L'Effluve des corps

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J'avais 20 ans sur ma photo de profil. Je rêvais de devenir écrivain. 20 ans plus tard, parce qu'on a toujours 20 ans et qu'il n'est jamais trop tard, je me laisse aller à rêver d'une autre  [+]

Une nouvelle fois est toujours une première fois, en tout cas pour moi. Je ne peux réprimer cette boule qui m'étreint le ventre. Elle est arrivée. Je lui ai ouvert la porte. Je l'ai prise dans mes bras sans l'embrasser. J'ai fermé les yeux et je me suis contenté d'inspirer lentement.

Il est tellement difficile de décrire ce genre de sensation. Il est tout autant difficile de décrire un sentiment. Qu'est-ce que l'amour ? Des papillons dans le ventre ? Peut-être.
Pour moi l'amour, ce soir-là, ce fut une odeur. La sienne.

Elle avait cette petite touche sucrée addictive. Ce je-ne-sais-quoi qui donne envie de manière subtile et parfumée. Comment ne pas avoir envie d'elle ? Mes lèvres ont embrassé sa joue. J'ai goûté sa peau et sa fragrance acidulée. Nos corps se sont rapprochés, enlacés.

Je n'ai plus besoin de la regarder. Je la connais. Elle m'appelle par mon prénom. Elle glisse les doigts au creux de mon être. L'amour ne rend pas aveugle, il nous fait voir l'autre comme personne ne peut le concevoir. C'est peut-être ça la beauté intérieure, celle que seuls les yeux avertis peuvent percevoir. Mes yeux lui appartiennent. Nos âmes sont coupables de s'enlacer avec plus de passion que nos corps.

Elle s'étend et je la suis avec dévotion. Nous nous retrouvons dans nos habits de parade amoureuse. Ma peau contre sa peau, sa chaleur contre la mienne. Douceur et volupté. Je commence à mieux comprendre ces quelques mots. Tout a un sens. Par monts et par vaux, je me laisse envahir par les effluves de son corps. Peau aguicheuse qui ouvre l'appétit. Elle s'offre. Je prends. Le festin des dieux ne souffre d'aucun refus. L'ambroisie est servie. Je m'abreuve à sa sensualité, cueillie aux abords de son ventre tendu et désinvolte.

Ce que je veux. Ce qu'elle désire. Son souffle s'accélère. Mon esprit s'embrase.

Et la flamme d'une bougie vacille dans l'air du soir. Nos corps nus s'échangent et se parlent sans un mot. Un soupire. Une nuance. Nos appétits se cumulent et convergent vers le point de non-retour.

Cambrure et châtiment.
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