3
min

Le Calaphantodonte

Image de PDB

PDB

20 lectures

3

Un document confidentiel, fortement abîmé, retrouvé dans les archives de l’Etat Major de la Marine Nationale Française a récemment été porté à la connaissance de quelques cadres militaires. Il a fuité parmi certains cercles très restreints d'amateurs d'histoires étranges et inquiétantes. Le voici, en exclusivité pour Short Edition.

P.B - Journal de bord du 12 février 1981.

"Architeutis Pachydermae, plus connu sous le nom de Calaphantodonte, a été répertorié par la société océanographique royale du Danemark en 1970. C’est en 1909 que, pour la première fois, un spécimen a pu être observé par des pêcheurs norvégiens qui l’avaient pris dans leurs filets, persuadés d’avoir eu à faire au Kraken des légendes nordiques.

A cette époque, après qu’ils furent rentrés au port fortement choqués, à bord d’un chalutier très endommagé, leur témoignage avait mis la communauté scientifique européenne sur la trace d’un calamar géant d’une taille inconnue jusqu’alors.

La seconde observation eu lieu en 1942. Un croiseur allemand suivit en Mer du Nord, pendant près de 40 minutes, une masse imposante ressemblant à une seiche « de la taille d’un petit autobus ». Elle disparut de la vue de l’équipage mais resta encore quelques temps détectée par le sonar du navire.

Seuls les progrès ultérieurs de la technologie de conception et de construction des bathyscaphes et des sonars permirent par la suite l’identification, et la classification d’Architeutis Pachydermae.

L’IFREMER a ainsi pu observer le Calaphantodonte à cinq reprises entre 1970 et 1979. Nous savons que les anglais l’ont croisé au moins trois fois. Les Islandais plus d’une dizaine de fois, et parfois tragiquement.

Nous sommes aujourd’hui pratiquement sûrs que les différentes observations ne concernent qu’un seul et même individu de cette espèce, évoluant dans un périmètre d’environ 1500 kilomètres entre la côte est de l’Ecosse et la pointe Sud du Groënland.

Sa taille a évolué depuis les premières rencontres. Les descriptions les plus récentes, et les plus précises, lui donnent à présent la taille d’un immeuble de sept étages. Et nous parlons là uniquement de la partie massive de son corps, à l’exception des tentacules.

Au regard des témoignages rapportés, et des recoupements effectués avec les observations récentes, nous sommes en mesure d’affirmer que c’est bien lui qui, en 1972, a causé l’écroulement d’une plateforme pétrolière de British Petroleum, causant la perte de 55 ouvriers et cadres. C’est également lui qui a entraîné par le fond, en 1969, le sous-marin russe Tchiernaia Cobaka III au large du Danemark.

La mission de l'IFREMER en cours - la nôtre- a pour objectif d’enfin obtenir des clichés exhaustifs de l’animal, et d’en savoir plus sur son lieu d’habitat. Selon certains témoignages en effet, ce que l’on a pris pour une seiche géante ne pourrait être que la TETE de la chose, qui disposerait d’autres membres inférieurs. Cette hypothèse, si elle se vérifiait, remettrait en cause sa classification dans la famille des Architeutis, les calamars géants, rivaux éternels des cachalots. Nous aurions ainsi à faire à une espèce entièrement nouvelle, inconnue jusqu'à alors, et sans doute l'animal vivant le plus grand au monde.

P.B - Journal de bord du 15 février 1981

Aujourd’hui nous, équipage scientifique du Dugong IV, en mission internationale conjointe pour le compte de la Direction Générale de la Pêche et des Affaires Maritimes de l’Union Européenne, sommes en mesure d’établir deux nouvelles informations décisives.
Suite à une observation de longue durée à bord d’un sous-marin de poche de type Nautile, nous affirmons avec certitude :

1- que Calaphantodonte ne fait effectivement pas partie de la famille des calamars (compte rendu détaillé d’observations à suivre en annexe).

2- que Calaphantodonte n’est pas un individu isolé. Il nous a été donné d’observer ce qui passe pour être son PERE ou sa MERE, un Calaphantodonte plus grand, plus large, de la taille d’un terrain de football et demi.

Ce nouveau spécimen se tient par ailleurs dans notre sillage depuis cet après-midi. Il semble nous suivre, après avoir été sans doute dérangé par la présence de notre Nautile.

Je dois interrompre ces notes car j’entends des bruits de pas précipités et des cris venant des coursives, et de la proue. Je vais voir ce qui se passe. Je reviens terminer le récit juste après. »

Ici se termine le document retrouvé. Il est annoté à la main par différents lecteurs, personnalités de haut rang du monde scientifique et du renseignement de la Marine nationale française. Voici ces notes :

"Dernier message connu et unique signe de vie trouvé le 15 février 1981 sur l’épave du Dugong IV, navire scientifique d’immatriculation anglaise à équipage international, parti le 29 octobre 1980 de Brighton, ayant cessé d’émettre le 5 février au large de Tasiilaq.

L’écriture identifiée est celle de Pascal Beauchamp, océanographe français détaché de l’IFREMER pour cette expédition. Equipage de 22 hommes entièrement porté disparu.

Document versé au dossier d’instruction en 1989. Instruction sans suites données à date.

Document à conserver par autorités compétentes. Divulgation interdite, classement Secret Défense."
3

Un petit mot pour l'auteur ?

Bienséance et bienveillance pour mot d'encouragement, avis avisé, ou critique fine. Lisez la charte !

Pour poster des commentaires,
Image de Keith Simmonds
Keith Simmonds · il y a
Intéressant et captivante, cette histoire de document ! Bravo ! Aimez-vous toujours “Sombraville” ?
Merci de renouveler vos voix ! Il ne nous reste que 1 jour pour voter. Bonne journée !
https://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/sombraville

·
Image de Joëlle Brethes
Joëlle Brethes · il y a
Diantre !!!
·
Image de Maour
Maour · il y a
Le coup du document retrouvé est un grand truc qui fait toujours son effet ^^
En espérant que mes Schnouilleurs vous en fassent... http://short-edition.com/fr/oeuvre/tres-tres-court/les-schnouilleurs-1

·

Vous aimerez aussi !

Du même auteur