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Le loup & l'agneau à la façon de Louis-Ferdinand

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LAURÉAT
Sélection Jury

Recommandé
« L’homme est un loup pour l’homme » qu’il disait l’autre...

Ca a débuté comme ça. Moi, j’y étais pour rien. Rien. C’est le frisé qu’a commencé. Une sorte de caniche des alpages, un ovin, camarade de montagne lui aussi. On se rencontre donc au champ du ruisseau. C’était l’après-midi. Je le regarde. Il me voit même pas le c... « Alors compagnon de galère, que je commence, on se désaltère ? On a la dalle en pente, besoin d’un petit remontant ? » Alors il lève la tête. Il me voit. Il reluque qu’il n’y a personne autour. Pas âme qui vive. En fait, il n’y a jamais personne ici. Trop haut. Y en a pas un qui a le courage de grimper jusqu'au ruisseau. Malgré les fleurs, l’herbe plus verte... Tous des feignasses ! Ca broute proximité. Quitte à être les uns sur les autres. A se renifler le crin. Des fois que ça leur exploserait le caisson de monter, que ça les ferait trop suinter de la bouclette. Pareil pour les femelles avec leurs avortons qui leur pendent aux pis comme des tiques sur des clébards. Une race dégénérée tout ça. Un ramassis échoué de lainages crasseux, puants, affamés, bouffés aux mites, rongés de l’intérieur par les parasites. Il a du s’égarer celui là. Je répète ma question.

« J’avais très soif, qu’elle me répond la pelote. J’ai bien cru ne jamais pouvoir m’arrêter de boire. » Le voilà qui recommence à laper ma flotte. « Ben ! Faut pas te gêner » que j’ai répondu du tac au tac pour montrer que j’étais pas son copain. « Je peux vous faire une petite place si vous le souhaitez » qu’il insistait. Bien poli. J’ai pas relevé. Je voulais pas pointer trop tôt l’insulte. Je voulais lui laisser croire, encore une minute, qu’elle valait le coup d’être vécue, la vie. « Avant de mourir plus copieusement qu’un chien ! » comme aurait dit mon camarade Bardamu... Un sacré celui-là ! « Tes pieds et ta gueule dans ma source, que je recommence, ça dégueulasse mon breuvage ». Alors il miaule que c’est pas possible, qu’à cause qu’il est en bas, moi en haut, que l’eau ça remonte pas, je sais pas quoi... Voilà. Il tentait de trouver un terrain d’entente. La nuit approchait de nous deux sans qu’on s’en soit rendu compte. J’avais la cafetière fatiguée par toute cette parlote et le buffet toujours vide. « Comme la charogne, tu salopes tout ce que tu touches ici, que j’ai insisté. Tes frangins itou... » C’est à cause de moi que la dispute a repris alors tout de suite et de plus belle. « Avec les mots on ne se méfie jamais suffisamment... On ne se méfie pas d’eux, des mots et le malheur arrive » qu'y dit toujours le Bardamu. Et il a raison. Voilà. Il a bien essayé d’argumenter le bouclé. Ca se voyait qu’il se branlait l’imagination pour trouver des bobards. Dans la pénombre ses yeux « de velours » se transformaient en deux cavités larmoyantes, brillantes comme des flaques de pus au clair de lune. On entendait au loin s’éloigner le troupeau et sa masse de crétins gueulards. Les clébards, ces saligauds excités jappaient comme des grosses mères affolées découvrant leur enfant jouant au bord d’un précipice. On aurait dit que les clebs découvraient la nuit pour la première fois.

Et lui il s’empêtrait, la carne. Il fouettait même salement. Comme tous les autres, il était lâche. Dès lors sa frousse devint panique. Jamais il n’avait senti plus implacable la sentence.
« Serais-je donc la seule espèce crétine affamée sur cette terre ? » pensais-je. « Pourchassée par les hommes, traquée par les chiens, honnie des bergers, piégée de toutes parts ?... Autant comme autant... on était des rats ».
J’y plantais les dents. Avec mes crocs, sans mes crocs, avec mes pattes, sans mes pattes. Avec ma force carnassière. Sordide. Le plaquant hurlant, le déchirant, dévorant ses entrailles. L’entendre haleter, le bichon, alors que je l’étripe. L’anéantir, le détruire, me régaler de son sang sucré. Ses boyaux chauds traçant des chemins sans fin sur l’herbe devenue noire. Je laissais toute sa bile fielleuse aux fourmis, toute. Grâce à moi il ne serait plus puceau de l’horreur et je me serais bien gavé. Qu’on en parle plus.

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Utilisateur désactivé · il y a
Il a tenu quelques rounds le p'tit cleps mais là, t fs'ais pas l'poids ! beau style direct !
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Céline Bricabrac · il y a
Tombée sur votre texte par hasard, je ne regrette pas ! Vous avez un sacré style !
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Bennaceur Limouri · il y a
Votre style est merveilleux. J'ai lu et écouté. C'est un magnifique récit. Bravo, je vote et je m'abonne. J'irai m'abreuver à votre pages aussi apprendrai-je votre style. (je suis marocain et le français est ma 2ème langue)
mon haiku en compétition :« L'orage s'enrage"
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/l-orage-s-enrage

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Guilhaine Chambon · il y a
Excellent texte . Je comprends qu il soit revommandé. Je vous invite à découvrir Au fait qui est en finale et si le cœur vous en dit de visiter ma page. Belle journée
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Arlo · il y a
J'étais passé à coté de votre excellent TTC et je vote avec un peu de retard. A L'AIR DU TEMPS d'Arlo est en finale du grand prix été poésie 2017. Je vous invite à voyager à travers sa lecture et à le soutenir si vous l'appréciez. Merci à vous et bonne soirée. Cordialement, Arlo
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Océane D. River · il y a
Ravie d'être tombée sur votre texte, un peu par hasard ! J'aime bien le style :D
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JadeGo · il y a
Très intéressant, j'ai beaucoup aimé, même si c'est un peu tard...
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Lilith · il y a
Sympa! J'aime beaucoup la chute, bravo à l'auteur! J'ai eu tout plein de frisson, brrrr...
D'ailleurs, j'ai écrit une nouvelle du même style, étant débutante, j'apprécierais avoir un avis :)
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/plume-rouge

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Mama Durodie de Charrin · il y a
Waou ça dépote! Quel carnage!
Décapant l irascible. .Trop tard pour voter je boise découvre maintenant.
Un peu de sucre en retour!
http://short-edition.com/oeuvre/poetik/mon-sucre-d-orge
Si ça vous dit
Et des haïkus aussi :)

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Didier Larepe · il y a
Un vote au hasard autant pour vous que pour Céline... Et si vous avez un peu de temps, venez lire ma nouvelle en finale cet hiver, rien à voir avec Louis-Ferdinand, mais bon... A bientôt. Voici le lien : http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/les-gendarmes-et-les-indiens
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Claire Todeschini · il y a
Votre texte est très touchant. Agréable à lire, on passe de la légèreté et de l'authenticité de l'enfance au tragique. Très fort.
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Guy Bellinger · il y a
Késskizontous à trouver ça génial. Il a rien de spécial, vot' style. Signé Louis-Ferdinand.
P.S. Céline n'y connaît rien. Il est génial votre texte (à l'exception d'une phrase : "Comme tous les autres, il était lâche" , où vous avez oublié le langage fleuri du cracheur de mots du Voyage au bout de la Mort à Crédit) !

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Claire Todeschini · il y a
C'est exact, je n'ai toujours pas lu Mort à Crédit ! Je reste une inconditionnelle de Voyage au bout de la nuit. Désolée mais merci quand même pour votre retour.
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TeufTeuf · il y a
Excellent ! Pastiche de Le Fontaine à la manière de Céline ... les deux en tomberaient raides s'ils revenaient ! Merci pour ce texte !
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Claire Todeschini · il y a
merci à vous pour ce retour encourageant. C'est toujours motivant !
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Jo Gilly · il y a
Je vote! Ca fait du bien! ;)
Si vous avez quatre minutes à tuer, n’hésitez pas..
http://short-edition.com/oeuvre/tres-tres-court/dix-de-der-2

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Joelle Teillet · il y a
Belle fable cynique. ..

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Fred Panassac · il y a
Incroyable! Je suis sûre que La Fontaine s'il revenait , apprécierait cette transposition.
Merci Shortedition de placer d'anciens textes au hasard sur notre route.
Félicitations et un vote, bien que trop tardif, pour cette truculente et virtuose variation sur la fable.

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Yann Bartra · il y a
Je ne découvre ce texte qu'aujourd'hui, malheureusement ! Céline aurait pris une bonne claque en lisant ça, bien joué !
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Un lecteur de Short Edition · il y a
Bonne idée, excellent pastiche, j'aime beaucoup l'écriture de Céline et il n'a pas été trahi dans ce voyage pastiche. Amateur de céline : J'ai trouvé un cd sur les textes de Céline (mort à crédit + voyage au bout de la nuit) lu par Arletty, Michel Simon et Pierre Brasseur... une merveille.
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TeufTeuf · il y a
Un CD de Céline lu par Arletty, Simon, Brasseur ... génial, je le cherche s'il existe toujours !
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Damien Zagala · il y a
Un style qui me plait bien!
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Nathalie Benard · il y a
Un beau, un très beau pastiche! Bravo collègue!
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El Shocker · il y a
bravoooooooooooo! en final
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El Shocker · il y a
toujours aussi bon, on ne s'en lasse pas.
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