L'énigme sacrée

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J'ai toujours aimé écrire, surtout des histoires fantastiques. J'aime l'univers de JRR Tolkien, E. Poe, M. Calmel, T.Burton et G. Del Toro. Je ne suis pas une grande poétesse mais la poésie  [+]

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Chaque soir, depuis son retour dans sa ville natale, Sir Stanislas Rosengarten alias Stan Rose s’adonne à une balade nocturne aux bords de la Tamise. Malgré l’épais brouillard dévorant la capitale, il s’attarde sur les quais en contemplant les reflets argentés de la lune sur l’eau calme et en se délectant du chant de son clapotis contre la jetée.

Big Ben sonne quatre heures du matin. Stan traverse le cimetière de Highgate entre les pierres anciennes, les arbres rompus et la végétation sauvage qui, par endroits, flirte avec les anges. Ce lieu ne l’impressionne plus depuis des lustres.

Soudain, des murmures attirent son attention. Deux jeunes gens en mal de sensations fortes ont bravé les interdits en escaladant le portail de fer de l’entrée ouest fermée aux visiteurs depuis seize heures. Agacé Stan juge alors que ces écervelés méritent une bonne leçon pour leur effronterie. Il se rapproche d’eux sans faire de bruit. Au moment propice il se jettera sur eux par surprise et s’amusera de leurs visages livides, de leurs cris et supplications, de leurs vaines négociations. Mais quelque chose le retient. Sidéré il constate qu’il s’agit d’un couple d’amoureux. Il les observe lisant à voix haute, les mains tremblantes, leurs déclarations d’amour mutuelles, des poèmes pour le jour de la Saint Valentin.
Puis d’un bond, Stan se plante devant eux les bras écartés sous sa cape, le regard furieux et la bouche grande ouverte comme une bête sur le point de dévorer sa proie. Les amants terrifiés par cette apparition monstrueuse au milieu du brouillard prennent aussitôt leurs jambes à leurs cous pour s’évanouir dans la nuit tout comme un renard qui furetait tout près et quelques écureuils effrayés.

Stan est las de ce monde et de ces pseudo-amoureux. Que connaissent-t-ils à l’amour, cette énigme sacrée que lui-même n’a pas su comprendre, ni définir après tant de temps, tellement d’années, des siècles à errer en solitaire dans l’ombre, esclave des ténèbres ayant pour seul réconfort que la douce lumière de la lune.

Dans la pénombre d’un petit salon douillet, installé dans son fauteuil préféré, les bras accoudés, les mains jointes, Sir Stanislas Rosengarten attend. Sa manie de se tapoter les doigts en boucles trahi son impatience et sa nervosité. Après un énième arrangement du bouquet de roses rouges volées plutôt dans l’une des serres royales des jardins botaniques de Kew, Stan retient son souffle. La voilà, enfin.

Jeanne, belle comme un jour de printemps sous sa chevelure d’argent légèrement ondulée couvrant sa nuque tant convoitée, entre et ouvre les volets à une nouvelle aube.

Stan lui, vient de disparaître.
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