Inceste

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Suis-je dans le noir ou ai-je les yeux fermés ? Peut-être les deux.
En fait je n'en sais rien. Ma vision est floue. Je suis allongée et j'ai les jambes écartées. Qu'est ce qui s'est passé ? Je sens une douleur sourde provenant de mon entre-jambes. Aïe, j'ai mal ! J'ai aussi mal aux poignets. Je lève les yeux. J'aperçois un homme fort grand. Il remonte son pantalon. Il fredonne une chanson comme pour exprimer sa satisfaction. Il a l'air content. Mais que s'est-il passé ?
Ça doit être un cauchemar. Je crois que je vais me réveiller et tout sera fini. Je me redresse et lorsque je veux me tenir debout, la douleur est telle que je retombe sur le lit les jambes à califourchon. Un cri m'échappe, un ahan pour être plus précise. L'homme se retourne. Il arbore un rictus abscons. Attends ! Ce sourire et cette silhouette me sont familiers. Quoi ? Papa ? Tout me revient. J'ai le coeur au bord des lèvres mais je ne vomis pas. Mon père m'a fait ça. J'ai commis un inceste avec ce monstre que j'appelle papa. Ma mère fait son entrée dans la chambre. Ils ont de mèches.
Plutôt dans la journée ma mère m'avait appelée et confiée que mon père n'était plus contre ma relation avec Jean. Elle m'informa que mon père voulait me donner sa bénédiction et qu'il avait insisté pour que je vienne sans Jean. Cette nouvelle créa un séisme de bonheur en mon être et mon sang s'enflamma de joie. Après avoir informé à mon tour mon conjoint, je me précipitai au domicile familial. Maman m'y attendait. Elle m'accompagna devant la chambre de papa et fit volte-face. Elle voulait nous laisser échanger entre père et fille. Aussitôt j'entrai que j'entendis la porte se fermer de l'extérieur. Maman voulait sûrement nous mettre à l'aise, ce que je pensais.
À l'intérieur, mon père assis sur le lit me proposa de faire comme lui. J'opinai du chef . Après quelques minutes d'échanges, il voulut que je m'allonge sur le lit. Ce n'était pas une atmosphère de discussion, je refusai. Il me projeta de force sur le lit. Je voulus crier. Il me pressa la gorge et me menaça avec le couteau qu'il avait en main.
Mes larmes commencèrent leur spectacle sur mes joues. Je ressentis du dégoût pour cet homme que j'ai toujours appelé ''papa''. Il m'interdit de pleurer car toutes mes deux aînées avaient subi le même sort et c'etait une tradition que la famille se devait de perpétuer. Il se jetta sur moi. Je me débattus. Une citation philosophique s'incrusta de force dans ma pensée '' l'enfer, c'est les autres''. Il m'asséna un coup de coude en pleine nuque et je tombais aussitôt dans les pommes...

Comment un père peut-il avoir des relations obscènes avec sa progéniture en prétendant perpétuer la tradition ? Et ma mère dans tout cela, Elle pleure. Elle me dégoûte, elle aussi, elle est son complice. Ma vie n'aura plus de sens, je ne peux vivre avec autant de souvenirs pourris en tête. Le voici, le couteau avec lequel il m'a menacée. Je m'en empare. Ma mère s'éloigne, elle croit que je vais la tuer. Avec ce qu'elle vient de me faire subir, elle trouve le moyen d'avoir peur de mourir ? Quelle bassesse ! Elle n'a rien à craindre.
Ce n'est pas elle qui va mourir. J'empoigne le couteau fougueusement et me l'enfonce avec impétuosité dans le cou. Du sang gicle. Maman accoure vers moi. L'autre brute m'observe sans bouger. Je crache, j'éprouve du mépris pour l'être humain. Ma vision est de nouveau floue. J'ai de nouveau les yeux fermés et je suis plongée dans le noir. Un noir éternel.
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