde dans ce labyrinthe crasseux à parenthèses dorées qu’est la vie. La vie. Elle est belle, la vie. Elle est mystérieuse, la vie. Plaît-il ? Voilà comment ils causent, les gens raffinés. Dans leur bouche, tout devient exquis, fondant. On finirait par croire qu’ils croient. Je fais pas partie de ce monde cependant. Je préfère dire ‘’ existence ‘’. On vit quand on est heureux. Du reste, on existe. C’est un fait. On se traîne, on fait ce qu’on peux. On se tire la bourre, on se fait des méchancetés. Quand la carcasse est là, on fait avec. On est pas glorieux bien sur, on est vite à bout. Quotidiennement, je pense à m’expédier avec la ceinture ou le pétard dans la vitrine. Une balle dans le pruneau et on n’en parle plus. Tout ça bien sur, c’est que du scénario. J’ai pas le courage. La Camarade, je la taquine, je la titille, mais quand elle débarque, je me pisse dessus. Non, simplement, j’attends que le Destin décide à ma place. Il fait pas toujours les bons choix mais on peut s’arranger. Je vais probablement survivre à mon égo démesuré. Le temps va se charger de lui faire la peau. Y restera rien de moi comme de vous aussi. Juste un petit sac d’os tremblotant sur la place d’une ville quelconque, un mâtin grisâtre de décembre. Un machin miteux sans dignité. Il sera plus question de batifoler, de bander ou de se bâtir des avenirs qui pètent le feu. Juste attendre que le corps puisse plus. Aller à l’enterrement des copains pour s’occuper et voir sa troupe se déplumer de jour en jour. Ça fera distraction. Ça occupera l’esprit aux vrais choses du monde. Faut pas rigoler avec ça. Quand je vois les hommes s’entretuer, je me dis que ça n’a jamais été sérieux. Les gens larmoient par culpabilité. Par hypocrisie aussi. Ton malheur, il vaut toujours plus que le mien. Il faut le faire voir. Plus on rajoute, mieux c’est. C’est à vous dégoûter des émotions. Les hommes tuent pour s’occuper. Ça les amuse tiens. Si l’existence était trop plate et trop parfaite, on finirait par s’ennuyer. C’est comme la démocratie dans une société bien élevée, je l’ai dit hier. On veut toujours du sang, des massacres à grands spectacles. Les strip-tease, ça ne vaut même plus un sou. On laisse ça aux gosses. C’est malheureux. Mêmes nos guerres, il faut les maquiller en belles choses. Nos fornications deviennent des romances, des passions déchaînées. Nos errances, des activités fort plaisantes. Cette propension à l’aveuglement m’épuise. J’ai la vanité de penser que je suis une merde et ça me contente. Le foutre, je l’embrasse. Il est l’Alpha et le Bêta de l’humanité. Du cul au trou, y a qu’un pas et entre-deux, on vous fait des misères. Non, vraiment, la vie, c’est même plus un labyrinthe, c’est un pas.

Je n’ai plus la force pour aujourd’hui. J’ai craché mon venin désespéré. Je m’épuise comme un forcené à écrire trois mots et ça me suffit. Il faut pas que je relise ça dans dix jours. J’aurais trop honte. Imbuvable, illisible... Un texte, c’est bon de l’écrire sur l'instant. Ça vous prend du temps, ça vous stimule les sens, vous vous croyez génial et puis finalement...ça casse pas trois pattes à un canard. C’est laborieux, mauvais, longuet. C’est de la sueur et des envolées pour trois fois rien encore. C’est du labour pour rien dire. J’ai saisi le piège, il est pernicieux le salaud. Tu radotes, tu pars dans les détails et c’est pire que l’enfer (tu te rappelles ?), ça n’en finit plus... Le chagrin m’alimente. Je ne serais pas parvenu à pondre quelques inutilités si je n’avais pas été triste souvent. Soyez heureux et c’est la page blanche et le barbotage dans les pâquerettes. On s’envoie des fleurs, c’est interminable, c’est immonde, c'est une fantaisie de très mauvais goût, c’est horriblement drôle. J’me marre tiens.
0
0

Un petit mot pour l'auteur ? 0 commentaire

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,

Vous aimerez aussi !

Très très courts

La Corde Raide

Bruno Scozzaro

Cette silhouette qui court sur le chemin de l’Horloge, pas de doute, il l’a déjà vue quelque part. Il se souvient très bien d’avoir eu cette pensée, pendant au moins dix secondes, avant... [+]