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L'île

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Nicole Masse

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Le vent caresse ma peau d’un souffle chaud. Une peau trempée par l’humidité que l’air dépose sur mon corps. J’entends rugir les vagues et je sens l’eau me chatouiller les pieds. Mes doigts effleurent le granulé du sable chaud. Lorsque j’ouvre les yeux, instinctivement, je relève le bras et le place au-dessus de mes yeux parce que le soleil est au zénith et m’aveugle. Je réussis tout doucement à me relever, je chambranle et ma tête tourne. Les grains de sable tombent par millier de mes cheveux noirs emmaillés par le vent. Il s’accroche à moi, il veut me faire comprendre que je lui appartiens. Ma tignasse virevolte dans tous les sens.
Je vois de l’eau à perte de vue. Rien que de l’eau. Aucune autre terre à l’horizon. Je lève le regard vers un ciel aussi bleu que mes yeux, un ciel sans nuage. Je tourne la tête de gauche à droite, ce n’est que de l’eau, et encore de l’eau. Je ne comprends pas où je suis.

Je referme les yeux en espérant retrouver toute ma tête. Je crois rêver. J’essaie de me souvenir des derniers moments. Rien, nada, pas de souvenirs. Je panique, mon cœur s’emballe, mon imagination vagabonde vers des milliers de scénarios. La peur s’empare de moi. Je suis en sueur et mes vêtements sont trempés de bord en bord et me collent à la peau comme une sangsue. Ma blouse mouillée accroche les grains de sable comme un aimant. J’espère au moins que le vent chaud qui ne cesse de me tourmenter sèchera rapidement mes vêtements. Je me remplis les poumons d’air, d’un air qui goute le sel.

Je dois me calmer, je dois comprendre et surtout pas de panique, mais un facile à dire me vient à l’idée. Je respire à nouveau en fermant les yeux. Je me rassois sur la plage chaude. Ma peau sursaute au contact du sable brulant. Mon pantalon mince en toile se confond avec la couleur du sol et ne me protège pas de cette chaleur. J’inspire longuement, je dois calmer les battements de mon cœur. Je m’étends et je referme les yeux, impossible de me souvenir.

La pensée d’un rêve me vient à l’esprit. De penser à cette affirmation m’apaise. Je me sens épuisée, mais sans raison, une brume envahit mon cerveau. Ma tête tourne encore.

Je dois finir ce rêve pour me réveiller dans mon lit, dans ma chambre, dans mon univers confortable. Oui, ce n’est qu’un rêve. Plus vite je me rendormirai, plus vite je me retrouverai hors de ce cauchemar, loin de cette île.

Cette pensée me détend, ma respiration redevient normale, mon cœur a cessé de s’affoler. Je me rendors profondément comme si j’étais sous l’influence d’un somnifère. Je ne sens plus l’eau attraper mes pieds comme jouet. Je ne souffre plus de la chaleur intense que le soleil projette. Je n’ai plus conscience du vent qui sèche lentement mes vêtements.

J’oublie où je suis et je me laisse aller dans les bras de Morphée. Dans mon sommeil, je respire profondément dans l’espoir que tout ceci n’est qu’un cauchemar et que je me réveillerai chez moi, dans mon lit.
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Grenelle · il y a
Rêve, cauchemar, chambre, île, sable blanc, drap blanc, mer, sommeil, qu'importe. Ce qui compte c'est ton voyage, c'est le mirage où tu m'emmènes ...
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Nicole Masse · il y a
merci
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