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Nicolas Denba

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J’entre dans le bar.
Pour un soir de semaine, c’est blindé. Je comptais rentrer discrètement mais qu’est ce que tu veux passer inaperçu dans un costume blanc moulant et coiffé d’une cagoule avec deux oreilles de lapin et armé d’une batte de baseball couleur carotte.
Ça ne me dérange pas. Je ne fais même plus attention.
J’y prends même du plaisir. C’est pas tout le monde qu’on regarde quand il entre dans un bar.
C’est le kiff.
Je passe devant une table de gonzesses, elles me reluquent de la tête aux pieds. Je file un clin d’œil à une jolie brune en la pointant avec ma batte.
Elle hausse les sourcils, boit une gorgée de bière et tourne la tête.
Bon, c’est pas ce soir que je vais choper...
En même temps, je suis pas venu pour ça. Je cherche un type. Un sale type qui traine par ici.
Enfin je crois.
Disons que j’ai mes sources et elles sont fiables à 50%.
Oui c’est pas énorme mais c’est mieux que rien.
Je m’approche du comptoir. Le barman me dévisage.
Je m’approche et lui demande.
- Je cherche Max.
- Connais pas.
Mouais. Je suis sceptique. Je fais ma grimace de sceptique. Ça intimide toujours les gens.
Genre, « merde le mec me croit pas et il n’a pas l’air commode ».
J’ai pas confiance en ce type. Il s’approche à son tour.
- Bon, tu commandes à boire ou tu vas te faire mettre.
Ça y est je suis énervé. Je ne supporte pas la discrimination. Comme si tu ne pouvais pas commander à boire et te faire mettre.
J’attrape une chope vide et la balance au fond de la salle. Tous les pequenauds se retournent vers l’impact. J’en profite pour sauter par-dessus le comptoir et plaque ce petit enculé au sol.
Il se débat.
Pas bouger ! Je lui écrase ma batte sur le pif.
Il éclate et pisse le sang. Fallait pas bouger. Le type se met à hurler.
Merde, je vais me faire remarquer.
Je lui plaque ma main sur sa bouche, lève la tête. C’est bon, personne n’a fait attention. Au bout du comptoir une chaine hifi qui passe du bon vieux rock de l’époque.
C’est bon ça.
Je m’approche et monte le son à bloc.
La table de nanas se lèvent et se tortillent en chantant approximativement « start me up » des Stones.
C’est dommage, la petite brune a vraiment un bon petit cul.
Je me retourne vers mon barman d’amour, il se décompose.
Il a viré au blanc.
Je m’avance lentement en trainant ma batte sur le carrelage.
Ça impressionne toujours.
Il tente de reculer mais il n’ira pas bien loin.
Derrière le comptoir personne ne nous voit.
Et grâce aux papis du rock, personne ne l’entendra hurler...
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