L'heure du berger

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Un distributeur d'histoires, comme un distributeur de friandises! J'adore l'idée. Dans ce temps clos de l'attente, pétri d'impatience, d'angoisse parfois, le réconfort d'un petit papier doux  [+]

Les réverbères du village pressent leurs grosses perles d’ambre contre un ciel encore clair.

Dans le jardin, le petit couinement des balançoires a cessé. La lune, orange et ronde comme une grenade éclatée, vient de quitter le sommet des hauts frênes.

C’est l’heure du berger. Mathilde respire. Enfin. Cette heure, c’est la sienne. Là, sous ses yeux, la grande maison ramassée dans l’obscurité s’apaise, toutes fenêtres ouvertes. Les petits vents coulis de la nuit y font leur chansonnette. Et dans les chambres, bercés, écoutés, rassurés, ses enfants (son petit troupeau à elle) se sont endormis. Sous ses pieds, l’herbe est encore chaude, mais sur ses épaules et dans sa nuque coule une fraîcheur de fontaine.

Dans quelques heures, la nuit rassemblera ses étoiles, la rosée montera, ce sera demain. Demain avec toute son agitation, avec les exigences de ses patients (qu’elle appelle parfois : ses impatients), avec les déceptions, les insatisfactions, demain elle replongera dans la course précipitée…

Mais pour l’instant, dans cette heure rien qu’à elle, son heure du berger, comme l’homme en paix dans sa montagne, parmi les bêtes et les ruisseaux assoupis, Mathilde suspend le temps et sous le beau silence épandu, elle se dit que là, maintenant, tout est juste bien.

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