Le Charme d’Adam, c’était d’Hêtre...

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J’ai écris pour Lui pour m’amuser, puis pour me consoler. L’écriture était ma came, ma dose de calme. Je n’écris plus pour lui, je me suis sauvée. Je me suis trouvée. L’écriture est  [+]

La hachette s’abattait. Les coups frénétiquement étaient donnés.
Elle voulait que ça s’arrête. Plus vite elle manierait l’outil, pensa-t-elle, plus vite ce serait terminé. Il fallait débiter ce charme.
Elle cognait fort. Elle n’avait pourtant aucune force. Pas de muscles. Mais elle était déterminée. Il faut débiter ! Il faut alimenter la cheminée !
Dans l’âtre, le feu crépitait. Les flammes jaunes, bleues, léchaient les parois. Les vendangeurs sculptés sur la plaque de fonte se gondolaient. Entre deux coups de hachette, elle les observait s’agiter. Elle riait, elle riait fort ; ils avaient l’air d’avoir trop foulé le raisin, abusés par l’alcool.
Elle tapait, elle cognait. Elle cherchait l’interstice ; là où ça céderait.
De la charpie, des morceaux. Elle débitait sans mesure. Elle avait mal aux bras, aux mains. La sueur coulait de son front et glissait sur ses paupières ; des gouttes dans les yeux. Elle ne voyait plus rien, elle ne voyait pas le sang.
Immobiles, la tête dans les épaules, deux yeux ronds la regardaient.
« Oh ! Minette ! Ma p’tite minette ! ». La tête de la chatte s’animait, les oreilles se tournaient.  «T’es bien heureuse, toi ! T’as pas d’émotions à te faire culbuter par un mâle ! T’as raison... ». Elle tapa de plus belle.
« T’as biennnn raison, ma minette.. ». Elle cognait encore et encore. « Tu te laisses pas emmerder par l’amour ! ». À ces mots, la hachette frappa vite, comme un santoku japonais.
Elle regardait le foyer. Elle devait maintenant y jeter la sauge, le romarin. Une odeur forte à réaliser pour couvrir l’autre. L’autre trop suave, trop douce, qui lui soulevait le coeur. Encore le cœur. Toujours le cœur. Il faut que ça cesse !
« Oh, minette, minette. Tu n’aurais pas faim par hasard ? ». Regardant l’animal, un large sourire se dessinait sur son visage. Ses yeux ne versaient plus de larmes et se mirent à briller.
La cheminée crachait les flammes. La sauge et le romarin consumés, dégageaient des vapeurs enivrantes. La fumée était étouffante. Elle avait chaud. Son corps était mouillé par la sueur épaisse, rouge et collante.
« Minette, vient voir ce que j’ai là pour toi... toi au moins, tu m’es fidèle ».
Elle jeta des morceaux dans le foyer ouvert, elle se débarrassait du Charme, de l’Être. Elle donna au chat quelques morceaux...à dévorer.
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Marie Quinio · il y a
Ça réveille ! J'hésite à reprendre une biscotte avec mon café... ;)